Emmanuel Morucci

Rencontre entre un père de l’Europe et un continuateur.

Valéry Giscard d’Estaing est décédé le 2 décembre 2020.

Le CECI s’associe à l’hommage rendu par la Maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles.

Le 9 mai 1975, à l’occasion de l’anniversaire de la « Déclaration Schuman », Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, a ces mots pour ceux ayant œuvré à la rédaction du discours prononcé dans le Salon de l’Horloge 25 ans plus tôt : « Si j’imagine leur mélancolie devant la fuite du temps, qu’ils se réjouissent de penser que la graine qu’ils ont semée a mûri, et que l’idée qu’ils ont servie est bien vivante. L’équilibre du monde a besoin de l’union de l’Europe. C’est aux Européens d’unir l’Europe. Que notre action commune sache répondre, au-cours des années à venir, à ce qui est a la fois le vœu de nos peuples et le besoin de notre temps. »

Robert Schuman et Valéry Giscard d’Estaing se connaissaient et ont travaillé ensemble, ainsi que le montre cette photographie prise en avril 1959. Européen convaincu, VGE visite la Maison de Robert Schuman le 9 mai 2009 où, dans son discours, il affirme une fois encore son attachement à la personnalité et à l’œuvre de Robert Schuman.

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Décès de Jacques Le Masson

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le départ de notre ami Jacques Le Masson.

Jacques était un compagnon de route depuis de nombreuses années des équipes de la Maison de l’Europe de Brest puis du Cercle Europe Citoyennetés et Identités.

Il avait été le trésorier de la Maison de l’Europe et membre du Conseil d’administration et du Bureau.

Pas toujours souriant (c’était sa nature) mais toujours pointilleux, Jacques savait toucher du doigt chaque question pertinente. Et son air parfois bougon cachait difficilement une réelle forte implication et une solide complicité avec l’équipe.

Tous ces derniers mois, il s’est battu avec beaucoup de courage contre la maladie. Il disait sa souffrance mais sans la montrer. Dernièrement, nous échangions sur les livres qu’il aimait, ses recherches, son goût pour trouver des livres anciens. Il adorait l’histoire, et l’Europe était sa passion. Il s’intéressait aux sociétés savantes.

Depuis des années, chaque jour, Jacques préparait assidument une revue de presse exhaustive sur l’actualité économique et européenne. Il le faisait encore il y a quelques jours auprès de ses nombreux abonnés même depuis son lit d’hôpital.

Lui qui avait mené une vie professionnelle au sein d’un grand groupe international qui l’avait amené à voyager, il avait, à sa retraite, rejoint l’équipe de la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne Ouest et souvent, il représentait notre structure dans des rencontres européennes ou nationales auprès de la Fédération Française des Maisons de l’Europe ou celles du grand ouest.

Désormais Jacques repose en paix dans son pays d’Henvic.

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Solidarité européenne : une idée solide ?

La solidarité européenne en tant que valeur fondamentale a été convoquée à maintes reprises ces dernières semaines par les gouvernants. Relance économique et emprunt européen, Brexit, crise sanitaire, recherche médicale, soins intensifs, crise en Méditerranée, immigration clandestine et attentats font qu’elle est partout. 

La solidarité est au cœur de ce qui fait, depuis l’origine, la construction européenne. Mais le concept de solidarité est polysémique : s’il ne faut pas l’entendre ici uniquement dans son acception française d’aide sociale ou dans celle très britannique de charity, elle signifie, dans la perspective des textes européens « obligation communautaire, projet commun, valeurs partagées, bien commun ». Ainsi, la solidarité européenne est à la base de l’ensemble du système communautaire. C’est une obligation réciproque d’aide, d’assistance et de collaboration entre les membres de l’UE et elle marque la communauté de fait en vertu du lien qui les unit. Ici, en termes européens, « solidarité » veut donc dire autorité et unité européenne.

Robert Schuman l’avait affirmé : « l’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait ». Prescient, il avait bien l’intuition qu’aucun État européen ne pouvait assurer seul son développement intégral, mais qu’au contraire unis, les États européens iraient de concert vers des « réalisations concrètes ». Il lançait ainsi avec Jean Monnet le projet d’une « intégration sectorielle » qui évolue par des « coopérations sans cesse plus étroites ». Aujourd’hui, c’est bien le cas. 

Des réalisations et une réalité

Bien que les opposants à l’intégration se soient manifestés en dénonçant l’existence d’un super État qui s’imposerait depuis Bruxelles, il est aisé de constater que sans l’UE, les États membres seraient sur de nombreux points en difficulté ; le Brexit en est un exemple. On peut le dire, c’est une mise en lumière d’un glissement des solidarités nationales vers une prise de conscience d’une solidarité commune et durable. Autrement dit, nous évoluons progressivement d’une Europe des solidarités nationales vers une solidarité réellement européenne. Ainsi, la mutualisation de la dette engendrée par le plan de relance est un acte fondamental que l’on peut qualifier de fédéraliste. 

Il suffit de regarder de près quelques chiffres de la lutte contre la Covid : un plan de relance de 750 Md€ pour soutenir les économies des États membres, 140 M€ pour la recherche d’un vaccin, mais aussi 125 M€ pour le mécanisme européen de protection civile pour le cofinancement des vols de rapatriement des citoyens européens, et la liste n’est pas exhaustive. 

L’élément principal est la réalisation d’un emprunt par l’UE. C’est une véritable innovation dans la gestion de la communauté car, il faut le rappeler, contracter un emprunt n’est pas dans les compétences de l’Union européenne. Mais face à l’adversité, la résilience est de mise, et il y a un début à tout. La situation illustre bien la citation de Jean Monnet : « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise ».

Pour autant, la solidarité ne s’est pas faite sur ce plan de relance dans l’harmonie ni la spontanéité fraternelle qui caractérisait la vision schumanienne. S’il y a solidarité in fine, les États membres sont restés campés sur des positions nationales. Tout cela peut mettre en jeu la stabilité économique, sociale et politique de l’UE. Il s’en est fallu de peu de voir jaillir des inégalités nouvelles entre États membres, ce qui révèle une fois encore les difficultés qu’éprouve le Conseil à faire du plan de relance un instrument de financement des économies européennes. Et s’il est aujourd’hui validé, il n’en va pas de même pour la confirmation des emprunts. 

En effet, un groupe de pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark) ne veulent pas d’une dette commune, tout comme ils se méfient d’une solidarité budgétaire. Toutefois, en échange de leur bonne volonté ces pays ont obtenu, par négociations, des rabais supplémentaires à leur contribution au budget de l’UE : environ 900 millions qui manqueront chaque année au budget commun. Malgré le forcing du Parlement européen, quelques programmes européens, dont Erasmus, risquent de se voir amputés de quelques augmentations pourtant très attendues. 

Une certaine vision de l’Europe

Alors, peut on parler de solidarité au rabais ? Sans doute pas. La solidarité est une culture tout comme l’est l’État de droit. Mais il apparaît que la solidarité constituera une des valeurs fondamentales de l’Europe à venir. Le Brexit a marqué la prise de conscience de la nécessité de l’Union et les Européens ont tenu bon. Il est intégré que face à d’autres régions du monde comme les USA, la Chine, l’Inde ou la Russie, les membres de l’UE devront répondre de façon solidaire, c’est-à-dire parler d’une seule voix. Il faudra, et la Covid et les actes terroristes en sont en la matière le déclencheur, une autre manière de voir et de concevoir l’Europe. Que ce soit en matière d’économie, de politique étrangère, de défense, sur les questions des droits de l’homme, de la dignité de la personne humaine, de l’environnement, de la recherche fondamentale et appliquée, ou encore la culture, seules des mesures coordonnées éviteront le chacun pour soi. 

Ces défis à relever font vivre aux Européens de véritables leçons du « vivre ensemble et en même temps ». Ces crises successives de notre temps, que nous maîtrisons plus ou moins efficacement, montrent que nous sommes tous dans le même bateau. L’interdépendance des États membres est désormais clairement assumée. Les priorités de la présidence allemande avec son slogan éloquent « Ensemble pour la relance de l’Europe » donnent le ton.

La future présidence française, à la suite du Portugal puis de la Slovénie, devra en 2022 en assurer non seulement la continuité et mais surtout l’approfondissement.

« L’Europe se fera par crises successives » prédisait Robert Schuman ; il avait raison. En matière de crise, l’Europe est certes bien servie, c’est devenu son quotidien. Mais c’est là aussi que se trouvent les ressorts de sa capacité à avancer et de son évolution vers des solidarités objectives de plus en plus fortes et « sans cesse plus étroites ». 

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Le CECI fait sa rentrée 2020

Après plusieurs mois d’enfermement pour cause de crise sanitaire, et bien que le Cercle ait été actif jusqu’au début des vacances scolaires, le CECI fait une rentrée très active. D’ores et déjà, nous le savons, beaucoup de choses se feront via le net avec un site et des réseaux sociaux qui prennent d’années en années de la consistance.

De nouveaux contributeurs et membres nous rejoignent et, ainsi le Cercle s’élargit. Notre but est de participer à la définition d’une Europe pour demain par l’expression des idées et une connaissance approfondie des besoins et des attentes des territoires lieux de formation des identités multiples. Il est clair qu’aujourd’hui il ne s’agit pas de « sauver l’Europe » mais de prendre conscience qu’elle existe, bien présente dans notre vie de tous les jours, de façon bien plus évidente depuis les crises du Brexit et de la Covid, qu’elle agit au niveau local comme global. C’est un « biotope » disent certains et nous y évoluons désormais en permanence.

Le CECI affiche sa compétence à la nécessaire pédagogie (enfants) et à l’andragogie (adultes) sur le projet européen qui dépasse la simple diffusion de l’information comme peuvent le faire les Maisons de l’Europe (éducation populaire) ou encore les Centres d’information Europe Direct (information et communication institutionnelles).

Pour le CECI il est urgent de créer un véritable sentiment d’appartenance à l’UE et donc de participer à la constitution d’une conscience européenne et de reconnaître l’existence d’une culture commune. Pour cela il faut partager l’analyse citoyenne de ce qui se fait en, par et pour l’UE et comment les acteurs s’approprient la question. Il s’agit donc, aussi, de montrer notre capacité à la formation informelle et non formelle tout en venant en appui à l’éducation plus formelle c’est à dire l’éducation nationale.

Sans être un pur think tank comme peuvent l’être le Mouvement européen ou différentes fondations (Schuman, Delors, etc.), le CECI, laboratoire d’idées, s’intéresse prioritairement, et c’est sa spécificité, à la place de la personne dans le projet européen, dans les territoires et dans l’espace économique, politique, social et culturel qu’est l’Union européenne. La citoyenneté de l’Union européenne est au cœur de notre réflexion et amène notre cercle à s’intéresser aux effets européens sur la vie quotidienne tant au niveau local que global. En tant qu’observatoire sur la citoyenneté européenne il s’associe volontiers aux chercheurs et aux organisations (éducatives et de formations, collectivités, associations, etc.) qui travaillent dans ce domaine.

Ainsi, à titre d’exemples, le CECI sera un partenaire de la Nuit européenne des Chercheurs et du Sapin européen, participera à la Journée de l’Europe, à des rencontres autour de thèmes associant culture et solidarités, approfondissement de la citoyenneté, compréhension du Brexit et de ses effets, la liste n’est pas exhaustive. Plusieurs conférences, notamment sur la nécessaire éducation à la chose européenne, sont prévues dans différentes villes.

La crise sanitaire étant loin, semble-t-il, de s’achever, le CECI utilisera les moyens technologiques et numériques mis à sa disposition pour développer ses actions au cours de cette nouvelle année.

Je vous invite donc à nous retrouver, et lorsque la présence sur le terrain ne sera pas possible, sur notre site et réseau sociaux.

Bonne rentrée à tous.

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l’Europe à rude épreuve ou l’esprit d’un renouvellement

Ce 9 mai marque le 70e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman qui lança le processus de la construction européenne. L’Europe, comme la moitié de l’humanité, est confinée sous l’effet de la peur de la pandémie. Mais elle l’a fait de manières diverses selon les États membres qui tiennent aux traditions sociales et politiques. La célébration sera cette année bien différente de celles des années passées. Pas d’école, pas de conférences, pas de manifestations en plein air, pas de réceptions municipales, pas de « grand public » pour entendre parler d’Europe. Lire la suite →

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Le 9 mai oublié

Alors que la date 11 mai, « jour de la délivrance » est dans les attentes de chacun, celle du 9 mai semble passer aux oubliettes pour cause de confinement et de coronavirus. Lire la suite →

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Le CECI : quèsaco ?

Observatoire et laboratoire d’idées, le Cercle Europe Citoyennetés et Identités s’intéresse aux modalités de mise en œuvre de la citoyenneté européenne et des stratégies d’européanisation sur les différents territoires, et prend en compte par une analyse les identités multiples qui caractérisent les personnes. Lire la suite →

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