Quelle Union européenne voulons-nous ?

Aujourd’hui dans Ouest-France, nous trouvons un article du président du CECI Emmanuel Morucci.

Cette année, la Journée de l’Europe, le 9 mai, va prendre un visage particulier. D’abord parce que l’on va la célébrer en distanciel et que les symboles de l’Union européenne seront vraisemblablement un peu seuls aux frontons des mairies. Ensuite parce que ce jour marquera le lancement de la grande Conférence sur l’avenir de l’Europe.
La Journée de l’Europe commémore la déclaration de Robert Schuman en 1950, texte considéré comme la base architecturale de ce qui deviendra notre Union européenne.

Un événement inédit

Mais, coïncidence assumée, c’est en ce jour particulier que la présidente de la Commission européenne lance la grande Conférence pour l’avenir de l’Europe à laquelle les citoyens de toute l’Union sont invités à dire quelle Union européenne ils souhaitent pour les décennies à venir.
C’est un événement inédit : partager, pour 500 millions de citoyens, les préoccupations, les visions qui sont les leurs dans la double perspective d’une Europe tournée à la fois vers sa future politique intérieure et vers les relations extérieures.

Il s’agit bien, pour nous, détenteurs de la citoyenneté de l’Union, de répondre à un questionnement central : voulons-nous une Europe marché ou une Europe puissance ? Ce premier dilemme bien complexe à résoudre en amène un second concernant la gouvernance : Europe des nations ou gouvernance fédérale selon les compétences ?
Il ne s’agit plus en effet de se poser la question de l’existence ou pas de l’UE. Elle est là et bien là. Mais elle doit évoluer, se transformer afin d’être actrice dans ce monde et le lieu de l’expression d’une appartenance et d’une culture commune pour les Européens que nous sommes.

Schuman l’écrivait : « L’Europe, avant d’être une alliance militaire ou une entité économique, doit être une communauté culturelle dans le sens le plus élevé de ce terme. »
Les événements récents l’ont prouvé. La recherche du bien commun et de l’intérêt général est primordiale pour les citoyens de l’Union. La dimension européenne est nécessaire aux citoyens et aux États membres dans de nombreuses situations.
Il faut en définir désormais les contours durables, lui donner un visage et une image, cerner ses rivages. À moyen terme, un nouveau traité incluant la charte des droits sociaux fondamentaux sera nécessaire.

Coïncidence encore, mais sans doute pas hasard des calendriers, c’est dans les premiers mois au début de cette conférence (en juin) que le pape François devrait élever au rang de vénérable Robert Schuman, l’un des pères de l’Europe.
Son procès en béatification est engagé depuis 1997. S’appuyant sur la philosophie d’un Jacques Maritain, il marquait ce parallélisme dans le développement de l’idée chrétienne et de la démocratie. […] Plus que jamais, laissons-le nous guider.

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