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Cybersécurité : comment éviter les pièges sur les réseaux sociaux ?

Le CECI a poursuivi son cycle consacré à la cybersécurité. Pour ce 3e volet, après l’énergie et la banque, la défense européenne, place était donnée aux réseaux sociaux.

La navigation sur internet et les réseaux sociaux font désormais partie du quotidien des citoyens. C’est une réalité.
Qui n’a pas connu des piratages de comptes, ou eu des frayeurs dans des situations où l’apparition d’un lien s’est traduit en un clic par le début de mésaventures ? À l’image de la circulation routière, il existe toute une réglementation, mise en place par l’UE pour protéger les citoyens.

Cela ne suffit pas toujours : encore faut-il être initié, informé, documenté, en un mot éduqué pour naviguer sur la toile en limitant les risques, pour s’approprier cet espace qu’on pourrait parfois qualifier de jungle, sans se faire pièger par la malveillance, la manipulation, la désinformation. Comment repérer les écueils ?

C’est à ces questions qu’ont répondu les deux invités de la soirée, Grégory Karwa – spécialiste en cybersécurité au Crédit Mutuel Arkéa, membre de l’interCERT France (Computer Emergency Response Team) – et Benoît Josset – conférencier TeamEuropeDirect avec spécialisation dans la diplomatie académique européenne et chercheur en Sciences politiques, engagé dans les enjeux de cybersécurité et protection des données.

Tous concernés par les bonnes pratiques à adopter

Un jeu de questions/réponses pour prendre conscience, en tant que citoyens européens, des dangers d’exposition à des contenus dangereux ou à la cybercriminalité, de manière plus élargie aux risques de toutes sortes qui n’épargnent ni les collectivités ou les institutions, voire les États qui eux aussi subissent des situations d’ingérence où la question de leur souveraineté est posée.

Une soirée riche en informations, on pourrait même dire en éducation. Des citoyens impliqués et responsabilisés sont avant tout des citoyens éclairés.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

Le 9 mai, on doit en faire tout un programme

Joli, le mois de mai, c’est aussi le mois de l’Europe. Au-delà du repérage de telle ou telle animation aux couleurs européennes flirtant avec les jours fériés qui généralement ne manquent pas en ce 5e mois de l’année, les calendriers sous quelque forme que ce soit n’évoquent pas ou au mieux timidement l’origine de l’association du mois de mai avec l’Europe. Pas d’évocation ni d’explication, pas d’explicitation ni de compréhension, donc en bout de chaîne pas d’appropriation. Comment s’en étonner ?

Cette discrétion ou pire invisibilité d’information trouve entre autres sa source dans la carence d’éducation à la chose européenne. Tout en n’empêchant pas de s’y atteler, par un certain flou et de grandes généralités les programmes scolaires font la part discrète à l’éducation à la citoyenneté européenne.
Une géométrie plus que variable en découle alors, justifiée par moult raisons dont la lourdeur des sacro-saints programmes parfois plus déversés que dispensés et après lesquels courent les enseignants, couplée avec la perspective d’une fin d’année à grands pas approchée. À la préférence citoyenne et européenne le choix stratégique de la préférence programmée des programmes.
Comment pourrait-on faire reproche aux enseignants de suivre les recommandations de la rue de Grenelle ? Antre qui paradoxalement alimente toutefois ses espaces de ressources pédagogiques pour colorer en bleu étoilé de jaune les trente-et-un jours de ce mois nommé en l’honneur de Maia, divinité romaine évoquant le renouveau par la croissance et la fertilité.

Et Robert déclara sa flamme…

Et pourtant, qu’il est riche ce mois de mai ! Riche d’histoire et de stratégie tout d’abord quand un certain Robert Schuman, l’homme aux trois nationalités, né allemand, d’origine familiale luxembourgeoise et devenu français après le retour de l’Alsace-Lorraine dans l’Hexagone, eut l’audace de faire passer à la réalité son rêve de paix.
Enfreignant les régles hiérarchiques, diplomatiques et protocolaires, il prit le risque d’un va-tout pour déclarer sa flamme à l’Europe par la voie d’une réconciliation entre belligérants jugée par d’aucuns improbable.
Son discours le 9 mai 1950 au cœur du Salon de l’horloge du quai d’Orsay qui abritait son bureau de ministre des affaires étrangères s’est inscrit, les murs s’en souviennent, comme la « Déclaration Schuman » prônant le détournement de l’usage des matières premières d’hier dédié à la fabrication des armes en vecteur de reconstruction collective sur fond de réconciliation par 6 pays qui les décennies précédentes s’étaient surtout affrontés.
Rendre vertueuse la production de charbon et d’acier au travers de la reconstruction physique nécessaire après la Libération, mais surtout au travers des cœurs et des esprits : la CECA, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier allait naître. En fallait-il de l’audace et du rêve fou pour un homme si posé et mesuré, droit comme les études qu’il avait suivies, mais tellement meurtri par l’ambition destructrice des esprits hégémoniques.

La vie humble et sobre d’un homme aux idées révolutionnaires et fougueuses, écloses par un besoin viscéral de paix durable a nourri un projet. Robert Schuman savait de quoi il parlait ; les guerres, il les avait vécues.
Décidé par les dirigeants européens en 1985, c’est un an plus tard que fut célébré pour la première fois l’anniversaire de la Déclaration Schuman en créant la Fête de l’Europe. En ce 9 mai 2026, cela fait ainsi 40 ans que les Européens ont une fête à eux et à leur portée, témoin des liens qui célèbrent, rassemblent et unissent.
Comme nous l’écrivions plus haut, même s’il n’y a pas d’injonction à une célébration de la Déclaration Schuman, de nombreux enseignants sensibilisés et formés à l’importance de l’éducation à la citoyenneté européenne rendent leur enseignement empreint de ce terreau aux valeurs humaines et personnalistes par la rencontre avec celui qui est devenu le Père fondateur de l’Europe. Aux côtés de Jean Monnet, Konrad Adenauer et Alcide de Gaspéri, dont le village de Scy-Chazelles abrite les sculptures, Robert Schuman fait figure de repère pour comprendre l’envergure audacieuse osée pour qu’aujourd’hui, 76 ans après, nous vivions encore en paix.

Des jeunes inspirés

C’est cette rencontre, racontée et commentée, qui a questionné Lenny demandant pourquoi l’ami Robert ne figurait pas sur la frise historique accrochée sur les murs de la classe.

C’est cette rencontre avec l’homme politique lorrain qui a interrogé Gauthier sur la raison pour laquelle le 9 mai n’était pas sur le territoire de l’UE déclaré jour férié.

C’est cette rencontre avec celui qui a consacré sa vie à mettre en œuvre les valeurs humanistes qu’il défendait qui a fait jaillir la pensée de Gabrielle résumant le cours de la vie de Schuman par ces mots : « À la place de ne penser qu’à lui il a pensé aux autres ».

Vaste programme, s’il en est. Le 9 mai en est la source, cela vaut bien un mois printanier et son cortège de symboles de fertilité pour renouveler la promesse engagée, adressée aux femmes et aux hommes aux commandes mais aussi à la jeunesse inspirée. Il n’y a pas d’âge pour s’éveiller aux valeurs essentielles de paix et de solidarité. Ces trois futurs citoyens cités n’ont pas encore l’âge de voter mais du haut de leurs onze années, ils nous prouvent que le futur se conjugue au présent.

Tout cela nous fait dire qu’au pays des 365 fromages, du 9 mai on peut, on doit en faire tout un programme.

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

9 mai : l’Europe, ce n’est pas tout d’en parler, il faut la vivre

Nous connaissons le 9 mai comme étant la « fête de l’Europe ». Journée officielle décidée en 1985 au sommet de Milan et porteuse de symboles, elle devait devenir un moment commun fort, un temps pour tous les citoyens de l’Union européenne. Il s’agit d’un anniversaire. Celui de la déclaration de Robert Schuman (1950) qui célèbre la paix et l’unité en Europe. C’est l’acte de naissance de l’UE. Le hic est que si certains États y attachent de l’importance d’autres ne s’en préoccupent pas ou peu.

Voilà une journée qui est encore, cette année, passée inaperçue aux yeux du public et des citoyens que nous sommes. Et ce n’est pas la fête. Pas de flonflons, pas de feu d’artifice. Pourtant érigée en symbole et inscrite en tant que telle dans les documents officiels au même titre que le passeport, la monnaie, le drapeau ou encore l’hymne. Combien de collectivités ont hissé le pavillon bleu azur et cercle de douze étoiles aux mâts de leurs mairies ? Les médias, eux-mêmes, préfèrent parler de ces maires issus, certes des urnes, mais de partis europhobes que d’annoncer le positif de la construction européenne.

Pourtant, ces mêmes médias, laissent entendre que l’Europe devrait faire plus et mieux. Particulièrement en matière de défense commune. Notamment depuis que le monde a engendré nombre de ruptures. Les Guerres en Ukraine et en Iran, au Liban, distance désormais durable avec les US de Trump, prise de conscience que l’ordre mondial de l’après-guerre est mis à mal par des dirigeants d’États du monde animés par une foi dictatoriale, recherche de souveraineté énergétique, alimentaire, etc.
La rupture est effective également au sein des populations qui ont oublié qu’il y a seulement quatre-vingts ans l’Europe se relevait du joug nazi. C’est donc aussi une rupture des connaissances, historique et philosophique. Ces médias ne savent pas expliquer, pour une bonne compréhension des choses, les complexités des traités en vigueur et, défense oblige, l’impératif de la ratification d’un futur nouveau texte plus ouvert à la citoyenneté commune voire à une dose d’un nécessaire fédéralisme.

Faire plus et mieux. Comment ?

Oui mais voilà comment faire plus et mieux si les citoyens n’ont pas conscience de l’importance de la besogne ? Selon les textes en vigueur l’information européenne revient aux États membres. Combien s’en acquittent ? Qu’en est-il réellement ? Quel budget est mis à disposition pour effectuer ce travail pédagogique auprès des populations ? Combien d’écoles effectuent ce travail éducatif depuis le premier âge ? Parler de citoyenneté commune, de sentiment d’appartenance n’est pas dans les programmes. Et je ne parle pas seulement de la France. Mes amis, dans d’autres pays affirment la même chose. En fait, si depuis 1985 plusieurs manifestations se déroulent ici ou là, on ne peut dire que l’objectif est réellement atteint. Peu de citoyens se reconnaissent en cette journée spécifique. De fait sans les associations dédiées, sans une société civile convaincue il n’y aurait aucune info sur cette journée de l’Europe.

Le président français, le chancelier allemand, le premier ministre polonais souhaitent que l’Union européenne se dote de moyens accrus pour sa propre défense. Mais comment vouloir valider une telle volonté s’il n’y a pas une conscience européenne au sein des populations aux cultures diverses mais détentrice d’une culture commune ignorée car non médiatisée.

Un jour férié commun à tous les citoyens

Le 8 mai n’est pas un jour férié dans tous les pays de l’UE et de moins en moins en France. Depuis de nombreuses années, je milite afin que le 9 mai, Journée de l’Europe, devienne un jour férié et chômé commun à tous les citoyens de l’Union européenne. Voilà un symbole fort d’appartenance à la dimension territoriale. J’avais en 2018 publié un article en ce sens dans le Taurillon. À la fin de la dernière mandature, le Parlement européen s’en était fait l’écho, en avait acté le principe mais la volonté parlementaire ne suffit pas encore face à celle des États membres. Ils l’ont refusée. Seul le Luxembourg a passé le cap en 2019 et en a fait un jour férié.

La Journée de l’Europe doit faire sens pour chacun d’entre nous, que nous soyons de Lettonie, de Tchéquie, d’Italie, du Portugal, du Luxembourg, d’Irlande ou de France, de générations, de formations, de langues diverses. Dans cet esprit, la Journée de l’Europe doit déclencher chez les citoyens de l’Union, que nous sommes tous, ressortissants d’un pays membre, une pensée et une sensation, une espérance en l’avenir. Ce ne peut être seulement un « moment de communication » pour parler d’une Europe vague et lointaine.

Le 9 mai présenté comme fête (presque nationale), le place dans une dimension plus anthropologique, culturelle et sociétale plutôt que technique, économique ou financière. Tant il est vrai que l’UE ne se parachèvera qu‘avec ses citoyens et leur adhésion au projet. Ils doivent inscrire dans leur conscience l’appartenance commune. Célébrer la construction européenne au travers d’un jour commun férié en est un moyen, un outil d’éducation et de socialisation. En un mot la date symbolique doit participer à l’émergence d’un habitus européen commun.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, Les contributeurs, 3 commentaires

Ciné-débat autour de « un simple accident »

La projection du film lauréat de la Palme d’Or à Cannes en 2025 « Un simple accident » a donné lieu au cinéma brestois Les Studios à un débat animé par Réza Salami, Iranien d’origine vivant depuis 40 ans à Brest.


L’Iran, actuellement au cœur de l’actualité, sert de cadre à ce film humaniste au travers des valeurs défendues par son réalisateur Jafar Panahi.
Depuis 1979, les religieux ont pris le contrôle du pays et enferment par un embrigadement imprégné de répression et de violence tout espoir de démocratie.
Payant un lourd tribut, le cinéaste a connu les geôles iraniennes et défie le pouvoir liberticide par la dénonciation des crimes et la volonté de vengeance des victimes au travers d’un message d’espoir et de résilience.
Le doute quant à l’authentification du bourreau présumé, la portée de la vengeance et ses effets sur la culpabilité, l’espoir incarné à la fois par la candeur et la spontanéité de l’enfance et le rôle tenace des femmes, autant de clés qui jalonnent l’écriture d’un film mêlant à la fois gravité et tendresse.
Un rendez-vous sur fond de valeurs humanistes porté à l’écran par une écriture sobre et dépourvue d’artifices, rendant le témoignage puissant.
Le débat qui a suivi a révélé une émotion non feinte chez les spectateurs, donnant à voir la force des Iraniens au travers d’une culture empreinte de valeurs de solidarité et de détermination à toute épreuve.
Un moment fort en humanité, soutenu par le Parlement européen ayant placé le film en compétition pour le Prix Lux 2026.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs, 0 commentaire

La défense en Europe : quelle cybersécurité pour les citoyens ?

Après l’énergie et la banque, c’est sur le thème de la Défense que s’est concentré ce deuxième volet du cycle cybersécurité organisé par le CECI.

Une assemblée attentive jeudi 26 novembre 2026 au Campus de Kéraudren-UCO à Brest pour écouter les interventions de Iulia Badea-Guéritée, journaliste et conférencière pour la Commission européenne, spécialiste des questions de cybersécurité et de lutte contre la désinformation et Salam Doumiati, enseignante-chercheuse à l’ISEN-Brest où elle travaille en tant que responsable du DP Cybersécurité.
Après une introduction assurée par Guillaume Chiquet, représentant des jeunes IHEDN, place a été donnée aux exposés des deux intervenantes offrant au public un apport d’informations éclairant les enjeux qui se trament au quotidien dans la vie des citoyens : les attaques ne sont pas qu’une affaire de technologie et concernent toutes les strates de la société, le système reposant sur le lien le plus fragile.
Des effets des fakes news à la guerre identitaire dont le but est de pervertir l’opinion publique, les dangers sont bien réels et s’immiscent auprès des citoyens rendant nécessaires au-delà d’une simple prise de conscience des pratiques réactives et responsables de la part de chacun de nous.

Encore une fois, le CECI apporte une contribution utile et révélatrice, permettant une réflexion approfondie au travers de ces temps d’information débouchant sur des échanges riches et pertinents avec un public combinant une diversité d’âges, de situations professionnelles, ou d’horizons variés.

À retrouver bientôt sur la chaîne YouTube du CECI.

Prochain volet le 6 mai, avec l’accent mis sur les réseaux sociaux.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

La Défense en Europe, quelle cybersécurité pour les citoyens ?

Jeudi 26 mars 2026 à 18 h 30 au Campus de Keraudren à Brest.
Dans le cadre de ses Journées Européennes 2026, le CECI organise une table ronde sur la cybersécurité modérée par Guillaume Chiquet avec Iulia Badea-Guéritée et Salam Doumiati.

Défense et cyberdéfense, les degrés de l’insécurité en UE.
Iulia Badea-Guéritée parlera de la manière dont on a structuré et déstructuré notre défense en Europe, de la nécessité de s’adapter aux aléas de l’histoire et des transformations des types de guerre : conventionnelle, non conventionnelle et hybride.
Et finir avec certains degrés de cybersecurité : on peut et on assume déjà la lutte contre les ingérences au niveau de l’État, de l’armée, on arrive moins à lutter contre les ingérences au niveau du mental du peuple.
Sans oublier les derniers acquis eu en matière de cybersécurité : l’agence d’Athènes, de Bucarest, Viginum mais aussi les documents existants au niveau théorique.

Salam Doumiati parlera de sensibilisation et comment protéger les citoyens ; cela passe par une protection des systèmes. Elle nous présentera les différents axes de recherche (qui sont aussi applicatifs) pour y arriver.

Entrée libre
Inscription conseillée : contact@cercle-ceci.eu

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Toujours plus avant…

Malgré la période de fêtes que nous venons de traverser et qui, à l’évidence, n’est pas le meilleur moment pour observer l’évolution du monde, les derniers jours de 2025 et les premiers de 2026 sont riches d’enseignements à méditer et à prolonger en matière d’Europe et de relation entre la France et ses partenaires, voire parfois ses adversaires, sur le reste de la planète.

Relevons d’abord, parce que cela a fait très peu de bruit alors que l’événement méritait une réflexion, l’arrivée d’un 20e partenaire dans la grande famille monétaire de l’euro. La Bulgarie a en effet joint sa destinée monétaire à celle des 19 autres partenaires de la monnaie unique, en place depuis un quart de siècle maintenant et qui s’est imposée comme la deuxième devise mondiale pour les transactions et les échanges, où tous les intervenants étaient depuis des lustres soucieux de s’émanciper de la suprématie unilatérale d’un dollar depuis 1971 non convertible et qui ne vaut que ce que les autorités américaines décident qu’il vaille.

Autrement dit, avec le seul billet vert la valeur de nos engagements, de notre épargne, de nos échanges dépend du bon-vouloir de l’hôte de la Maison Blanche ! Hier encore dans la servitude de la défunte URSS, aujourd’hui plus pauvre mais pas moins ardent, et surtout, libre adhérent de l’Union européenne, la Bulgarie a compris que le meilleur moyen de garantir son indépendance, c’est de choisir son interdépendance ! Et bien d‘autres pays lorgnent vers la banque centrale européenne comme vers le refuge de stabilité face aux sautes d’humeur du marché monétaire, et surtout, comme une affirmation supplémentaire de leur identité et de leur action européenne, que ce soit pour s’affranchir des menaces russes ou pour s’éloigner des sautes d’humeur des USA.

Une autre bonne nouvelle, qui prendrait effet début 2027 mais pour laquelle la mobilisation ne va pas attendre si longtemps, est le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus. En soi, c’est d’abord un formidable apport aux étudiants d’outre-Manche, désormais à même, comme leurs devanciers avant le Brexit, de profiter des possibilités aujourd’hui mondiales de stages et échanges entre universités et autres centres de formation, y compris pour les apprentis et même les sans-emploi. Preuve que le stage à l’étranger est déjà, en soi, une formation, de l’esprit sinon des connaissances livresques. Le vécu des autres, et avec les autres, pour le mieux-vivre personnel… L’Europe, c’est aussi cela !

Enfin, et dans un registre plus dramatique, la très impérialiste violation de la souveraineté vénézuélienne par M. Trump, et l’arrestation du certes détestable Président autoproclamé et dictateur avéré, par des troupes faisant fi de la souveraineté nationale du pays, est un terrible signal d’alarme. Les Américains ne s’étaient jadis pas privés de fomenter des coups d’état ou de trafiquer des élections, en Grèce dans les années 50 et 60, voire de débarquer à Grenade et d’en incarcérer le Président en place pour le remplacer par un fantoche de rencontre. Voila que maintenant ils ne prennent même plus le soin de masquer les apparences et de prendre au moins quelques gants avec le respect de l’ordre logique initial des choses.

Entendre M. Trump parler du Groenland, voire du Canada, n’est pas sans rappeler les discours enflammés d’un sinistre dirigeant allemand revendiquant les Sudètes tout en se défendant de vouloir absorber la Tchécoslovaquie. C’est maintenant que l’Europe doit faire entendre sa voix si elle ne veut pas que se répète une histoire de triste mémoire. Ici comme sur le plan monétaire ou dans notre vie quotidienne l’avenir et l’espoir, c’est plus d’Europe, et mieux, et non le repli sur nos faiblesses respectives qui, même juxtaposées, sont tout sauf une force ! C’est en ce sens là aussi qu’il faut lire le Traité avec le Mercosur et les espérances qu’il nous ouvre, par-delà les turbulences du moment…

Publié par Philippe Tabary dans CECI dit, Les contributeurs, Philippe Tabary, 0 commentaire

Enjeux européens : Alexandre, inspiré et inspirant

Pour de nombreux élèves et classes d’écoles primaires du territoire européen, c’est désormais devenu une tradition de plus parmi toutes les autres lors des deux derniers mois de l’année : créer des décorations de Noël, les accompagner d’un petit dossier relatant les us et coutumes inhérentes et les expédier à des partenaires scolaires du territoire européen.
C’est le principe du Sapin européen, alias European Christmas Tree Decoration Exchange, mis en place il y a une quinzaine d’années par le Centre Europe Direct de Wrexham au Pays de Galles et Karen Morrisroe.
Depuis deux ans, c’est le CECI qui s’est vu confier la gestion de l’opération qui n’en finit pas de se développer : la participation croissante de 350 écoles en 2023, plus de 400 l’année suivante et 481 en 2025 confirme l’engouement des enseignants dans un premier temps, mais aussi celui des élèves qui en restent les lutins de Noël puisque ce sont leurs réalisations qui voyagent pour élire domicile sur les branches de sapins dans d’autres pays que ceux de leur naissance.

DIversités réunies et partagées

Si le succès est éloquent par la dimension quantifiable – cette année plus de 37 000 élèves ont participé au projet ce qui laisse présager d’un nombre encore plus important de personnes touchées par dissémination – l’intérêt vécu par les artisans de l’opération eux-mêmes retient toute attention.
Parole a été donnée à une classe d’élèves ayant participé au projet.
Les propos relevés témoignent de l’ouverture à l’autre et le plaisir de découvrir des traditions différentes : « C’est intéressant », comme l’ont souligné Jade et Stan. Effectivement, la tradition grecque de décorer les bateaux remarquée par Aelya ou celle d’attendre en Espagne le 6 janvier et le passage des Rois Mages pour recevoir les cadeaux relevée par Eloann piquent la curiosité de tout un chacun, et construisent peu à peu ce patrimoine culturel partagé même s’il se décline sous des formes différentes : « On ne reçoit pas les mêmes décorations d’un colis à l’autre ! » ajoute Gabrielle pour qui cette diversité est un atout.
Ajoutons à cela la dimension géographique pour intégrer par le voyage postal des courriers les espaces européens, ce sont autant de connaissances qui permettent de prendre conscience des distances et des lieux, autre occasion de s’initier aux noms des capitales européennes respectives : les apprentissages géographiques prennent alors tout leur sens et font dire à Adam et Charles la fierté de recevoir des colis situés « si loin » sur la carte mais devenant ainsi tout proches, et pas seulement par la magie de Noël.
Ce côté exotique par les différences des traditions cohabite aussi avec les similitudes : repas familial, décorations des rues et des maisons, échange de cadeaux. C’est ce que résume Bleuenn : « C’est quand même bien de connaître ce qui se passe dans d’autres pays ». Les enseignants quant à eux évoquent l’opportunité de situations authentiques pour communiquer et mettre à profit la pratique des langues.
Sans découvrir les 24 langues officielles dans l’UE, l’occasion est donnée de découvrir l’alphabet cyrillique dans l’écriture du « Joyeux Noël  » bulgare, les similitudes entre le « Feliz Navidad » venant d’Andalousie et le « Feliz Natal » de Porto, les drôles de caractères employés dans leur lettre par les écoliers de Nafplio en Grèce…
Outre ces touches locales sur les objets décorés, les échanges documentaires se font en anglais ce qui crée un rapprochement avec les anciens cousins d’Outre-Manche et donnent l’occasion de tester sa compréhension écrite et de se lancer dans l’écriture pour de vrai dans la langue de Shakespeare.
Les émotions ne sont pas en reste comme en témoigne Axelle pour qui l’importance est dans l’attention aux autres et qui souligne « la gentillesse des élèves qui font des décorations spécialement pour nous ». Eh oui, Européens que nous sommes faisons partie d’une grande famille que l’on se découvre au travers d’actions authentiques et vécues. C’en est un exemple, qui aura des chances de s’inscrire dans les mémoires par le côté concret du projet.

On l’aura compris, ce projet condense tout un lot d’intérêts pédagogiques et éducatifs dans une opération simple dans l’esprit, même si la logistique requiert pour le CECI une organisation d’une ampleur importante : des mots et des cadeaux qui relient ces jeunes, mais aussi leurs enseignants, sans oublier le rôle des structures intermédiaires agissant comme autant de relais que sont les Centres Europe Direct.

Et plus encore…

Cela suffit à donner toute légitimité au projet. Mais encore…
Au détour de cet échange libre et spontané, une petite phrase a émergé : « Ça peut réunir les pays et faire qu’il y ait moins de conflits ». Sur un ton calme et posé, par cet enchaînement de mots justes et bien articulés, c’est la voix d’Alexandre qui s’est annoncée. Du haut de ses 10 ans, ce petit bonhomme a exprimé une dimension que n’aurait reniée aucun Schuman ou Monnet.
Apprendre à se connaître et échanger, partager des histoires et construire des liens de proximité et d’amitié, autant d’ingrédients qui nous font prendre conscience de notre appartenance à cette famille commune, en l’occurence notre terre européenne.
On ne s’attendait pas à une analyse aussi poussée ni une prise de conscience aussi adroitement aiguisée ; preuve s’il en est que ces questions – et réponses – ne sont pas réservées aux seuls adultes, politiciens ou gouvernants. Cette expérience d’éducation à la citoyenneté s’exerce en immersion dans un projet qui fait sens, qui construit, qui rassemble, qui par la connaissance mutuelle qu’il engendre fait grandir en chacun le sentiment d’appartenance à une communauté de voisins, de cousins, de citoyens.
La citoyenneté européenne existe, Alexandre et ses camarades l’ont rencontrée.
Se réunir pour se connaître. Partager pour se comprendre. Qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas ? C’est sans doute le message induit d’Alexandre qui évoque une famille forte de ses différents caractères et personnalités affirmées, mais qui pour ses membres en réduit le risque des conflits.
Par les temps qui courent où l’on nous donne à voir l’expression de la force essentiellement dans les prises d’armes ou de combats guerriers, ne serait-elle pas plutôt dans les liens qui unissent les voisins et cousins devenus citoyens européens ?
Quand nos gouvernants seront-ils prêts à s’en saisir pour relever les défis et se montrer à la hauteur des enjeux ?
Les jeunes nous regardent.
Sans naïveté mais en toute humilité, c’est une belle et prometteuse feuille de route résumée par l’écolier.

En ces temps troublés de début d’année, que de mieux peut-on souhaiter ?


Observatoire et laboratoire d’idées, le CECI a pour vocation habituelle la promotion de la citoyenneté européenne et la construction d’un sentiment d’appartenance à l’Union européenne.

Détails de l’opération à retrouver sur notre site, rubrique « European Christmas Tree »

European Christmas Tree

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 2 commentaires

La presse en parle

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La place des religions dans le projet européen et dans les traités

La Maison de l’Europe de la Seine-Maritime a organisé un dîner-débat sur le thème « La place des religions dans le projet européen et dans les traités » ce mercredi 26 novembre 2025 avec Monsieur Emmanuel Morucci, docteur en sociologie, conférencier pour la commission européenne, membre du Team Europe-France et Président du CECI .

L’article 17 du TFUE offre une base juridique pour intégrer les perspectives religieuses et philosophiques dans les décisions de l’UE, reflétant ainsi une approche inclusive et respectueuse de la diversité des valeurs au sein de l’Union.

Le dîner-débat a porté sur la manière dont le fait religieux s’inscrit dans la construction européenne. Bien que les traités fondateurs ne mentionnent pas explicitement la religion, celle-ci a toujours influencé le projet européen.
Avec le temps, l’Union européenne a progressivement reconnu l’apport des traditions religieuses au bien commun.
Les institutions européennes en particulier la Commission ont mis en place un dialogue structuré avec les organisations religieuses. Ce dialogue vise à intégrer une dimension éthique et spirituelle dans l’élaboration des politiques européennes, notamment dans les domaines bioéthique, social et environnemental.
Les religions y interviennent non comme autorités spirituelles, mais comme acteurs du débat démocratique, au même titre que d’autres composantes de la société civile.

La conférence a également abordé les questions suivantes :
Comment ce dialogue est-il organisé concrètement ?
Quels sont les acteurs religieux qui participent à ce travail avec les institutions européennes ?

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