Les contributeurs

Toujours plus avant…

Malgré la période de fêtes que nous venons de traverser et qui, à l’évidence, n’est pas le meilleur moment pour observer l’évolution du monde, les derniers jours de 2025 et les premiers de 2026 sont riches d’enseignements à méditer et à prolonger en matière d’Europe et de relation entre la France et ses partenaires, voire parfois ses adversaires, sur le reste de la planète.

Relevons d’abord, parce que cela a fait très peu de bruit alors que l’événement méritait une réflexion, l’arrivée d’un 20e partenaire dans la grande famille monétaire de l’euro. La Bulgarie a en effet joint sa destinée monétaire à celle des 19 autres partenaires de la monnaie unique, en place depuis un quart de siècle maintenant et qui s’est imposée comme la deuxième devise mondiale pour les transactions et les échanges, où tous les intervenants étaient depuis des lustres soucieux de s’émanciper de la suprématie unilatérale d’un dollar depuis 1971 non convertible et qui ne vaut que ce que les autorités américaines décident qu’il vaille.

Autrement dit, avec le seul billet vert la valeur de nos engagements, de notre épargne, de nos échanges dépend du bon-vouloir de l’hôte de la Maison Blanche ! Hier encore dans la servitude de la défunte URSS, aujourd’hui plus pauvre mais pas moins ardent, et surtout, libre adhérent de l’Union européenne, la Bulgarie a compris que le meilleur moyen de garantir son indépendance, c’est de choisir son interdépendance ! Et bien d‘autres pays lorgnent vers la banque centrale européenne comme vers le refuge de stabilité face aux sautes d’humeur du marché monétaire, et surtout, comme une affirmation supplémentaire de leur identité et de leur action européenne, que ce soit pour s’affranchir des menaces russes ou pour s’éloigner des sautes d’humeur des USA.

Une autre bonne nouvelle, qui prendrait effet début 2027 mais pour laquelle la mobilisation ne va pas attendre si longtemps, est le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus. En soi, c’est d’abord un formidable apport aux étudiants d’outre-Manche, désormais à même, comme leurs devanciers avant le Brexit, de profiter des possibilités aujourd’hui mondiales de stages et échanges entre universités et autres centres de formation, y compris pour les apprentis et même les sans-emploi. Preuve que le stage à l’étranger est déjà, en soi, une formation, de l’esprit sinon des connaissances livresques. Le vécu des autres, et avec les autres, pour le mieux-vivre personnel… L’Europe, c’est aussi cela !

Enfin, et dans un registre plus dramatique, la très impérialiste violation de la souveraineté vénézuélienne par M. Trump, et l’arrestation du certes détestable Président autoproclamé et dictateur avéré, par des troupes faisant fi de la souveraineté nationale du pays, est un terrible signal d’alarme. Les Américains ne s’étaient jadis pas privés de fomenter des coups d’état ou de trafiquer des élections, en Grèce dans les années 50 et 60, voire de débarquer à Grenade et d’en incarcérer le Président en place pour le remplacer par un fantoche de rencontre. Voila que maintenant ils ne prennent même plus le soin de masquer les apparences et de prendre au moins quelques gants avec le respect de l’ordre logique initial des choses.

Entendre M. Trump parler du Groenland, voire du Canada, n’est pas sans rappeler les discours enflammés d’un sinistre dirigeant allemand revendiquant les Sudètes tout en se défendant de vouloir absorber la Tchécoslovaquie. C’est maintenant que l’Europe doit faire entendre sa voix si elle ne veut pas que se répète une histoire de triste mémoire. Ici comme sur le plan monétaire ou dans notre vie quotidienne l’avenir et l’espoir, c’est plus d’Europe, et mieux, et non le repli sur nos faiblesses respectives qui, même juxtaposées, sont tout sauf une force ! C’est en ce sens là aussi qu’il faut lire le Traité avec le Mercosur et les espérances qu’il nous ouvre, par-delà les turbulences du moment…

Publié par Philippe Tabary dans CECI dit, Les contributeurs, Philippe Tabary, 0 commentaire

Enjeux européens : Alexandre, inspiré et inspirant

Pour de nombreux élèves et classes d’écoles primaires du territoire européen, c’est désormais devenu une tradition de plus parmi toutes les autres lors des deux derniers mois de l’année : créer des décorations de Noël, les accompagner d’un petit dossier relatant les us et coutumes inhérentes et les expédier à des partenaires scolaires du territoire européen.
C’est le principe du Sapin européen, alias European Christmas Tree Decoration Exchange, mis en place il y a une quinzaine d’années par le Centre Europe Direct de Wrexham au Pays de Galles et Karen Morrisroe.
Depuis deux ans, c’est le CECI qui s’est vu confier la gestion de l’opération qui n’en finit pas de se développer : la participation croissante de 350 écoles en 2023, plus de 400 l’année suivante et 481 en 2025 confirme l’engouement des enseignants dans un premier temps, mais aussi celui des élèves qui en restent les lutins de Noël puisque ce sont leurs réalisations qui voyagent pour élire domicile sur les branches de sapins dans d’autres pays que ceux de leur naissance.

DIversités réunies et partagées

Si le succès est éloquent par la dimension quantifiable – cette année plus de 37 000 élèves ont participé au projet ce qui laissse présager d’un nombre encore plus important de personnes touchées par dissémination – l’intérêt vécu par les artisans de l’opération eux-mêmes retient toute attention.
Parole a été donnée à une classe d’élèves ayant participé au projet.
Les propos relevés témoignent de l’ouverture à l’autre et le plaisir de découvrir des traditions différentes : « C’est intéressant », comme l’ont souligné Jade et Stan. Effectivement, la tradition grecque de décorer les bateaux remarquée par Aelya ou celle d’attendre en Espagne le 6 janvier et le passage des Rois Mages pour recevoir les cadeaux relevée par Eloann piquent la curiosité de tout un chacun, et construisent peu à peu ce patrimoine culturel partagé même s’il se décline sous des formes différentes : « On ne reçoit pas les mêmes décorations d’un colis à l’autre ! » ajoute Gabrielle pour qui cette diversité est un atout.
Ajoutons à cela la dimension géographique pour intégrer par le voyage postal des courriers les espaces européens, ce sont autant de connaissances qui permettent de prendre conscience des distances et des lieux, autre occasion de s’initier aux noms des capitales européennes respectives : les apprentissages géographiques prennent alors tout leur sens et font dire à Adam et Charles la fierté de recevoir des colis situés « si loin » sur la carte mais devenant ainsi tout proches, et pas seulement par la magie de Noël.
Ce côté exotique par les différences des traditions cohabite aussi avec les similitudes : repas familial, décorations des rues et des maisons, échange de cadeaux. C’est ce que résume Bleuenn : « C’est quand même bien de connaître ce qui se passe dans d’autres pays ». Les enseignants quant à eux évoquent l’opportunité de situations authentiques pour communiquer et mettre à profit la pratique des langues.
Sans découvrir les 24 langues officielles dans l’UE, l’occasion est donnée de découvrir l’alphabet cyrillique dans l’écriture du « Joyeux Noël  » bulgare, les similitudes entre le « Feliz Navidad » venant d’Andalousie et le « Feliz Natal » de Porto, les drôles de caractères employés dans leur lettre par les écoliers de Nafplio en Grèce…
Outre ces touches locales sur les objets décorés, les échanges documentaires se font en anglais ce qui crée un rapprochement avec les anciens cousins d’Outre-Manche et donnent l’occasion de tester sa compréhension écrite et de se lancer dans l’écriture pour de vrai dans la langue de Shakespeare.
Les émotions ne sont pas en reste comme en témoigne Axelle pour qui l’importance est dans l’attention aux autres et qui souligne « la gentillesse des élèves qui font des décorations spécialement pour nous ». Eh oui, Européens que nous sommes faisons partie d’une grande famille que l’on se découvre au travers d’actions authentiques et vécues. C’en est un exemple, qui aura des chances de s’inscrire dans les mémoires par le côté concret du projet.

On l’aura compris, ce projet condense tout un lot d’intérêts pédagogiques et éducatifs dans une opération simple dans l’esprit, même si la logistique requiert pour le CECI une organisation d’une ampleur importante : des mots et des cadeaux qui relient ces jeunes, mais aussi leurs enseignants, sans oublier le rôle des structures intermédiaires agissant comme autant de relais que sont les Centres Europe Direct.

Et plus encore…

Cela suffit à donner toute légitimité au projet. Mais encore…
Au détour de cet échange libre et spontané, une petite phrase a émergé : « Ça peut réunir les pays et faire qu’il y ait moins de conflits ». Sur un ton calme et posé, par cet enchaînement de mots justes et bien articulés, c’est la voix d’Alexandre qui s’est annoncée. Du haut de ses 10 ans, ce petit bonhomme a exprimé une dimension que n’aurait reniée aucun Schuman ou Monnet.
Apprendre à se connaître et échanger, partager des histoires et construire des liens de proximité et d’amitié, autant d’ingrédients qui nous font prendre conscience de notre appartenance à cette famille commune, en l’occurence notre terre européenne.
On ne s’attendait pas à une analyse aussi poussée ni une prise de conscience aussi adroitement aiguisée ; preuve s’il en est que ces questions – et réponses – ne sont pas réservées aux seuls adultes, politiciens ou gouvernants. Cette expérience d’éducation à la citoyenneté s’exerce en immersion dans un projet qui fait sens, qui construit, qui rassemble, qui par la connaissance mutuelle qu’il engendre fait grandir en chacun le sentiment d’appartenance à une communauté de voisins, de cousins, de citoyens.
La citoyenneté européenne existe, Alexandre et ses camarades l’ont rencontrée.
Se réunir pour se connaître. Partager pour se comprendre. Qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas ? C’est sans doute le message induit d’Alexandre qui évoque une famille forte de ses différents caractères et personnalités affirmées, mais qui pour ses membres en réduit le risque des conflits.
Par les temps qui courent où l’on nous donne à voir l’expression de la force essentiellement dans les prises d’armes ou de combats guerriers, ne serait-elle pas plutôt dans les liens qui unissent les voisins et cousins devenus citoyens européens ?
Quand nos gouvernants seront-ils prêts à s’en saisir pour relever les défis et se montrer à la hauteur des enjeux ?
Les jeunes nous regardent.
Sans naïveté mais en toute humilité, c’est une belle et prometteuse feuille de route résumée par l’écolier.

En ces temps troublés de début d’année, que peut-on de mieux souhaiter ?


Observatoire et laboratoire d’idées, le CECI a pour vocation habituelle la promotion de la citoyenneté européenne et la construction d’un sentiment d’appartenance à l’Union européenne.

Détails de l’opération à retrouver sur notre site, rubrique « European Christmas Tree »

European Christmas Tree

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

La presse en parle

Publié par Cercle CECI dans Cercle CECI, EuropeanChristmasTree, Les contributeurs

La place des religions dans le projet européen et dans les traités

La Maison de l’Europe de la Seine-Maritime a organisé un dîner-débat sur le thème « La place des religions dans le projet européen et dans les traités » ce mercredi 26 novembre 2025 avec Monsieur Emmanuel Morucci, docteur en sociologie, conférencier pour la commission européenne, membre du Team Europe-France et Président du CECI .

L’article 17 du TFUE offre une base juridique pour intégrer les perspectives religieuses et philosophiques dans les décisions de l’UE, reflétant ainsi une approche inclusive et respectueuse de la diversité des valeurs au sein de l’Union.

Le dîner-débat a porté sur la manière dont le fait religieux s’inscrit dans la construction européenne. Bien que les traités fondateurs ne mentionnent pas explicitement la religion, celle-ci a toujours influencé le projet européen.
Avec le temps, l’Union européenne a progressivement reconnu l’apport des traditions religieuses au bien commun.
Les institutions européennes en particulier la Commission ont mis en place un dialogue structuré avec les organisations religieuses. Ce dialogue vise à intégrer une dimension éthique et spirituelle dans l’élaboration des politiques européennes, notamment dans les domaines bioéthique, social et environnemental.
Les religions y interviennent non comme autorités spirituelles, mais comme acteurs du débat démocratique, au même titre que d’autres composantes de la société civile.

La conférence a également abordé les questions suivantes :
Comment ce dialogue est-il organisé concrètement ?
Quels sont les acteurs religieux qui participent à ce travail avec les institutions européennes ?

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs

Pluie et beau temps : quelle coopération européenne en météorologie ?

Combien de satellites météorologiques au-dessus de nos têtes avec quelles infrastructures pour nous prévoir précipitations et anticyclones ?
À la clé, des prévisions de plus en plus fiables puisque en 10 ans nous avons gagné un jour de prévision.

Derrière tout cela, des programmes de coopération entre États européens intelligemment organisés à l’image du CEPMMT, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme dont Philippe Bougeault, directeur de 2003 à 2009 a présenté avec force détails le fonctionnement.

Une conférence de qualité présentée à Guipavas le 19 novembre, pour découvrir dans ce domaine comment l’Europe est présente dans la vie des citoyens au quotidien.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs

Conférence le 26 novembre au Havre

Voici le thème de l’intervention d’Emmanuel Morucci lors d’un dîner-débat organisé par la Maison de l’Europe de Seine-Maritime le 26 novembre 2025.

Place des religions dans le projet européen et dans les traités.

La prise en compte des religions dans la construction européenne et la place des phénomènes religieux dans l’Union européenne est une réalité méconnue voire occultée.
Si les traités fondateurs n’évoquent pas directement la religion, le fait religieux n’a jamais été absent du projet européen. Au fil du temps, les institutions de l’Union européenne ont progressivement reconnu la contribution des traditions religieuses au bien commun et ont cherché à organiser un dialogue entre foi, raison et politique.

Une reconnaissance progressive du fait religieux dans les traités européens :

  1. Le tournant d’Amsterdam (1997) : la première mention explicite
  2. La Charte des droits fondamentaux (2000) : la liberté religieuse garantie
  3. Le Traité de Lisbonne (2007) : institutionnalisation du dialogue avec les religions

Ce dialogue, animé par la Commission européenne, vise à intégrer la dimension éthique et spirituelle dans les politiques de l’Union, notamment sur les questions bioéthiques, sociales ou environnementales.
Ainsi, les religions deviennent des partenaires de la réflexion européenne, non comme autorités spirituelles, mais comme acteurs du débat démocratique.

Comment cela se traduit-il ? quels sont les acteurs religieux partenaires des institutions européennes ?

Publié par Cercle CECI dans Annonces, Cercle CECI, Les contributeurs

Cybersécurité : un bouclier contre les dangers

C’était un événement annoncé depuis plusieurs semaines et fortement attendu…
Forte affluence jeudi soir 6 novembre 2025 au Campus de Kéraudren-UCO à Brest pour as-
sister à la Table ronde organisée par le CECI sur le thème de la cybersécurité.

Anne Houtman, ancienne cheffe de la représentation en France de la Commission euro-
péenne, spécialiste des questions énergétiques, et Grégory Karwa, expert en cybersécurité
au groupe Crédit Mutuel Arkéa, étaient les invités du CECI pour un débat mené avec brio par
Jean Peeters, professeur à l’Université de Bretagne Sud.

Des citoyens éclairés sont avant tout des citoyens informés : l’expertise des intervenants et
leur complémentarité ont nourri un débat informatif de qualité, à la fois fouillé et pédagogique,
mettant en lumière les défis et les stratégies de protection du citoyen qui loin d’être specta-
teur constitue un maillon important et déterminant de la chaîne de sécurité.

Parce que personne ne peut se protéger seul, la cybersécurité est présente à de multiples ni-
veaux et domaines, pour agir mais surtout prévenir. L’Europe, par la mise en réseaux de res-
sources et de coopérations, joue aussi un rôle essentiel notamment au travers de l’agence
européenne de cybersécurité depuis 2004.

L’échange passionnant entre les intervenants s’est prolongé avec de nombreuses questions
émanant du public diversifié dont une grande part était composée d’étudiants de l’UCO en fi-
lière Science Po.

Rendez-vous dans quelques semaines pour un second volet, cette fois avec un éclairage sur
le domaine de la Défense.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs

Entre espoirs et déboires : le Pacte Vert européen

Pacte Vert, acte 1 : une forte ambition

Le contexte de l’année 2019 fut déterminant : pression des marches pour le climat et de 2 Initiatives Citoyennes Européennes (ICE) exigeant une législation décourageant l’usage d’énergies fossiles et encourageant les énergies renouvelables ; demande de 8 États-membres (EM), dont la France, de consacrer 25% (au lieu de 20%) du budget européen à l’action climatique ; vote d’un état d’urgence climatique par un Parlement européen à forte composante écologiste.
La Commission européenne se devait donc d’être ambitieuse. Son Pacte Vert, publié en décembre 2019, propose une Stratégie de croissance verte, faisant de l’UE le premier continent à zéro-émissions nettes de GES en 2050, avec un objectif intermédiaire de 55% d’émissions nettes pour 2030. Il touche un large spectre d’activités, se déclinant en 8 domaines : marché carbone, énergie propre, transports durables, zéro pollution, économie circulaire, rénovation énergétique des bâtiments, stratégie agricole et alimentaire, stratégie biodiversité.
Un arsenal législatif et budgétaire massif se met en place avec 7 mesures-phares :

  1. Amélioration du marché carbone : Le Système d’échange de quotas d’émissions entre les entreprises industrielles (SEQE) se voit ouvert à de nouveaux secteurs : bâtiment, transports maritime et routier, carburants. On l’aligne avec la politique commerciale à travers un Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) qui assurera une concurrence loyale aux entreprises européennes : les exportateurs vers l’UE paieront un certificat d’émissions rendant leur prix similaire à celui du même produit conçu à l’intérieur du marché unique. S’il vient à bout de difficultés diplomatiques (mesures de rétorsion) et techniques (les entreprises doivent fournir l’intensité carbone de leurs produits), le MACF, entre 2023 et 2030, rapportera 10 milliards (Mds) d’€ par an au budget européen.
  2. Mobilité durable : des normes plus strictes d’émissions de CO2 pour les poids lourds et les bus ainsi que pour l’incorporation de carburants alternatifs dans les secteurs maritime et aérien sont établies. Surtout, on interdira  la vente des véhicules thermiques neufs à partir de 2035.
  3. Stratégie agricole et alimentaire, dite « De la ferme à la table » fixant des objectifs 2030 très ambitieux : ‑50% d’usage des pesticides, ‑20% d’usage des fertilisants azotés, 25% de la surface agricole en bio (10,5% actuellement) et proposition-cadre sur la transition alimentaire.
  4. « Vague de Rénovations » : elle propose de rénover d’ici 2030, 35 millions de bâtiments inefficaces au plan énergétique. L’action contribuera à la création d’emplois, à la santé et à la lutte contre la précarité énergétique.
  5. Stratégie de finance durable : elle vise à réorienter les capitaux vers des investissements « verts ». Elle définit une taxonomie qui établit les critères qu’une activité économique doit remplir pour être considérée comme durable et recevoir des financements. Et elle impose un devoir de vigilance et de responsabilité aux entreprises : la directive Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en particulier, exige la publication d’informations sur l’impact environnemental et social de leurs activités.
  6. Deux instruments accompagnent les entreprises et les ménages dans une logique de justice territoriale et sociale : un Fonds de transition juste (17,5 Mds d’€ pour 2021–2027) atténue les répercussions négatives sur l’emploi de la décarbonation de l’économie locale (réhabilitation de sites industriels, reconversion des salariés) en ciblant les secteurs industriels les plus émetteurs, avec, en France, 6 régions concernées ; un Fonds social pour le climat (87 Mds d’€) accompagne les ménages les plus vulnérables via le financement de dispositifs d’aide tels que le bonus écologique à l’achat d’un véhicule électrique ou le chèque énergie.
  7. Renforcement des financements à 3 niveaux :
    1. 30% du budget 2021–2027 de l’UE (soit 320 Mds) sont consacrés au climat ;
    2. 37% du budget du Plan de relance économique « NextGenerationEU » (soit 280 Mds), faisant suite à la crise sanitaire, sont consacrés à la transition écologique ;
    3. avec la transformation, en 2020, de la Banque européenne d’investissements (BEI) en Banque pour le climat, ses prêts dédiés aux gros projets d’équipements de transition verte passent de 18 Mds en 2019 à 30 Mds en 2020. Et elle double le financement de l’adaptation au changement climatique pour le porter à 30 Mds en 2030.

Pacte Vert, acte 2 : un détricotage

La guerre en Ukraine éclate en février 2022, entraînant une crise de souveraineté énergétique et une interrogation sur les capacités de défense qui deviendront vite les priorités de l’UE.
En mai 2023, la France, vite rejointe par 8 ÉM, appelle là « une pause règlementaire » quant aux normes environnementales. Le patronat impute la baisse de compétitivité de l’UE (analysée par le rapport Draghi) au fait que le Pacte est allé trop loin, soulignant que les investissements européens se détournent vers les pays disposant de normes environnementales moins contraignantes.
Avec le retour au pouvoir de Donald Trump, la charge redouble et les appels à déréguler se font plus pressants.

Ainsi, alors qu’une petite moitié des textes prévus ont été adoptés, la Commission cède à la pression et enclenche la marche en arrière sur l’environnement et le climat. La plupart des textes-clés sont reportés, rejetés ou vidés de leur substance. C’est l’objet d’un train de simplification, appelé « Omnibus », enclenché par l’UE début 2025 et composé de 6 paquets législatifs successifs, dont les principaux concernent : l’abandon des objectifs de réduction de l’usage des pesticides et de développement de l’agriculture biologique ; des mesures de flexibilité et un report de la décision concernant l’interdiction de vente des véhicules thermiques à partir de fin 2035 ; une  édulcoration et un report de 2 ans de la directive sur le devoir d’information des entreprises (CSRD).

Plus regrettable encore est l’affaiblissement du leadership européen en matière de diplomatie climatique. Alors qu’en 2015, les ÉM faisaient front uni pour l’Accord de Paris sur le climat, leur profond clivage les a empêchés de présenter un objectif intermédiaire (2040) commun de décarbonation lors de la COP 30 qui s’annonce au Brésil. Bon nombre d’entre eux se sont opposés à la proposition de la Commission, consistant à réduire les émissions des GES de 90% d’ici 2040. Et la France en faisait malheureusement partie.

Pacte Vert, acte 3 : la voie du salut ?

L’heure est aujourd’hui à un triptyque « climat-compétitivité-autonomie économique », que symbolise le Pacte pour une industrie propre, proposé par le commissaire français Stéphane Séjourné en février 2025. Il constituera le nouveau volet industriel de décarbonation du Pacte Vert et mobilisera 100 Mds d’€. Il libérera l’investissement en faveur de l’innovation, rendra l’UE plus autonome en produits stratégiques et accentuera les plans de reconversion des secteurs et territoires les plus vulnérables.

Pour réussir cette nouvelle phase du Pacte Vert, l’UE devra affronter des vents contraires : contexte international avec l’offensive chinoise sur les technologies vertes et la guerre commerciale imposée par les États-Unis ; profondes divisions entre ÉM ; forces politiques national-populistes et d’extrême-droite anti-Pacte, au sein du Parlement européen ; coût de conversion trop élevé dans les TPE et les PME, très nombreuses dans l’UE ; obstination des ÉM « fourmis » à limiter le budget du cadre financier 2028–2034 dont les négociations commencent ; et surtout, réticences des citoyens européens à s’approprier un processus dont les objectifs sont partagés mais dont la trajectoire est souvent rejetée car trop contraire aux modes de vie et considérée comme injuste (malgré les efforts du Pacte dans ce domaine). Il y a là une pédagogie à effectuer dans les ÉM, en particulier sur le lien entre climat, économie et santé.

C’est l’une des facettes du fameux sursaut européen dont nous avons tant besoin.

Publié par Patrick Salez dans CECI dit, Les contributeurs, Patrick Salez

Le CECI aux Erasmus days du Lycée La Croix Rouge La Salle à Brest

Dans le cadre de la semaine « Erasmus Days » et de leur premier thème d’année consacré à la démocratie, les élèves de Première ayant la spécialité HGGSP avec Mme Thomas se sont vu proposer des activités en lien avec l’Europe.

Ils ont reçu le 17 octobre Emmanuel Morucci, professeur, conférencier membre de la Team Europe et président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités (CECI).

M. Morucci est revenu avec eux sur les origines de la construction européenne, sur le fonctionnement de ses institutions ainsi que sur les grands défis à venir. Cette intervention a ensuite été suivie de plusieurs questions de la part des élèves.

Cette interventions aura contribué à leur faire comprendre les valeurs constitutives de l’Union européenne.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs

Les Erasmus days à Cléder et Saint-Pol-de-Léon

Les collèges Sainte-Ursule (SU) et Notre-Dame d’Espérance (NDE) de l’Ensemble scolaire du Kreisker ont organisé une conférence captivante jeudi 16 octobre, entièrement dédiée à la citoyenneté européenne et au sentiment d’appartenance. Les 3es ont eu le privilège d’assister à cet échange enrichissant pendant 50 minutes.

L’intervenant de marque était Monsieur Emmanuel Morucci, président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités (CECI), conférencier pour la Commission Européenne et membre du réseau Team Europe France.

L’objectif principal de sa présentation était de sensibiliser les jeunes à leur rôle en tant que citoyens européens, en insistant sur l’importance d’une identité et d’une cohésion au-delà des frontières nationales.

Cette conférence intervient à un moment clé pour les 3es de NDE qui se préparent à une immersion européenne concrète et passionnante : ils partiront aux Pays-Bas, à Tilburg, dans le cadre de leur programme Erasmus, juste avant les vacances de février.

Cet échange culturel et éducatif promet d’être un point culminant de leur scolarité et prolongera les thèmes abordés lors de la conférence, en leur permettant de vivre pleinement le sentiment d’appartenance à l’Union européenne. L’événement a été une belle réussite et une excellente préparation à leur futur voyage.

Un grand merci à Monsieur MORUCCI pour son intervention auprès de nos 3es.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs