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La place des religions dans le projet européen et dans les traités

La Maison de l’Europe de la Seine-Maritime a organisé un dîner-débat sur le thème « La place des religions dans le projet européen et dans les traités » ce mercredi 26 novembre 2025 avec Monsieur Emmanuel Morucci, docteur en sociologie, conférencier pour la commission européenne, membre du Team Europe-France et Président du CECI .

L’article 17 du TFUE offre une base juridique pour intégrer les perspectives religieuses et philosophiques dans les décisions de l’UE, reflétant ainsi une approche inclusive et respectueuse de la diversité des valeurs au sein de l’Union.

Le dîner-débat a porté sur la manière dont le fait religieux s’inscrit dans la construction européenne. Bien que les traités fondateurs ne mentionnent pas explicitement la religion, celle-ci a toujours influencé le projet européen.
Avec le temps, l’Union européenne a progressivement reconnu l’apport des traditions religieuses au bien commun.
Les institutions européennes en particulier la Commission ont mis en place un dialogue structuré avec les organisations religieuses. Ce dialogue vise à intégrer une dimension éthique et spirituelle dans l’élaboration des politiques européennes, notamment dans les domaines bioéthique, social et environnemental.
Les religions y interviennent non comme autorités spirituelles, mais comme acteurs du débat démocratique, au même titre que d’autres composantes de la société civile.

La conférence a également abordé les questions suivantes :
Comment ce dialogue est-il organisé concrètement ?
Quels sont les acteurs religieux qui participent à ce travail avec les institutions européennes ?

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Pluie et beau temps : quelle coopération européenne en météorologie ?

Combien de satellites météorologiques au-dessus de nos têtes avec quelles infrastructures pour nous prévoir précipitations et anticyclones ?
À la clé, des prévisions de plus en plus fiables puisque en 10 ans nous avons gagné un jour de prévision.

Derrière tout cela, des programmes de coopération entre États européens intelligemment organisés à l’image du CEPMMT, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme dont Philippe Bougeault, directeur de 2003 à 2009 a présenté avec force détails le fonctionnement.

Une conférence de qualité présentée à Guipavas le 19 novembre, pour découvrir dans ce domaine comment l’Europe est présente dans la vie des citoyens au quotidien.

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Conférence le 26 novembre au Havre

Voici le thème de l’intervention d’Emmanuel Morucci lors d’un dîner-débat organisé par la Maison de l’Europe de Seine-Maritime le 26 novembre 2025.

Place des religions dans le projet européen et dans les traités.

La prise en compte des religions dans la construction européenne et la place des phénomènes religieux dans l’Union européenne est une réalité méconnue voire occultée.
Si les traités fondateurs n’évoquent pas directement la religion, le fait religieux n’a jamais été absent du projet européen. Au fil du temps, les institutions de l’Union européenne ont progressivement reconnu la contribution des traditions religieuses au bien commun et ont cherché à organiser un dialogue entre foi, raison et politique.

Une reconnaissance progressive du fait religieux dans les traités européens :

  1. Le tournant d’Amsterdam (1997) : la première mention explicite
  2. La Charte des droits fondamentaux (2000) : la liberté religieuse garantie
  3. Le Traité de Lisbonne (2007) : institutionnalisation du dialogue avec les religions

Ce dialogue, animé par la Commission européenne, vise à intégrer la dimension éthique et spirituelle dans les politiques de l’Union, notamment sur les questions bioéthiques, sociales ou environnementales.
Ainsi, les religions deviennent des partenaires de la réflexion européenne, non comme autorités spirituelles, mais comme acteurs du débat démocratique.

Comment cela se traduit-il ? quels sont les acteurs religieux partenaires des institutions européennes ?

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Cybersécurité : un bouclier contre les dangers

C’était un événement annoncé depuis plusieurs semaines et fortement attendu…
Forte affluence jeudi soir 6 novembre 2025 au Campus de Kéraudren-UCO à Brest pour as-
sister à la Table ronde organisée par le CECI sur le thème de la cybersécurité.

Anne Houtman, ancienne cheffe de la représentation en France de la Commission euro-
péenne, spécialiste des questions énergétiques, et Grégory Karwa, expert en cybersécurité
au groupe Crédit Mutuel Arkéa, étaient les invités du CECI pour un débat mené avec brio par
Jean Peeters, professeur à l’Université de Bretagne Sud.

Des citoyens éclairés sont avant tout des citoyens informés : l’expertise des intervenants et
leur complémentarité ont nourri un débat informatif de qualité, à la fois fouillé et pédagogique,
mettant en lumière les défis et les stratégies de protection du citoyen qui loin d’être specta-
teur constitue un maillon important et déterminant de la chaîne de sécurité.

Parce que personne ne peut se protéger seul, la cybersécurité est présente à de multiples ni-
veaux et domaines, pour agir mais surtout prévenir. L’Europe, par la mise en réseaux de res-
sources et de coopérations, joue aussi un rôle essentiel notamment au travers de l’agence
européenne de cybersécurité depuis 2004.

L’échange passionnant entre les intervenants s’est prolongé avec de nombreuses questions
émanant du public diversifié dont une grande part était composée d’étudiants de l’UCO en fi-
lière Science Po.

Rendez-vous dans quelques semaines pour un second volet, cette fois avec un éclairage sur
le domaine de la Défense.

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Entre espoirs et déboires : le Pacte Vert européen

Pacte Vert, acte 1 : une forte ambition

Le contexte de l’année 2019 fut déterminant : pression des marches pour le climat et de 2 Initiatives Citoyennes Européennes (ICE) exigeant une législation décourageant l’usage d’énergies fossiles et encourageant les énergies renouvelables ; demande de 8 États-membres (EM), dont la France, de consacrer 25% (au lieu de 20%) du budget européen à l’action climatique ; vote d’un état d’urgence climatique par un Parlement européen à forte composante écologiste.
La Commission européenne se devait donc d’être ambitieuse. Son Pacte Vert, publié en décembre 2019, propose une Stratégie de croissance verte, faisant de l’UE le premier continent à zéro-émissions nettes de GES en 2050, avec un objectif intermédiaire de 55% d’émissions nettes pour 2030. Il touche un large spectre d’activités, se déclinant en 8 domaines : marché carbone, énergie propre, transports durables, zéro pollution, économie circulaire, rénovation énergétique des bâtiments, stratégie agricole et alimentaire, stratégie biodiversité.
Un arsenal législatif et budgétaire massif se met en place avec 7 mesures-phares :

  1. Amélioration du marché carbone : Le Système d’échange de quotas d’émissions entre les entreprises industrielles (SEQE) se voit ouvert à de nouveaux secteurs : bâtiment, transports maritime et routier, carburants. On l’aligne avec la politique commerciale à travers un Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) qui assurera une concurrence loyale aux entreprises européennes : les exportateurs vers l’UE paieront un certificat d’émissions rendant leur prix similaire à celui du même produit conçu à l’intérieur du marché unique. S’il vient à bout de difficultés diplomatiques (mesures de rétorsion) et techniques (les entreprises doivent fournir l’intensité carbone de leurs produits), le MACF, entre 2023 et 2030, rapportera 10 milliards (Mds) d’€ par an au budget européen.
  2. Mobilité durable : des normes plus strictes d’émissions de CO2 pour les poids lourds et les bus ainsi que pour l’incorporation de carburants alternatifs dans les secteurs maritime et aérien sont établies. Surtout, on interdira  la vente des véhicules thermiques neufs à partir de 2035.
  3. Stratégie agricole et alimentaire, dite « De la ferme à la table » fixant des objectifs 2030 très ambitieux : ‑50% d’usage des pesticides, ‑20% d’usage des fertilisants azotés, 25% de la surface agricole en bio (10,5% actuellement) et proposition-cadre sur la transition alimentaire.
  4. « Vague de Rénovations » : elle propose de rénover d’ici 2030, 35 millions de bâtiments inefficaces au plan énergétique. L’action contribuera à la création d’emplois, à la santé et à la lutte contre la précarité énergétique.
  5. Stratégie de finance durable : elle vise à réorienter les capitaux vers des investissements « verts ». Elle définit une taxonomie qui établit les critères qu’une activité économique doit remplir pour être considérée comme durable et recevoir des financements. Et elle impose un devoir de vigilance et de responsabilité aux entreprises : la directive Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), en particulier, exige la publication d’informations sur l’impact environnemental et social de leurs activités.
  6. Deux instruments accompagnent les entreprises et les ménages dans une logique de justice territoriale et sociale : un Fonds de transition juste (17,5 Mds d’€ pour 2021–2027) atténue les répercussions négatives sur l’emploi de la décarbonation de l’économie locale (réhabilitation de sites industriels, reconversion des salariés) en ciblant les secteurs industriels les plus émetteurs, avec, en France, 6 régions concernées ; un Fonds social pour le climat (87 Mds d’€) accompagne les ménages les plus vulnérables via le financement de dispositifs d’aide tels que le bonus écologique à l’achat d’un véhicule électrique ou le chèque énergie.
  7. Renforcement des financements à 3 niveaux :
    1. 30% du budget 2021–2027 de l’UE (soit 320 Mds) sont consacrés au climat ;
    2. 37% du budget du Plan de relance économique « NextGenerationEU » (soit 280 Mds), faisant suite à la crise sanitaire, sont consacrés à la transition écologique ;
    3. avec la transformation, en 2020, de la Banque européenne d’investissements (BEI) en Banque pour le climat, ses prêts dédiés aux gros projets d’équipements de transition verte passent de 18 Mds en 2019 à 30 Mds en 2020. Et elle double le financement de l’adaptation au changement climatique pour le porter à 30 Mds en 2030.

Pacte Vert, acte 2 : un détricotage

La guerre en Ukraine éclate en février 2022, entraînant une crise de souveraineté énergétique et une interrogation sur les capacités de défense qui deviendront vite les priorités de l’UE.
En mai 2023, la France, vite rejointe par 8 ÉM, appelle là « une pause règlementaire » quant aux normes environnementales. Le patronat impute la baisse de compétitivité de l’UE (analysée par le rapport Draghi) au fait que le Pacte est allé trop loin, soulignant que les investissements européens se détournent vers les pays disposant de normes environnementales moins contraignantes.
Avec le retour au pouvoir de Donald Trump, la charge redouble et les appels à déréguler se font plus pressants.

Ainsi, alors qu’une petite moitié des textes prévus ont été adoptés, la Commission cède à la pression et enclenche la marche en arrière sur l’environnement et le climat. La plupart des textes-clés sont reportés, rejetés ou vidés de leur substance. C’est l’objet d’un train de simplification, appelé « Omnibus », enclenché par l’UE début 2025 et composé de 6 paquets législatifs successifs, dont les principaux concernent : l’abandon des objectifs de réduction de l’usage des pesticides et de développement de l’agriculture biologique ; des mesures de flexibilité et un report de la décision concernant l’interdiction de vente des véhicules thermiques à partir de fin 2035 ; une  édulcoration et un report de 2 ans de la directive sur le devoir d’information des entreprises (CSRD).

Plus regrettable encore est l’affaiblissement du leadership européen en matière de diplomatie climatique. Alors qu’en 2015, les ÉM faisaient front uni pour l’Accord de Paris sur le climat, leur profond clivage les a empêchés de présenter un objectif intermédiaire (2040) commun de décarbonation lors de la COP 30 qui s’annonce au Brésil. Bon nombre d’entre eux se sont opposés à la proposition de la Commission, consistant à réduire les émissions des GES de 90% d’ici 2040. Et la France en faisait malheureusement partie.

Pacte Vert, acte 3 : la voie du salut ?

L’heure est aujourd’hui à un triptyque « climat-compétitivité-autonomie économique », que symbolise le Pacte pour une industrie propre, proposé par le commissaire français Stéphane Séjourné en février 2025. Il constituera le nouveau volet industriel de décarbonation du Pacte Vert et mobilisera 100 Mds d’€. Il libérera l’investissement en faveur de l’innovation, rendra l’UE plus autonome en produits stratégiques et accentuera les plans de reconversion des secteurs et territoires les plus vulnérables.

Pour réussir cette nouvelle phase du Pacte Vert, l’UE devra affronter des vents contraires : contexte international avec l’offensive chinoise sur les technologies vertes et la guerre commerciale imposée par les États-Unis ; profondes divisions entre ÉM ; forces politiques national-populistes et d’extrême-droite anti-Pacte, au sein du Parlement européen ; coût de conversion trop élevé dans les TPE et les PME, très nombreuses dans l’UE ; obstination des ÉM « fourmis » à limiter le budget du cadre financier 2028–2034 dont les négociations commencent ; et surtout, réticences des citoyens européens à s’approprier un processus dont les objectifs sont partagés mais dont la trajectoire est souvent rejetée car trop contraire aux modes de vie et considérée comme injuste (malgré les efforts du Pacte dans ce domaine). Il y a là une pédagogie à effectuer dans les ÉM, en particulier sur le lien entre climat, économie et santé.

C’est l’une des facettes du fameux sursaut européen dont nous avons tant besoin.

Publié par Patrick Salez dans CECI dit, Les contributeurs, Patrick Salez, 2 commentaires

Le CECI aux Erasmus days du Lycée La Croix Rouge La Salle à Brest

Dans le cadre de la semaine « Erasmus Days » et de leur premier thème d’année consacré à la démocratie, les élèves de Première ayant la spécialité HGGSP avec Mme Thomas se sont vu proposer des activités en lien avec l’Europe.

Ils ont reçu le 17 octobre Emmanuel Morucci, professeur, conférencier membre de la Team Europe et président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités (CECI).

M. Morucci est revenu avec eux sur les origines de la construction européenne, sur le fonctionnement de ses institutions ainsi que sur les grands défis à venir. Cette intervention a ensuite été suivie de plusieurs questions de la part des élèves.

Cette interventions aura contribué à leur faire comprendre les valeurs constitutives de l’Union européenne.

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Les Erasmus days à Cléder et Saint-Pol-de-Léon

Les collèges Sainte-Ursule (SU) et Notre-Dame d’Espérance (NDE) de l’Ensemble scolaire du Kreisker ont organisé une conférence captivante jeudi 16 octobre, entièrement dédiée à la citoyenneté européenne et au sentiment d’appartenance. Les 3es ont eu le privilège d’assister à cet échange enrichissant pendant 50 minutes.

L’intervenant de marque était Monsieur Emmanuel Morucci, président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités (CECI), conférencier pour la Commission Européenne et membre du réseau Team Europe France.

L’objectif principal de sa présentation était de sensibiliser les jeunes à leur rôle en tant que citoyens européens, en insistant sur l’importance d’une identité et d’une cohésion au-delà des frontières nationales.

Cette conférence intervient à un moment clé pour les 3es de NDE qui se préparent à une immersion européenne concrète et passionnante : ils partiront aux Pays-Bas, à Tilburg, dans le cadre de leur programme Erasmus, juste avant les vacances de février.

Cet échange culturel et éducatif promet d’être un point culminant de leur scolarité et prolongera les thèmes abordés lors de la conférence, en leur permettant de vivre pleinement le sentiment d’appartenance à l’Union européenne. L’événement a été une belle réussite et une excellente préparation à leur futur voyage.

Un grand merci à Monsieur MORUCCI pour son intervention auprès de nos 3es.

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Quand les identités révèlent une riche palette culturelle

« Identités, de la Bretagne à l’Europe »,
c’était le thème de la conférence donnée par Jean-Michel Le Boulanger, ancien enseignant-chercheur à l’Université de Bretagne-sud et 1er vice-président de la Région Bretagne, ce 9 octobre à Quimper.

Pleine réussite pour ce premier événement organisé dans le Sud-Finistère par le CECI, dans la Maison du Département.

Sentiment d’appartenance et terroir, altérité et complexité, langues et récit national, symboles et identités plurielles… autant d’ingrédients qui ont composé le propos du président des Étonnants voyageurs et que le public mobilisé a pu prolonger au cours d’un riche échange culturel.
Un regard aiguisé sur l’articulation des composantes qui nous construisent.

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Réunion de travail le 8 octobre

Réunion de travail en ce 8 octobre pour l’équipe du CECI mobilisée pour constituer les 20 groupes à partir des quelques 460 inscriptions reçues.

Dans quelques jours, les écoles recevront la liste des écoles partenaires de leur groupe.
Un projet qui s’étend de plus en plus au fil des années…

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De petits pas en petits pas…

On ne l’a pas remarqué, ou si peu, dans le flux des informations liées notamment aux événements en Ukraine et à ce qui s’y rattache, mais une nouvelle est venue, trop discrètement, prouver que pendant les grandes manœuvres du premier plan, dans les coulisses la gestation de l’Europe se poursuit et se renforce. En effet, la Bulgarie vient d’annoncer qu’elle adoptait officiellement l’euro comme sa devise nationale, au détriment du lev (« le lion »), qui avait cours depuis 1881.

En soi cette décision n’est pas simplement anecdotique : certes, l’arrivée de ce 21e pays dans la famille de l’euro, trois ans après la Croatie, ne bouleversera pas les rapports de force mondiaux ; néanmoins, cette adhésion enthousiaste d’un pays de 6,5 millions d’habitants, pratiquement la taille des Hauts de France, mais qui est aussi le plus pauvre de la famille communautaire, illustre bien les avantages offerts par l’adhésion à un groupe monétaire solide et à une devise de plus en plus appréciée sur les marchés mondiaux, où elle tient la seconde place derrière le dollar, qui depuis des lustres n’est plus convertible en or et qui est de plus en plus contesté à mesure des coups d’éclat de l’actuel occupant de la Maison Blanche.

L’adhésion à la monnaie européenne suppose des réformes en profondeur et un assainissement de l’économie du pays candidat : ce fut pour Sofia comme jadis pour Athènes un véritable chemin de croix, le pays passant pour être le plus pauvre toutes proportions gardées dans la famille bruxelloise. Mais l’effort soutenu des dirigeants, le zèle des administrations spécialisées et l’enthousiasme des entreprises et de l’opinion publique devant semblable opportunité sont un événement pour les citoyens et les décideurs, publics autant qu’entrepreneuriaux, de ce pays discret et qui, comme ses comparses de l’ancien Comecon, cherche toutes les opportunités pour se détacher un peu plus encore de l’influence russe, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’a pas laissé que de bons souvenirs !

La devise européenne grignote ainsi, année après année, des adeptes nouveaux et des arguments supplémentaires pour mieux asseoir son rayonnement. Y adhérer suppose une économie en bon état de marche, des finances publiques saines et clairement gérées, une réelle transparence dans les transactions et plus encore dans les réglementations. Il ne suffit pas d’être candidat pour être accepté, mais, comme toujours en matière d’institutions européennes, l’adhésion est le fruit d’une rencontre et le point de départ d’un renouveau, d’une pratique plus encadrée mais pas pour autant enserrée dans des réglementations corsetant le dynamisme. Il est même possible d’adopter l’euro sans être pays membre de l’Union, comme le montre le Kosovo, au statut encore balbutiant et qui, précédemment, utilisait le mark allemand. Aujourd’hui, il utilise la devise de l’Union sans être, pour le moment du moins, membre du système ni pays adhérent.

Il reste certes encore des pas à franchir pour rassembler la totalité des Vingt sept pays membres, et éventuellement d’autres candidats apparentés : ce sera délicat au Danemark et en Suède où des référendums ont conduit à rejeter cette éventualité il y a maintenant une quinzaine d’années, mais entretemps les données ont changé et la crédibilité évidente de la devise nouvelle est de nature à récuser bien des réticences. Et il reste quelques « gros » candidats potentiels au premier rang desquels la Pologne, dont on sait que l’équilibre politique reste aléatoire entre pro-européens et eurosceptiques regroupés autour du PIS et du Président de la République nouvellement élu. Le temps et le réalisme finiront bien par convaincre plus sûrement que les grands débats. L’euro n’est pas une carte de visite, il est une carte d’identité. Et de ce point de vue, les réticences s’estompent avec l’usage. Et puis, comme le dit si bien l’adage populaire, Rome, ville sainte des Traités, n’a pas été construite en un jour…

Publié par Philippe Tabary dans CECI dit, Les contributeurs, Philippe Tabary, 2 commentaires