Les contributeurs

Les premiers 100 jours de Merz

100 jours Merz = 100 jours « Tu n’as aucune chance, mais saisis-la ! »
Le 15 mars, soit près de deux mois avant l’élection du chancelier, j’avais écrit que Friedrich Merz se trouvait désormais face au « nœud gordien » de la politique allemande et européenne1. Les 100 premiers jours de son mandat ont montré que cette estimation était juste ; mais pire encore : ses premières tentatives pour dénouer le nœud n’ont pas abouti à une résolution, mais seulement à davantage de confusion. Il n’en reste pas moins que nous devons lui souhaiter, ainsi qu’à son équipe, beaucoup de succès, car sinon, le pire nous menace !

Pendant la campagne électorale, Friedrich Merz et son équipe avaient justement accordé une grande importance aux 100 premiers jours et promis haut et fort que les premières améliorations seraient déjà perceptibles avant la pause estivale, tant dans la politique migratoire que dans l’économie.

Or, la coalition, et en particulier Alexander Dobrindt, le nouveau ministre de l’Intérieur de la CSU, a mis en place des contrôles aux frontières nettement plus stricts en matière de politique migratoire, qui ont conduit à 9 254 refoulements entre mai et août, dont 493 personnes qui souhaitaient déposer une demande d’asile. cependant, ces refoulements sont juridiquement contestables et pèsent considérablement sur les relations germano-polonaises, ce qui, compte tenu des fortes tensions internes en Pologne2, n’est pas forcément à l’avantage de l’Allemagne et de l’Europe.

Alexander Dobrindt s’étant déjà distingué par ses erreurs d’appréciation flagrantes du droit européen dans le cadre de ses anciennes fonctions de ministre fédéral des Transports (2013−2017)3, ses affirmations selon lesquelles les mesures sont conformes au droit européen ne sont pas prises très au sérieux. Étant donné que l’augmentation significative des dépenses de personnel des autorités allemandes (garde-frontières, police, etc.) a déjà entraîné des coûts supplémentaires de plus de 80 millions d’euros depuis mai, on peut se demander ce qu’il serait possible de faire si autant d’argent était investi dans des mesures d’intégration (cours de langue et d’intégration, reconnaissance professionnelle, etc.) ?
Car trois points sont clairs :

  1. l’Allemagne a besoin de plus d’immigration, et non moins,
  2. les migrants que nous voulons n’arrivent pas ; ceux qui arrivent, nous ne les voulons pas4
  3. la prévision selon laquelle une politique frontalière plus stricte réduirait les taux d’approbation de l’AfD ne se confirme pas ; selon les chiffres actuels (début août), les taux de la CDU/CSU baissent et ceux de l’AfD augmentent5, ce qui accroît la pression interne sur Merz au sein du parti.

Un autre problème réside dans le fait que Friedrich Merz n’est pas et ne souhaite pas être un « artisan du pouvoir », mais qu’il n’a encore trouvé personne pour accomplir ce travail en coulisses de manière propre et ordonnée. Jens Spahn, qui, dans la démocratie parlementaire allemande, devrait organiser les majorités pour Friedrich Merz en tant que président du groupe CDU/CSU au Bundestag, n’y est pas parvenu à deux moments décisifs : lors de l’élection du chancelier, qui n’a abouti qu’au deuxième tour, et lors de l’élection des juges à la Cour constitutionnelle fédérale, qui a dû être annulée à la dernière minute, alors que Merz et Spahn avaient déjà publiquement approuvé les propositions du SPD. On ne sait pas si Jens Spahn, qui rêve lui-même de devenir chancelier, est réellement disposé et capable d’assumer la fonction de service de président de groupe parlementaire, ce qui affaiblit son autorité. De plus, il doit encore faire face à de nombreux « héritages » de son mandat de ministre de la Santé, lorsqu’il a commandé de manière discutable des quantités énormes de masques à un prix très élevé, ce qui pèse encore aujourd’hui sur le budget fédéral ; cela ne renforce pas non plus sa position au Bundestag.

Étant donné que le groupe parlementaire SPD actuel au Bundestag est plus « à gauche » et que le groupe CDU/CSU est plus « à droite » qu’à l’époque d’Angela Merkel, il est en principe plus difficile de trouver des compromis viables. Logiquement, l’AfD tente d’élargir le fossé entre la gauche du SPD et la droite de la CDU/CSU en présentant des motions « alléchantes », dans l’espoir que certains membres de la CDU/CSU, frustrés par les compromis douloureux avec le SPD, préfèrent voter avec l’AfD. Les thèmes souvent qualifiés de « Kulturkampf6 » (lutte culturelle) en Allemagne : questions de genre, réglementation de l’avortement, politique identitaire, … s’y prêtent particulièrement bien, car elles peuvent rapidement susciter des émotions et conduire à la formation de fronts. Et il n’y a qu’un faible espoir que les Verts, le FDP ou le BSW puissent occuper le « vide » qui s’est créé au « centre politique » et ainsi combler le fossé avec des alternatives démocratiques.

Compte tenu du « nouveau changement structurel de l’opinion politique publique7 » lié à l’émergence des réseaux sociaux et des campagnes menées via ces derniers avec des fausses informations diffusées par e‑mail, des attaques de harcèlement, des appels téléphoniques coordonnés aux députés, voire des menaces de mort à l’encontre de personnes indésirables, il devient de plus en plus difficile de défendre et de promouvoir en public des thèses factuelles et ouvertes au compromis. Le débat actuel autour de la proposition du SPD de nommer une juge à la Cour constitutionnelle fédérale en est une illustration, tout comme certaines campagnes à plus petite échelle8. Le fait que ces campagnes soient en partie organisées à l’échelle européenne via des plateformes Internet dédiées ne rend pas le problème moins important, mais plus difficile à résoudre, car il n’existe pas encore de société civile européenne capable d’y répondre de manière appropriée. Et le fait que cela permette également de développer des structures pour une opinion publique européenne n’est qu’une maigre consolation.

Cette opinion publique restructurée rendra également la gouvernance plus difficile, voire impossible, à l”« automne des décisions ». Au cours du second semestre, des décisions importantes concernant la réforme des assurances sociales (retraites, santé, soins) devront être prises, ce qui nécessitera des compromis douloureux. Les débats à ce sujet peuvent facilement « s’enflammer », de sorte qu’il sera difficile de trouver des solutions objectives et tournées vers l’avenir. Et Friedrich Merz, qui aime se présenter comme un « homme d’action », ne s’est pas encore distingué par son attitude sensible et habile en public.

À cela s’ajoute le fait que la reprise promise n’est toujours pas en vue, bien que la coalition ait annoncé et déjà partiellement mis en œuvre un plan d’assainissement conservateur à néolibéral (baisse des impôts sur les sociétés, réduction des prestations sociales). Cependant, les droits de douane imposés par Trump et – presque inaperçus – son influence sur le cours du dollar américain annulent les avantages fiscaux accordés aux entreprises, de sorte que, pour l’instant, la reprise et, par conséquent, une détente du budget fédéral et des caisses sociales se font attendre. L’alternative, qui consiste à supprimer les barrières commerciales encore existantes dans l’UE, qui représenteraient jusqu’à 40 %, semble intéressante, mais elle entraînerait des conflits avec les représentants de divers secteurs allemands.
Le coût de la guerre en Ukraine et les négociations à venir sur le prochain budget de l’UE constituent d’autres facteurs de risque pour Friedrich Merz et sa coalition. En effet, à Bruxelles, les appels en faveur d’un financement commun de la dette pour la défense et la transition climatique de l’économie européenne se font de plus en plus pressants et suscitent de vifs débats au sein et entre les partis de la coalition. Et ce débat peut lui aussi être facilement polarisé et scandalisé avec le slogan « trésorier de l’Europe ».

Le conflit israélo-palestinien et la situation catastrophique à Gaza exigent de l’Allemagne et de Friedrich Merz des décisions difficiles et, compte tenu de l’histoire allemande d’une part et de la situation catastrophique d’autre part, des corrections douloureuses de la politique allemande actuelle envers Israël, ce qui suscite surtout la contradiction chez les représentants de la CDU, tandis que certains membres du SPD réclament des corrections encore plus importantes.

En bref : en référence au vieil adage footballistique « Le prochain match est toujours le plus difficile ! », on pourrait dire : « Les 100 prochains jours sont les plus difficiles ! ».

1 Voir à cette page

2 Certains commentateurs politiques vont même jusqu'à affirmer que les refoulements allemands à la frontière polonaise ont coûté des dixièmes de points décisifs au Premier ministre Tusk et à son candidat à la présidence, conduisant ainsi à la victoire du candidat du PiS.

3 Dobrindt avait lancé le projet d'un « péage pour les étrangers » et affirmé à plusieurs reprises que le fait de faire payer ce péage uniquement aux automobilistes étrangers et de rembourser les coûts aux automobilistes allemands par le biais d'avantages fiscaux sur les véhicules ne violait pas le droit européen. cela a permis à la CSU d'obtenir un très bon résultat aux élections fédérales de 2013 et a entraîné des coûts élevés pour les citoyens allemands afin d'indemniser les entreprises déjà mandatées par le successeur de Dobrindt.

4 Il serait important de clarifier si et comment a) et b) sont liés

5 Les scores de la CDU/CSU sont en baisse depuis le début de l'année et depuis que Friedrich Merz a admis que les voix de l'AfD pourraient être décisives pour un projet de son parti ; alors que la CDU/CSU affichait jusqu'alors des scores avoisinant les 30 %, elle n'a obtenu que 28 % des voix aux élections fédérales et se situe désormais à 26 %, tandis que l'AfD atteint 24,5 % ; certains instituts de sondage placent même l'AfD légèrement devant la CDU/CSU.

6 Le terme « Kulturkampf » (lutte culturelle) remonte à la période fondatrice de l'Empire allemand (années 1870), lorsque Bismarck qualifia le SPD et les catholiques d'« ennemis de l'Empire », les uns parce qu'ils réclamaient la démocratie, les autres parce qu'ils étaient, après l'adoption du dogme de l'infaillibilité du Concile Vatican I, très controversé dans le catholicisme allemand, contrôlés par les « ultramontains » (c'est-à-dire ceux qui vivaient au-delà des montagnes = Rome). Ces deux reproches ont conduit à une division de la société et à la formation d'un « milieu socialiste » et d'un « milieu catholique » dotés de leurs propres structures sociales (écoles, associations, partis, syndicats, etc.).

7 Jürgen Habermas: Ein neuer Strukturwandel der Öffentlichkeit. – Frankfurt/Main 2022 (= Un nouveau changement structurel de l’espace politique publique)

8 Par exemple contre la présidente démocratiquement élue des Scouts et Guides de France : https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/08/06/scouts-et-guides-de-france-la-presidente-marine-rosset-annonce-sa-demission_6627119_3224.html (14 août 2025)

Publié par Alfons Scholten dans Alfons Scholten, CECI dit, Les contributeurs, 0 commentaire

European Christmas Tree Decoration Exchange 2025

A reminder – What is The European Christmas Tree Decoration Exchange ?

  • A cultural exchange project where primary schoolchildren make Christmas tree decorations to send to other schools across Europe.
  • Pupils send a presentation about how Christmas is celebrated in their community together with their wishes for 2026.
  • Schools send a photograph of their fully decorated tree to CECI

Participating schools are organised into exchange groups of no more than 25. Therefore, each school will send and receive up to 24 decorations from the other schools in their group.

Benefits

For schools : Pupils learn all about the geography of our continent and are introduced to cultural differences and similarities.
ICT and foreign language skills are developed.

Aims

Young people in primary schools learn about other countries in Europe through a creative and fun activity.
Each school learns about their own culture and traditions through making their decorations and putting together an information pack on Christmas in their region and also discovers other European cultures and traditions.
It is hoped that schools will maintain the contacts with those in their groups and continue to work in partnership in the future.

Outcome

Each school should use the decorations they receive from partners to decorate a Christmas tree in a prominent area in their school or local community.
Schools will also receive an information pack from each of their partners to explain how Christmas is celebrated in other European countries.

What you need to do

We are delighted that you have indicated that you would like to be involved again. Remember that you must agree to :

  • Make up to 24 decorations and information packs,
  • Pay the postage to send decorations to up to 24 exchange partners in other European countries,
  • Keep to the strict timetable (below) This is very important!!

In order to confirm your participation you must complete the address information page and send this to CECI by 3rd October.
Registration schools – 2025 – form
Your school can either involve one class or the whole school in this activity – it is entirely up to you.

Planning your European Christmas – Frequently Asked Questions

What type of decoration ?
You should make Christmas tree decorations that are symbolic of your region or country in some way. Decorations can be made from any materials, e.g. cardboard, plastic, wood, string, paper, paint, glue, etc. They can be any size but remember that they will need to hang on a Christmas tree and that the bigger the decoration, the greater the postage cost !
It would be really helpful when making your decorations to write on them which country they are from. This is useful when displaying the decorations. It does NOT have to be in a prominent place, it can be hidden on the back of the decoration.

How many decorations do we need to send ?
Please be prepared to make up to 24 decorations. Some schools send just one decoration to each school in their group whereas others may send more than 1 to each school. This is entirely up to each school. This is because some schools involve the whole school in the project and they will therefore have many decorations to post to their partners. Other schools only involve a few children and make just 1 decoration per partner. Both options are acceptable.

The standard/quality of decorations received is not the same from all partners, why is that ?
The style and quality of decorations made by each school can be very diverse. This is because in some schools, very young children or children with additional needs make the decorations on their own. In other schools, teachers or older children who are more capable play more of a part in making the decorations. Some schools use materials that are light to post (paper), where others have access to more expensive materials, or may receive help with postage costs, so they are able to post heavier decorations.
We believe that variety and creativity is the spirit of this project. Please just create the best that you can with your particular group of children and in return expect to receive lots of different types of decorations/packages.

What should the information packs contain ?
In addition to the decorations, you will also need to send information on how Christmas is celebrated in your region and/or country. This information can be made into a booklet, an e‑booklet, sent by email or an online file sharing website – and any other creative ideas are welcome !

What you could include in the information :

  • Some general information about the region and country – e.g. where your school is located geographically, what language you speak, the climate, typical foods, something/someone the region is famous for, etc.
  • A photo of your school and perhaps some pupils,
  • What decorations your school made and why ?
  • How Christmas is celebrated in the region or country – children could write personal accounts of how they spend Christmas Eve and Christmas Day, or it could just be a general article on how Christmas is celebrated in their region.
    Also reference how non Christian members of the community spend these holidays,
  • A description of what the sending class wishes for 2026.
  • Merry Christmas’ in the pupil’s own language.

Can I send a link to our work on-line ?
If you wish partners to email information to a special email address rather than to the school contact person, please provide a second email address which will be shared with partners.

Timetable

As soon as possible :
Give your full contact details, including postal address, phone number, e‑mail address, and the contact name of the person who will be coordinating the project at your school.
Deadline to register is 3rd October.
Registration schools – 2025 -

25th October – Around this date, we will contact you to give you the names and addresses of the schools in your exchange group.

15th November – Final deadline to post your Christmas decorations and information packs !

Please remember to write your name and address on the package, so that it is clear which school has sent the package.

It is very important that you follow this deadline to ensure your partners receive their decorations before Christmas, as the postal service at this time of year can be very slow, particularly for large packages. When decorations do not arrive until after Christmas, it is very disappointing for children in partner schools.

Monday 8th December – By this date, your school should have received all decorations and information packs so that children can open the packs, decorate their trees, and enjoy the project before the holiday.

Additional Information

A Facebook group and a WhatsApp group will be created (closed groups), so people have to request to join it. Teachers can join the group and add photos and information about their decorations, their school, Christmas traditions in their country and more. Schools do not have to post photos of children if they do not wish. It would be wonderful if each school would upload at least one photo of their decorated tree. If you are posting photos to your social media, please use hashtag #EuropeanChristmasTree.
Don’t forget to have a regular look at our website for further information.

Any further questions ?

Contact the project co-ordinator or use this form

Publié par Cercle CECI dans Cercle CECI, EuropeanChristmasTree, Les contributeurs, 0 commentaire

Sapin européen – European Christmas Tree Decoration Exchange 2025

Descriptif – Qu’est-ce que l’opération « Sapin européen » – European Christmas Tree Decoration Exchange ?

  • Un projet culturel fondé sur un échange de décorations de Noël fabriquées par des élèves d’écoles primaires sur tout le territoire européen.
  • Les élèves préparent également une présentation des traditions de Noël dans leur région ou leur pays, et formulent des vœux pour l’année 2026.
  • Les écoles envoient au CECI une photographie du sapin décoré avec les décorations reçues.

Les écoles participantes sont mises en réseau au sein de groupes de 25 écoles (maximum). Ainsi, chaque école réalise 24 envois et en reçoit tout autant.

Intérêts

Une situation authentique pour apprendre la géographie de notre continent, mais aussi découvrir la culture européenne au travers de ses similitudes et particularités.
Les compétences numériques et langagières, y compris en langues étrangères, sont également développées.

Objectifs

Les élèves acquièrent des connaissances sur d’autres pays d’Europe par le biais d’activités créatives.
C’est aussi l’occasion pour chacun de mieux connaître sa propre culture en réalisant ces décorations et en communiquant sur ses traditions, tout en découvrant comment cela se déroule dans les pays voisins.
Il est souhaitable également que des liens se créent entre écoles, avec pourquoi pas la poursuite de partenariats dans le futur.

Concrètement

Chaque école décore son sapin grâce aux décorations reçues et l’installe dans ses locaux ou tout autre espace public afin de faire partager l’expérience.
Les écoles reçoivent également de leurs partenaires européens un petit dossier explicatif sur la présentation de l’environnement des écoles et les traditions de Noël.

Ce que vous devez faire

Nous sommes ravis de votre implication dans le projet qui vous engage à :

  • Réaliser pour chacune des 24 écoles partenaires de votre groupe un envoi comprenant : une décoration (ou plusieurs) et un petit dossier explicatif sur votre environnement et les traditions de Noël.
  • Prendre en charge l’envoi postal aux 24 autres écoles en respectant le calendrier prévu (cf ci-dessous).

Afin de valider votre inscription, merci de compléter le tableau d’informations et l’envoyer au CECI pour le 3 octobre.

Registration schools – 2025 – form

Votre école peut faire participer une classe ou l’école entière, c’est à votre convenance.

Récapitulatif du calendrier et questions fréquentes.

Quelles sortes de décorations ?

Choisissez des décorations de Noël sympboliques de votre région ou pays. Elles peuvent être réalisées dans toutes sortes de matériaux (papier, carton, plastique, bois, fil, ficelle, etc.), de toutes tailles également, sans oublier qu’elles devront être acheminées par courrier postal (pas trop fragiles pour arriver intactes, pas trop lourdes pour limiter le coût).
Pensez également à inscrire discrètement sur les décorations (par exemple à l’arrière) le nom de votre pays ; par expérience, cela s’avère très pratique pour s’en souvenir au moment de l’installation puis ensuite quand on admire le sapin.

Combien de décorations envoyer ?

Merci d’en réaliser 24, c’est-à-dire autant que d’écoles dans votre groupe. Certaines écoles en confectionnent une seule, d’autres un lot de plusieurs, c’est à vous de décider en fonction de la manière dont vous impliquez vos élèves dans le projet. Cela dépend aussi souvent du degré de facilité de fabrication des décorations. Toutes les options sont possibles dès lors que chaque école partenaire de votre groupe en reçoit.

Pourquoi y a‑t-il parfois des différences entre les décorations et envois ?

Le style et la qualité des décorations peuvent être très divers. Cela peut dépendre de l’âge des élèves, du matériel utilisé, de l’implication des écoles, du budget disponible pour les envois postaux, etc.
Quoi qu’il en soit, c’est la variété, la diversité et surtout l’esprit du projet qui dominent.
Faites pour le mieux, en fonction de vos réalités.

De quoi doit être composé votre envoi ?

En plus des décorations, joignez un petit dossier sur les traditions de Noël dans votre région ou pays. Ce peut être sous la forme d’un feuillet papier, d’un dossier numérique ou toute autre idée.
Vous pouvez y faire apparaître :

  • Des informations générales sur votre situation géographique, les langues, le climat, la nourriture et les plats spécifiques, tout ce qui à vos yeux est typique de votre environnement.
  • Une photo de votre école (éventuellement des élèves).
  • Le choix de vos décorations.
  • Comment se déroule Noël.
  • Une formulation de vœux pour 2026.
  • « Joyeux Noël » dans différentes langues (régionales le cas échéant).

Calendrier

Complétez avec précision le tableau avec les renseignements demandés et adressez-le au plus tard pour le 3 octobre soit au Centre Europe Direct ou l’organisme avec lequel vous êtes en relation pour ce projet et qui vous a communiqué les informations, ou au CECI dans le cas contraire.
Registration schools – 2025 -

25 octobre – Aux environs de cette date, vous recevrez la liste des écoles partenaires de votre groupe.

15 novembre – Dernier délai pour poster vos courriers.

N’oubliez pas d’inscrire les coordonnées de votre école sur les enveloppes afin que les écoles destinataires identifient facilement les expéditeurs.

Il est très important de respecter le calendrier afin que les décorations parviennent non seulement avant Noël mais suffisamment tôt pour que les élèves en profitent. Les dates des vacances ne sont pas les mêmes partout, et l’acheminement du courrier peut être très variable et très long… L’enjeu est de ne pas décevoir les enfants.

Lundi 8 décembre – Aux alentours de cette date votre école devrait avoir reçu tous ses colis, et vos élèves prêts à profiter au mieux du projet pour décorer et apprécier cet unique « Sapin européen » !

Informations complémentaires

Un groupe FaceBook (privé) sera créé : les enseignants peuvent le rejoindre, y publier photos et messages, ou toute information relative au projet. Il n’est pas obligatoire de publier des photos d’élèves si vous ne le souhaitez pas. En revanche, celle de votre sapin décoré sera très appréciée ! Dans la communications sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à utiliser la balise #EuropeanChristmasTree. Un groupe WhatsApp sera également utilisé pour la communication.

N’hésitez pas non plus à contacter la presse et faire connaître le projet. Merci d’adresser le cas échéant les parutions dans le groupe FaceBook ou au CECI.

N’oubliez pas de consulter le site du CECI.

Autres questions ?

Contactez votre relais Europe Direct ou utilisez le formulaire suivant

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Entre ombres et lumières…

Comme l‘on pouvait s’y attendre, mais pas à ce niveau de délire, les premiers jours de la nouvelle ère Trump aux États-Unis ont donné lieu à un déferlement sans précédent à ce niveau de transes et d’outrances. De quoi faire réfléchir sinon fléchir les États ayant placé leur confiance, et souvent leur défense, dans les mains de Washington. Les pauvres se retrouvent ainsi pieds et poings liés devant le déferlement de menaces et d’exigences du Président réélu de la première puissance économique au monde. De quoi amener à réfléchir sur l’échec jadis (1954) de la Communauté Européenne de Défense, dont le général de Gaulle dira ultérieurement : « les cadavres étaient encore tièdes », signifiant par là que, comme pour ce qu’on appelait encore le « marché commun », il n’était pas au départ pour mais que, face aux velléités impérialistes d’outre-Atlantique, alors pourtant infiniment moins délirantes qu’aujourd’hui, il se résignait bien volontiers à une Europe dans laquelle « Notre Dame la France » trouverait abri et répit.

Subitement en effet, les tonitruments du locataire de la Maison Blanche nous ont replongés dans l’esprit étroitement mercantile et subrepticement impérialiste de Yalta, où se joua, entre deux hommes et deux superpuissances, un partage du monde d’où la France avait été soigneusement tenue à l’écart. Nous sommes aujourd’hui dans le même rapport de force et de faiblesse ; soit l’Europe parle d’une seule et même voix, en faisant valoir ses efforts pour coordonner ses industries d’armement et rapprocher ses armées, se doter d’un bataillon spécifique encore plus étoffé et de casques bleus aux 12 étoiles, soit D Trump disposera des uns et des autres au gré de ses sautes d’humeur et de fureur. Et qu’on ne compte pas sur lui pour assurer évidemment le respect des accords passés et de la parole donnée, qui sont la base même de la diplomatie. Washington semble hélas durablement éloigné, par principe autant que par opportunisme, du respect des autres, qui n’est jamais que la forme la plus mûre du respect de sa propre démocratie interne. Avec pour ligne directrice et pour morale de ne pas considérer que tout ce que les prédécesseurs ont bâti est médiocre et à détruire, mais au contraire apporter sa brique au mur ainsi érigé, et le renforcer, l’orienter différemment, le prolonger. Tout l’art de la nuance face aux décibels de l’outrance…

On sait très bien que les États-Unis n’ont pas spontanément ce réflexe et ce respect : se souvient-on de la stratégie sanglante dont ils ont fait montre face au Chili de Salvador Allende ou, plus hypocritement mais tout aussi significativement, face au régime en place à Grenade en 1983, une opération en dehors de tout danger et de toute légalité et qui fut condamnée par un vote unanime des Nations Unies. Plus près de nous dans la géographie mais un peu plus loin dans l’histoire, rappelons-nous la succession de gouvernements fantoches et d’élections truquées dans la Grèce des années 1950 et 1960, jusqu’au coup d’état des colonels, puis des généraux, habilement manœuvrés dans la coulisse ! Décidément, les yankees sont incurablement les mêmes : pour la démocratie tant qu’elle leur est favorable. Et dans le cas contraire prêts à la fouler aux pieds sans vergogne et en recourant à tous les moyens pour reprendre le contrôle de la situation. Eux ne parlent pas en termes de légitimité mais de marchés ! Dès lors, tout ce qui n’est pas déjà conquis est un vaste Far West à conquérir et les gens du cru des Indiens à exploiter ou à chasser !

Sur cette toile de fond incurablement collée à leur peau, et dont ils s’accommodent parfaitement, les nouveaux et autoproclamés maîtres du monde, au nom de leur pouvoir retrouvé outre-Atlantique, ont beau jeu de surenchérir et de pousser le bouchon à des distances impensables sous nos latitudes. Ainsi remettent-ils en question sans aucun scrupule le respect des frontières internationalement reconnues. Comment osent-ils encore se dresser, mais si timidement, face à M. Poutine et à la situation en Ukraine alors qu’ils revendiquent la fusion du Canada avec leur propre système, et l’annexion pure et simple du Groenland ? Ce territoire a beau n’être peuplé que de 57 000 habitants, il n’a pas moins dit et répété jusque dans les urnes, sa ferme résolution de rester autonome dans la mouvance du Danemark, et associé mais distinct de l‘Union européenne. Ainsi en a décidé un référendum démocratiquement tenu en 1982, confirmé par une consultation populaire identique voici quelques mois. Seuls les Américains semblent ne voir dans cette vaste étendue qu’un comptoir ou plutôt qu’une carrière riche de métaux rares.

Combien de temps faudra-t-il accepter cette stratégie du marchand de soupe plutôt que la démocratie participative, et des échanges librement négociés plutôt qu’un maquignonnage brutalement imposé ? Tout est dans l’art de la nuance, un terme que ne semble pas connaitre l’équipe présidentielle américaine ! Alors oui, une fois encore, l’Europe justifie ainsi sa présence et son importance, comme contrepoids ou garde-fou, tant commercialement que politiquement. Preuve si besoin en était encore qu’un peu d’internationalisme et d’interdépendance négociée éloigne de l’indépendance mais que beaucoup y ramène : pour la consolider, l’enjoliver, la pérenniser. Loin d’être facteur de dissolution, l’Europe est ainsi source d’évolution et de révolution, et garantie de solution équitable et surtout, librement consentie ! Cela de tout temps n’a pas de prix ! Le passé est là pour nous le rappeler : ne lui tournons pas le dos, ceux qui ont cru bon de le faire l’ont payé très cher !

Publié par Philippe Tabary dans CECI dit, Les contributeurs, Philippe Tabary, 2 commentaires

European Christmas Tree 2025 : description for schools

The « European Christmas Tree » operation – European Christmas Tree Decoration Exchange – has been organized for twenty years.
Last year, 403 schools involving 33,000 students from 22 countries took part in this project, which is rich in innovative learning and easy to implement.
This European-scale work consists in connecting classes of pupils aged 3 to 12 for correspondence around Christmas traditions.

Description

It is a cultural project based on an exchange of self-made Christmas decorations between primary school pupils across Europe. They also present the Christmas traditions in their region or country.
Participating schools are networked within groups of 20 to 25 schools. Thus, each school sends out and receives an equal number of items, and then decorates its own Christmas tree.

Benefits

An authentic situation for learning the geography of our continent, but also for discovering European culture through its similarities and particularities. Digital and language skills, including foreign languages are also developed.

Objectives

Students acquire knowledge about other European countries through creative activities.
It is also an opportunity for everyone to better understand their own culture by making decorations and communicating about their traditions, and to discover how Christmas is celebrated in neighbouring countries.

In Practice

As the submission deadline is in mid-November, each teacher has full flexibility to carry out the project.
Experience shows that links are created between schools, and have sometimes led to partnerships.

A registration form will be available at the end of August.

Publié par Cercle CECI dans Cercle CECI, EuropeanChristmasTree, Les contributeurs, 0 commentaire

European Christmas Tree 2025 : descriptif pour les écoles

Depuis 20 ans est organisée l’opération « Sapin européen » – European Christmas Tree Decoration Exchange.
L’an dernier, 403 écoles impliquant 33 000 élèves de 22 pays ont participé à ce projet riche en apprentissages innovants et facile à mettre en œuvre.
Ce travail de dimension européenne consiste à mettre en relation des classes d’élèves de 3 à 12 ans pour une correspondance autour des traditions de Noël.

Descriptif

C’est un projet culturel fondé sur un échange entre élèves d’écoles primaires sur tout le territoire européen :
– de décorations de Noël fabriquées eux-mêmes.
– une présentation des traditions de Noël dans leur région ou leur pays.
Les écoles participantes sont mises en réseau au sein de groupes de 20 à 25 écoles en moyenne. Ainsi, chaque école réalise des envois et en reçoit tout autant, permettant de décorer son propre sapin.

Intérêts

Une situation authentique pour apprendre la géographie de notre continent, mais aussi découvrir la culture européenne au travers de ses similitudes et particularités. Les compétences numériques et langagières, y compris en langues étrangères, sont également développées.

Objectifs

Les élèves acquièrent des connaissances sur d’autres pays d’Europe par le biais d’activités créatives.
C’est aussi l’occasion pour chacun de mieux connaître sa propre culture en réalisant des décorations et en communiquant sur ses traditions, tout en découvrant comment cela se déroule dans les pays voisins.

Concrètement

La date limite des envois étant mi-novembre, toute latitude est laissée à chaque enseignant pour mener à bien le projet.
L’expérience montre que des liens se créent entre écoles, et ont pu parfois aboutir à des partenariats.

Un dossier d’inscription sera disponible fin août.

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Galileo, le GPS européen, envers et malgré tout

L’Union européenne doit répondre vite et efficacement aux périls qui montent (guerre en Ukraine, crises énergétique et climatique, affaiblissement du multilatéralisme, guerre commerciale). Dans ce contexte géopolitique durable, il est utile de revoir l’histoire de Galileo, l’ambitieux système européen de radionavigation lancé au début des années 2000, pour tirer les leçons des erreurs passées et identifier les clés de la réussite pour les projets industriels majeurs dont l’Union a besoin aujourd’hui.

Galileo est un système de positionnement par satellites, actuellement le plus précis du monde, qui a été mis en place par l’Union européenne (UE). Il est nommé Galileo en hommage au savant italien qui a identifié la notion de satellite et il sert dans de nombreux domaines : téléphonie mobile, sécurité civile, transports maritimes, aériens et terrestres, opérations de secours et de sauvetage, travaux publics, prospection pétrolière, agriculture, ou tout simplement dans la vie de tous les jours. Galileo dessert plus de trois milliards d’usagers sur la planète. Contrairement aux systèmes américain GPS et russe Glonass, il a principalement été conçu pour un usage civil.

Un peu comme Airbus dans le domaine de l’aviation ou Ariane dans le secteur aérospatial, Galileo est un outil stratégique pour l’autonomie de l’Union. Il permet de se libérer d’une dépendance critique vis-à-vis des systèmes concurrents (GPS américain, GLONASS russe ou Beidou chinois) qui souffrent de nombreuses restrictions, pour des raisons techniques et/ou politiques.

L’idée d’un réseau transeuropéen de ce type nait en 1998 et prend la forme d’un partenariat public/privé à vocation commerciale qui est lancé en mai 2003. Il résulte d’un accord entre l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne chargée du segment spatial. De fortes oppositions se manifestent, notamment celle des États-Unis qui ne souhaitent pas que des pays ou des organisations ennemis y aient accès et qui défendent leur monopole en matière de télécommunication satellitaire. Un accord d’interopérabilité technique permet de lever l’opposition, la même chose étant faite avec les systèmes russe Glonass et chinois Beidou. De nombreux autres pays participeront, à différents niveaux de coopération, notamment la Chine, l’Inde, Israel, le Maroc, l’Ukraine, la Norvège en 2009 et la Suisse en 2013.

Dans un premier temps, en 2005 une concession est attribuée à deux consortiums qui assure les 23 du financement du programme, le reste l’étant sur fonds publics de l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne (ESA). De très nombreux obstacles se présentent du fait de la rivalité entre États, notamment entre l’Italie et l’Allemagne, de la difficulté à choisir un consortium, puis à définir le leadership entre les deux consortiums concurrents. Le calendrier initial est reporté de cinq ans, jusqu’à l’abandon du partenariat public privé en 2007 et la dissolution de l’entreprise commune Galileo fin 2006. La Commission européenne plaide alors pour un financement public complet des trente satellites du futur système de navigation, qui sera exploité par le privé, une fois opérationnel.

Les États membres et le Parlement européen finissent par s’accorder sur ce financement entièrement public, l’attribution par ESA des appels d’offres en six lots pour la phase opérationnelle du programme permettant de calmer les différends entre les pays participants. Fin 2010, un besoin de financement supplémentaire apparait et on risque un report à 2017, voire 2018. Berlin veut ensuite réduire le coût de 500 à 700 millions d’euros en utilisant des lanceurs russes Soyouz depuis la base de Kourou, ce qui sera fait entre fin 2011 et 2016. À compter de fin 2016, avec Ariane 5, le démarrage opérationnel de la constellation accélère et entre fin 2017 et mi 2018, une couverture viable existe en tout point du globe.
Le succès de Galileo est à saluer, tant les obstacles ont été nombreux, l’exploitation commerciale étant à l’origine prévue pour 2008. D’après la Cour des comptes européenne dans un rapport spécial 7/2009, le grand retard accumulé est lié à plusieurs problèmes : d’abord un échec des structures de gouvernance entre les différents intervenants mais aussi un manque de clarté dans les priorités entre équilibre financier et bénéfices macroéconomiques. Il faut aussi un financement adéquat dans un domaine stratégique comme l’espace où les rendements sont à long terme et où les mécanismes de marché fonctionnent mal. Le financement intégral par le budget européen décidé fin 2007 permet de lever l’obstacle. Elle permet aussi de contourner les rivalités interétatiques (le « juste retour ») qui complexifie l’organisation de la politique industrielle européenne.

Au final, Galileo est la première infrastructure commune produite et financée par l’UE, qui en est également propriétaire. La Commission européenne gère et supervise le projet par l’intermédiaire d’une agence (EUSPA), autorité européenne de surveillance. Le contractant principal est l’Agence spatiale européenne de nature intergouvernementale. Mi 2024, avec le positionnement de 30 satellites, dont 6 de rechange, le système est pleinement opérationnel. Toutefois, dix années ont été gaspillées, certains faisant valoir que l’avantage comparatif européen et l’avance du système par rapport aux systèmes concurrents (six à huit ans) ont été perdus. Et l’Union est en train de perdre son avance (en 2024, elle a dû faire appel aux lanceurs américains Space X).

L’UE a‑t-elle aujourd’hui dix années à perdre alors qu’elle décroche vis-à-vis des autres grands ensembles économiques ? Fin 2024, trois rapports1 s’accordaient sur ce décrochage et sur l’urgence pour l’Union de remédier aux failles dans sa sécurité économique et son autonomie stratégique. Dans l’un de ces rapports, Mario Draghi annonce que, sauf rattrapage urgent et déterminé, l’UE est condamnée à une « lente agonie » : il lui faut une politique industrielle intégrée en faveur de l’innovation et de la compétitivité, ce qui requiert un besoin d’investissement de quelque 800 milliards d’euros par an, c’est-à-dire 4 à 5% du PIB européen. Pour le seul domaine spatial, compétence partagée avec les États membres depuis le traité de Lisbonne, près de 15 milliards d’euros sont consacrés par l’UE sur la période 2021–2027, dont environ 9 milliards pour Galileo. Mais les financements sont insuffisants (le budget de l’UE pèse 1% du PIB) et fragmentés : l’essentiel étant issu des budgets nationaux, le risque est de multiplier les doublons et de perdre les économies d’échelle.

Les solutions existent, nouvel emprunt commun sur le modèle du plan de relance post Covid de 2020 ou mobilisation de l’ample épargne européenne qui est actuellement mal allouée et peu sollicitée. L’histoire du GPS européen donne une idée des combats du présent et de l’avenir. Avec la nouvelle donne géopolitique, la défense de nos intérêts stratégiques n’autorise pas la tergiversation, ni la rivalité entre égoïsmes nationaux. Elle requiert au contraire coopération et détermination, en assumant les coûts immédiats de notre autonomie, en évitant de répéter les erreurs du passé. C’est ainsi que l’Europe gagne.

1 Mario Draghi sur la compétitivité de l’UE (The Future of European Competitiveness), Enrico Letta sur le marché intérieur (Much More Than a Market) et Sauli Niinistö sur la sécurité et la dense européennes (Safer together: A path towards a fully prepared Union).

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Printemps de l’Europe : rencontre avec Patrice Obert

C’est le Printemps de L’Europe à Brest !🇪🇺
Un beau moment pour se pencher sur ce qui fait de nous des citoyens européens.
Le 22 mai à Brest, le Cercle Europe Citoyennetés et Identités – CECI organisait deux rencontres avec Patrice Obert, co-auteur de « L’Europe et ses défis » : l’une avec les élèves du lycée la Croix Rouge, l’autre avec le grand public à la librairie Dialogues, partenaire tout comme Brest Métropole.

Pendant plus de deux heures Patrice Obert est intervenu au lycée La Croix Rouge de Brest.
90 élèves de première HGGSP (histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques) ont suivi son intervention sur le contenu de son ouvrage et de l’Europe en général. Un petit conseil « Allez passer un an après le bac ailleurs en Europe ».
Il s’en est suivi un échange très instructif entre les élèves et l’intervenant qui a répondu à de nombreuses questions.

Patrice Obert s’est ensuite rendu à la librairie Dialogues

Rencontrer l’auteur permet toujours une approche encore plus approfondie de la lecture d’une œuvre, qu’elle ait lieu avant ou après l’échange.
L’incarnation portée par Patrice Obert, auteur avec Gérard Vernier de « L’Europe et ses défis, l’émergence d’une puissance continentale », a donné une dimension forte aux propos développés dans l’ouvrage.
Définissant les Européens par la civilisation du blé et de la mer, l’ancien haut-fonctionnaire a pu détailler au fil des questions déroulées par le libraire Michael Le Gall ce qui fait notre identité aujourd’hui, résultante des héritages multiples et contradictoires de notre histoire.

Un entretien passionnant pour un auditoire passionné.

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La Journée de l’Europe fêtée avec les collégiens de Cléder et Saint Pol de Léon

Chaque année, le 9 mai, la Journée de l’Europe célèbre la paix et l’unité en Europe. En 2025, la journée est une occasion particulière, car était célébrée les 75 ans de la déclaration de Robert Schuman, Père de l’Europe.

Les collégiens de Sainte Ursule ainsi que les élèves de Notre Dame d’Espérance ont participé à la Conférence sur “la Citoyenneté Européenne” que donnait M. Emmanuel MORUCCI, conférencier de l’UE et président du Cercle Europe Citoyennetés et Identités CECI, invité par les équipes pédagogiques des deux établissements et particulièrement Mme Carolina Hamon, enseignante d’espagnol, référente pour l’Action Européenne et Internationale, coordinatrice Erasmus +.
Notre président a échangé sur les valeurs communes de l’UE et son importance, les symboles européens, les fondateurs, Erasmus et l’Union Européenne actuellement.
La direction de l’ensemble scolaire Le Kreisker a tenu à remercier M. MORUCCI pour cette rencontre riche et dynamique avec ses élèves.

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75 ans d’Europe mais peu de sentiment d’appartenance

Il y à 75 ans Robert Schuman proclamait, dans le salon de l’Horloge du Ministère des Affaires étrangères sa mémorable déclaration qui allait changer le visage, l’image et les rivages de l’Europe. Seulement cinq ans après la fin de la guerre avec l’Allemagne nazie naissait, à l’ouest du continent une entité politique inédite et originale dans l’histoire du monde alors que l’Est s’enfermait dans le soviétisme. La volonté des dirigeants politiques de l’époque était, en premier lieu, de créer un espace de paix et de stabilité. La communauté des Européens ne pouvait exister que par la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Les fondateurs en étaient convaincus. Le premier chancelier allemand Konrad Adenauer s’est immédiatement engagé. Ces hommes avaient une vision du monde à venir. Le paradigme de l’unité européenne espéré depuis des décennies voyait le jour ce 9 mai 1950 et perdure aujourd’hui. La première visite officielle à l’étranger du chancelier Friedrich Mertz à Paris en est, s’il en faut, une preuve de cette volonté franco-allemande de faire avancer le projet européen.

Dès le début la construction européenne est fondée sur des valeurs fortes qui portent cette unité nouvelle. Nous les rappelons à chaque fois que cela est possible : la paix fondatrice, la liberté, la démocratie et la justice auxquelles s’ajoutent le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, l’égalité, l’État de droit qui garantissent une société basée sur le pluralisme, la tolérance, la solidarité et la non-discrimination. Préceptes fondamentaux partagés par les 450 millions d’européens et ingrédients centraux d’une culture commune encore trop peu connue et acceptée.

C’est sur ce socle de valeurs que repose notre citoyenneté européenne. Une citoyenneté commune qui complète notre nationalité sans jamais la remplacer. Mais c’est une citoyenneté qui offre un corpus de droits. On les connaît : la libre circulation, possibilités d’études, de travail et d’installation dans les autres pays membres, éligibilité et droit de vote pour les élections locales et européennes, représentation consulaire. On peut y ajouter l’initiative citoyenne européenne (ICE).

Cette citoyenneté on la reconnaît par les symboles que sont le drapeau, l’hymne, la monnaie, le passeport ainsi que la Journée de l’Europe du 9 mai et la devise forte : unie dans la diversité. Elle signifie que chaque peuple a et garde sa culture et chacun participe, selon les valeurs adoptées, à la construction de l’entité politique commune.

Mais est-ce pour autant qu’existe un vrai sentiment d’appartenance à l’UE ? Rien n’est moins sûr. Il semble, en tout cas, moins fort qu’il n’a été. Citoyens européens nous sommes certes. Mais nous pouvons nous interroger : existe-t-il une forte conscience collective pour nous unir ? Les valeurs sont-elles partout communes ? la montée des extrêmes droites dans plusieurs pays nous questionnent.

Faire du 9 mai un jour férié et chômé pour tous les Européens

Ces valeurs, nous en avons les symboles sous les yeux tous les jours mais c’est manifestement insuffisant. D’ailleurs sont-elles intégrées dans les consciences ? Sommes-nous éduqués à l’importance de l’Union européenne à un moment où le monde est en train de basculer et au moment où les particularités sont en insurrection ? Sur la couverture du passeport il est écrit en Union européenne. Mais peut-être faut-il voyager dans un pays tiers à l’UE pour se rendre compte de notre appartenance et des avantages de l’Union. Schuman avait dit : «  la Communauté européenne n’a pas vocation à devenir un État ». Et personne ne le souhaite ou l’évoque aujourd’hui. Tout au plus parlons-nous de fédéralisme ou de confédéralisme. Les mots font peur alors que dans l’entre-deux-guerres c’était un débat récurrent qui s’est quelque peu poursuivi ensuite. Pourtant l’Europe avance chaque jour, crises après crises qui sont constitutives d’une Europe puissance. Chaque État a transféré des compétences vers la dimension supranationale, gérées souverainement par chaque et l’ensemble des pays membres.
Face à la Russie de Poutine, les USA de Trump ou la Chine de Xi, la situation géopolitique internationale que nous connaissons ouvrent le regard que portent les Européens sur leur Union. Mais, il faut bien le reconnaître, nous ne regardons pas tous les situations avec le même regard. Il n’y a pas toujours d’européanité. Il manque quelque chose de fort à tous les Européens pour vivre pleinement en tant que tel et avec fierté. La Journée de l’Europe est le temps idéal mais pour ce faire, pour connaître une efficacité le 9 mai devrait, doit devenir un jour férié pour tous les Européens. Le Parlement européen en a convenu mais pas les États. Le 9 mai n’est donc pas un jour férié officiel en France ou dans la majorité des pays européens, mais seulement un symbole de l’unité et de la paix européennes. Elle reste une simple journée de célébration, d’événements, de manifestations, et de sensibilisation à l’Union européenne. Ce n’est pas assez pour développer un sentiment d’appartenance et la reconnaissance de l’existence d’une culture commune. Il faut aller beaucoup plus loin et plus fort. Il y a encore du chemin à parcourir.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, Les contributeurs, 0 commentaire