CECI dit

Législation de l’Union

Une application en faveur des citoyens.

L’objectif de la Commission européenne est d’exposer ses travaux au travers d’une communication et de garantir le respect de la législation de l’Union. Les citoyens et les entreprises doivent bénéficier des mêmes droits dans l’ensemble de l’UE.
C’est donc une application correcte du droit de l’Union et validée par les États membres qui permet aux Européens de respirer un air plus propre, de voyager et de travailler librement n’importe où dans l’UE ou encore d’obtenir le remboursement de soins de santé reçus à l’étranger.

Il faut le savoir le droit de l’Union a une incidence réelle sur la vie quotidienne des Européens. C’est pourquoi son application est une priorité absolue pour la Commission. Je peux citer la présidente de la Commission Madame Ursula von der Leyen : « Le droit de l’UE est ce qui rend l’UE libre, juste et équitable. C’est le moteur d’une Europe plus verte, plus prospère et plus numérique, dans laquelle les citoyens peuvent se sentir en sécurité et protégés. Cela devrait être le droit de tout Européen et de toute Européenne, sans exception. C’est pourquoi nous avons besoin d’une application du droit de l’UE qui soit globale, intelligente et stratégique, pour permettre aux Européens et aux entreprises de tirer pleinement parti des possibilités offertes par l’UE. »

La mise en œuvre des réglementations européennes revient selon les traités aux États membres. La Commission les assure de son soutien pour leur faciliter la tâche par leur introduction dans les droits nationaux. Cela concerne particulièrement les orientations pratiques, le financement et le suivi, qui contribuent à prévenir les violations de ce droit commun. Ce sont les valeurs fondamentales que sont l’égalité, la justice et la citoyenneté qui sont à préserver et développer. Mais l’institution est aussi très claire. En cas de violations elle n’hésitera pas à saisir la justice en engageant des procédures d’infraction.

Une collaboration étroite avec les États membres.

En tant que gardienne des traités, la Commission a la responsabilité centrale de veiller à l’application du droit de l’Union. Toutefois, la coopération avec les États membres est essentielle.
L’application et le contrôle du respect du droit de l’Union sont le fruit d’un effort combiné de divers acteurs tels que les juridictions nationales, les parlements, les organismes de réglementation, les autorités de protection des consommateurs ou de protection des données, ainsi que la société civile et le public.
En particulier, les juridictions nationales, qui sont des juridictions de l’Union lorsqu’elles appliquent le droit de l’Union, jouent un rôle particulièrement important dans la chaîne répressive, étant donné que c’est par leur intermédiaire que les citoyens peuvent avoir un accès effectif à des voies de recours. De leur côté, par souci de transparence, les États membres doivent informer le grand public.

Mais comme les mots doivent avoir pour tous les citoyens le même sens et le même poids et afin d’éviter des interprétations divergentes de la législation et de favoriser une compréhension commune des règles, la Commission fournit une assistance technique et un soutien financier. Ces derniers sont disponibles au titre des Fonds régionaux et structurels européens détenus en France par les régions.

Un droit commun pour des réactions face aux crises.

Les crises ou les situations d’urgence telles que la pandémie de COVID-19 et la guerre d’agression russe contre l’Ukraine ont mis à l’épreuve la capacité des États membres à respecter pleinement la législation de l’UE. L’application du droit de l’UE n’est pas un événement ponctuel : elle nécessite des efforts constants et soutenus de la part des États membres et de la Commission, pour promouvoir une application cohérente et efficace des règles de l’UE. Ainsi, un bilan est actuellement en cours afin de veiller à ce que les outils de contrôle soient efficaces et que le droit de l’UE fonctionne dans la pratique.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, 0 commentaire

L’Europe selon Mounier

On sous-estime généralement la contribution d’Emmanuel Mounier, le fondateur de la revue Esprit (1905−1950), à l’idée et au projet européens au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Elle fut de première importance. À un double titre.
D’abord par la philosophie qu’il a promue, le personnalisme, reformulant l’inspiration humaniste à travers l’épaisseur de la société de son temps repensée dans toutes ses dimensions : culturelle, économique, sociale, éthique, politique, sur fond de libération de chaque personne dans un processus révolutionnaire. « L’évènement sera notre maître intérieur » a‑t-il écrit. Une conviction à mettre en rapport avec cette autre selon laquelle « le spirituel aussi est une infrastructure ». Une manière de dire que le choix des valeurs d’orientation est la pointe dure de l’action dans toutes ses modalités. L’Europe sera en effet placée tant au Conseil de l’Europe que dans le Marché commun sous un tel horizon de sens.
Mais Mounier a plus concrètement contribué à l’émergence du projet politique européen aussi bien par ses convictions pacifistes qui lui feront dire que « le réalisme […] est aujourd’hui contre toute guerre », que par ses efforts en vue de reconstruire, dès la Libération, des ponts entre la France et l’Allemagne. Il participera, à cette fin, à la création d’un Comité d’échanges avec l’Allemagne nouvelle dont Alfred Grosser sera la cheville ouvrière avec par ailleurs, Rovan, Vercors, Bourdet…. qui, ensemble, ouvriront la voie à la réconciliation avec l’Outre-Rhin.

Le texte qui suit, article peu connu qui sera parmi les tout-derniers de Mounier mort en avril 1950, ce texte publié par L’Observateur exprime avec la force de la concision l’espoir d’institutions capables de garantir enfin la paix dans une Europe pacifiée « rallumant la flamme d’une civilisation qui a tout à dire encore à l’Ouest comme à l’Est ».


LA FRANCE ET L’EUROPE

L’énorme nuage de la guerre pos­si­ble ef­face de l’une à l’au­tre les dif­fé­ren­ces aux­quel­les s’ac­cor­dent en­core le sou­ve­nir ou le pré­ju­gé. La Ré­vo­lu­tion fran­çaise a cru pou­voir uni­fier l’Eu­rope dans l’idée neuve du bon­heur, L’Eu­rope est ras­sem­blée au­jourd’hui par le mal­heur et les si­tua­tions de sa­lut public. 

Aus­si bien, le pro­blème n’est pas plus de l’hé­gé­mo­nie de la France que de l’hé­gé­mo­nie d’une na­tion quel­con­que. Il n’est pas non plus de his­ser l’Eu­rope au ni­veau hé­gé­mo­ni­que où elle abor­de­rait sur leur ter­rain, la puis­sance amé­ri­caine et la puis­sance so­vié­ti­que. L’Eu­rope, en son sein, a épui­sé les ten­ta­tions hé­gé­mo­ni­ques. Elle s’y est épui­sée. Elle ne se sur­vi­vra dé­sor­mais qu’à la tête d’une croi­sade con­tre l’hé­gé­mo­nie. Comme une femme lourde d’ex­pé­rience, elle doit ap­pren­dre aux puis­san­ces neu­ves, et par son pro­pre exem­ple, l’en­traî­ne­ment rui­neux des impérialismes. 

C’est le des­tin que je sou­haite à mon pays, la « gran­deur » qu’il de­vrait vi­ser. L’ex­pé­rience y re­join­drait la har­diesse de l’in­ven­tion. On vou­dra bien ne pas en­ten­dre un tel vœu comme l’en­ten­drait cet idéa­lisme de pro­fes­seurs ou de bel­les âmes qui dés­arme si sou­vent les peu­ple naïfs de­vant les en­tre­pri­ses de la force. À ne point même par­ler de me­na­ces et de dé­fense, et sup­po­sée la guerre écar­tée, il reste en­core que le gé­nie spi­ri­tuel d’un peu­ple ne se pros­père que sur un corps vi­gou­reux : en cela au moins les billets de ban­que di­sent vrai, le com­merce et l’in­dus­trie sou­tien­nent la pen­sée, les arts et la jeu­nesse du cœur. Aus­si est-il de no­tre de­voir de re­faire un corps sain à nos pays pour leur don­ner une âme vive, de leur ren­dre la force pour leur ren­dre le rayonnement. 

Il n’est pas in­utile de pré­ci­ser que cette force n’est pas au­jourd’hui la force mi­li­taire, qui ne peut plus être que dé­ri­soire, et stu­pi­de­ment rui­neuse en même temps qu’inef­fi­cace, ou mas­sive et créa­trice de guer­res mas­si­ve­ment rui­neu­ses et in­ef­fi­ca­ces, la force dont nous par­lons vien­dra aux pays qui au­ront fait un ef­fort d’in­tel­li­gence his­to­ri­que et de cou­rage po­li­ti­que suf­fi­sants pour ba­layer ces ap­pa­reils vé­tus­tes qui les en­com­brent cette cu­pi­di­té or­ga­ni­sée qui les ronge du ver de l’in­jus­tice et des aci­des du dés­or­dre, ces fo­lies guer­riè­res, ces lo­go­ma­chies usées, cet ir­réa­lisme dé­bi­li­tant où se com­plai­sent en­core tant de na­tions d’Eu­rope.

Quelle au­tre exi­gence nous est pro­po­sée que de ré­pon­dre au com­mu­nisme non pas par l’ar­ro­gance, le pha­ri­saïsme ou les ar­mes, mais en ré­sol­vant les pro­blè­mes iné­luc­ta­bles que sou­lève le com­mu­nisme ? Que d’écar­ter l’amé­ri­ca­ni­sa­tion en nous mon­trant ca­pa­bles de re­cons­truire no­tre mai­son et de ra­ni­mer no­tre ci­vi­li­sa­tion au lieu de pro­cla­mer sans cesse des ver­tus que nous n’avons pas en­core su, à ce mo­ment vi­tal po­rter à l’hé­roï­ci­té ?

Faire l’Eu­rope, peut-être. Mais qu’on ne se crispe point à une for­mule dont il n’est pas dit qu’elle ne soit, au mo­ment où elle se pro­pose, dé­pas­sée par l’his­toire. Il se­rait déjà grave de dire : « Faire l’Eu­rope » en mi­nant cette for­mule gé­né­reuse d’un sous-en­ten­du : « Faire l’Eu­rope fran­çaise », « Faire l’Eu­rope al­le­mande », « Faire l’Eu­rope ca­pi­ta­liste nor­ma­li­sée comme un trust ». 

Il se­rait grave de faire l’Eu­rope con­tre quel­qu’un, for­ti­fiant ses dés­or­dres avec ses tra­di­tions : qui ne songe plus qu’à se dé­fen­dre et à se con­ser­ver est déjà con­dam­né. L’Eu­rope ou quoi que ce soit d’au­tre, on ver­ra bien,. Cer­tains di­sent au­jourd’hui « L’Eu­rope avant tout, et n’im­porte la­quelle ». Tout au con­traire, nous di­rons : tels ty­pes de rap­ports hu­mains et d’or­ga­ni­sa­tion pu­bli­que, et n’im­porte dans quel ca­dre, pour­vu que la vie le mon­tre viable. 

Mais si nous ne sa­vons la forme vers la­quelle nous mar­chons, tant d’échecs di­vers de­puis vingt ans nous as­su­rent par con­tre des con­di­tions iné­luc­ta­bles qui com­man­dent qui­con­que veut par­ti­ci­per au gou­ver­ne­ment de l’his­toire. El­les s’im­po­sent à la France comme à toute na­tion, et c’est dans leur trian­gle ri­gou­reux seu­le­ment que la France peut se don­ner un ave­nir à la hau­teur de son pas­sé. Le XXe siè­cle est ce­lui de l’avè­ne­ment des peu­ples. Sous les for­mes les plus di­ver­ses, l’avè­ne­ment du com­mu­nisme orien­tal et du tra­vaillisme an­glais, de la pay­san­ne­rie chi­noise et du na­tio­na­lisme hin­dou, la brève pous­sée des ré­sis­tan­ces eu­ro­péen­nes, et sous un cer­tain an­gle les fiè­vres fa­scis­tes el­les-mê­mes si­gnent la même im­pé­rieuse évo­lu­tion ; toute « ré­vo­lu­tion na­tio­nale », faite par des ca­dres pour main­te­nir des pri­vi­lè­ges de ca­dres, n’au­ra dé­sor­mais qu’un temps. 

J’at­tends du peu­ple fran­çais que, re­trou­vant sa ri­che tra­di­tion des Com­mu­nes, de 89 et 48, af­fran­chi de tout mo­dèle im­por­té, il ral­lume la flamme qu’il a si sou­vent je­tée à tous vents et re­donne à la France son vrai vi­sage, ce­lui que sous leurs pau­piè­res re­trou­vent en­core tant d’hom­mes de par le monde. No­tre épo­que ne pense plus ses pro­blè­mes ac­tuels, elle se perd dans la ré­pé­ti­tion des thè­mes idéo­lo­gi­ques, dans l’exal­ta­tion des my­thes, dans les fa­ci­li­tés de la puis­sance ab­so­lue, dans l’ana­chro­nisme des ins­ti­tu­tions et des préoccupations. 

J’es­père de la France qu’elle em­ploie­ra la lu­ci­di­té tra­di­tion­nelle de ses pen­seurs, jointe au réa­lisme de telle na­tion voi­sine, à la pas­sion in­dus­trieuse de telle au­tre, pour don­ner au monde la forte doc­trine po­li­ti­que, éco­no­mi­que et so­ciale in­dis­pen­sa­ble au diag­nos­tic et à la gué­ri­son de nos dés­or­dres. L’in­gé­nio­si­té de l’es­prit et de la main, en­fin, ne nous fait point dé­faut : sous telle ou telle or­ga­ni­sa­tion col­lec­tive gé­né­ra­trice de cri­ses et de dés­or­dres, c’est la du­re­té du cœur la pas­sion in­té­res­sée l’in­dif­fé­rence cruelle qui freine le pro­grès hu­main. Ces dés­or­dres de l’es­prit sont si pro­fonds qu’ils ron­gent en­core, en s’ag­gra­vant par­fois, les ten­ta­ti­ves même de li­bé­ra­tion qui s’y opposent. 

J’at­tends de la France qu’elle re­nonce à l’hu­ma­nisme de mu­sée aus­si bien qu’à l’éter­nel « réa­lisme » éter­nel­le­ment dé­ce­vant, qu’elle sa­che ren­dre vie aux va­leurs brû­lan­tes que lui lè­gue la ci­vi­li­sa­tion chré­tienne, non pas pour en dé­co­rer les pour­ri­tu­res de l’Eu­rope, mais pour les con­su­mer jus­qu’à la der­nière, et ral­lu­mer la flamme d’une ci­vi­li­sa­tion qui a tout à dire en­core à l’Ouest comme à l’Est.

Em­ma­nuel MOUNIER

L’Ob­ser­va­teur – 13 avril 1950

Publié par Jacques LE GOFF dans CECI dit, Jacques Le Goff, 0 commentaire

Avoir confiance en notre civilisation et projet européen

On n’a jamais pu en dire autant mais force est de constater que l’Union européenne est désormais au cœur de l’actualité quotidienne. On le doit à la guerre scélérate que mène la Russie en Ukraine, contre la civilisation occidentale, contre les droits humains les plus élémentaires, contre la liberté et la dignité de la personne humaine, du droit de chaque peuple à disposer de lui-même, mais aussi aux conséquences qui pour nous font scandale, font trébucher nos sociétés, à la crise énergétique qui inquiète les Européens à l’approche de l’hiver, mais aussi au réchauffement climatique, au manque d’eau, aux productions agricoles incertaines, etc.

Le prévisionnel des mois à venir n’est pas rose et l’ambiance plutôt anxiogène. Dans cette période de conflit mondialisé et peut-être malheureusement de pré-guerre mondiale, les États sont à la manœuvre et l’Union européenne occupe le terrain médiatique quotidien. La présidente Ursula van der Layen apparaît sur les écrans de télévision chaque jour et expose, comme le ferait une Première ministre, les orientations voulues par le Conseil européen et les propositions de la Commission européenne. Le Parlement européen, creuset de la démocratie, quant à lui fait part de ses engagements et souhaits politiques des représentants des citoyens pour que l’UE soit encore demain un espace de liberté, de paix, de développement et de prospérité. Bref, un lieu de vie agréable même dans la sobriété.

Aujourd’hui l’avenir de l’Union repose sur la force de ses valeurs. Celles qui ont fait qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale et avec des crises successives, l’espace occidental du continent européen a progressivement évolué jusqu’à devenir ce centre décisionnel pour plus de 450 millions de ses citoyens.
Exemple marquant : c’est l’UE qui forme des soldats ukrainiens, et non pas des États membres, aux nouvelles technologies militaires nécessaires à la victoire contre son agresseur. C’est l’UE qui maintient une forme d’équilibre stratégique entre puissances régionales mondiales (Russie, Chine, USA, Inde, Brésil, Afrique) parfois avec difficultés mais toujours avec persévérance. Et sans jamais perdre de vue que notre style de vie, notre attachement à la dignité de la personne humaine, la liberté aux sens philosophique et économique soient le plus possible maintenus.
Bien sûr, durant ces périodes de crises dures, le monde continue sa progression. Et là aussi il convient d’être vigilants et ne pas perdre la boussole de notre temps. Je pense à l’Intelligence Artificielle qui peut résoudre nombre de problèmes mais qui est aussi à la source d’autres qui peuvent, sans vigilance, toucher à nos libertés de choix dans tous les domaines de la vie.
La question agricole est essentielle et la politique commune doit s’orienter vers l’établissement de plus petites exploitations, seules susceptibles d’aménager le territoire et de garantir la qualité et la quantité des denrées alimentaires proposées aux citoyens de l’Union. Cela implique des changements importants en matière de logistique et de transformation des habitudes.
Le président Macron a raison lorsqu’il affirme que nous sommes au bout de l’abondance. On le savait depuis longtemps mais eau, gaz, carburants, alimentation sont les causes de conflits locaux ou généralisés. On se le savait. On n’y croyait pas trop. Nous y sommes.

L’Union européenne est plus que jamais la dimension idéale pour repenser la société européenne de manière globale. En effet hors de l’UE et sans la solidarité entre pays membres, pas de sécurité ni de défense commune, pas de souveraineté énergétique, pas de politiques communes susceptibles de favoriser un développement de l’ensemble européen, pas de relations apaisées avec le reste du monde, pas de réponses aux défis sanitaires et de santé que le monde subit, pas de politique d’équilibre et de développement du continent africain comme le souhaitait en son temps Robert Schuman. Il convient désormais de gérer une politique migratoire qui est inévitable. Et les raisons sont nombreuses et interdépendantes : guerre, famine, accès à l’eau, réchauffement climatique, sécurité, absence de libertés et de démocratie.

Ce ne sont que des exemples mais ils appellent à une réflexion sur l’égalité entre les États membres et leur stratégie commune. Il n’est plus question d’hégémonie de l’un sur l’autre, ou des uns sur les autres. L’Europe ne peut être française ou allemande : elle doit être européenne. Emmanuel Mounier, en 1950, dans un article pour l’Observateur appelant à la construction viable d’une organisation européenne posait déjà la question des rapports humains dans une perspective des conditions inéluctables qui se présentaient à l’époque. Plus que jamais la question est d’actualité. Quels rapports humains dans cette Europe qui se découvre tout à coup être une puissance par les événements contraignants qui s’imposent à elle depuis l’extérieur ?

Pour le CECI dont c’est la vocation de recherche et d’observation, la question est centrale. Car elle pose la question de l’existence d’une culture commune. Celle qui fait de nous des Européens. Mais loin de penser un centralisme résurgence du passé des États nations de Renan, il me semble indispensable de penser le local comme on pense le global ; ce que l’on nomme du mot savant de subsidiarité. L’un et l’autre sont des chemins en réalité convergents. Ils amènent à poser la qualité des rapports humains dans les activités, dans les manières de consommer, dans le regard que l’on porte sur l’humain, la nature et la biodiversité, sur l’éducation et la socialisation. Sur la manière de penser la nécessaire spiritualité qui fera de l’UE le lieu du progrès humain pour donner au monde la forte doctrine politique, économique et sociale indispensable au diagnostic et la guérison de nos désordres. Ces derniers mots empruntés à Emmanuel Mounier doivent nous donner confiance en l’avenir de notre civilisation et de notre projet européen.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, 2 commentaires

L’identité culturelle européenne : une invitation à agir

Définir l’identité culturelle européenne est une tâche redoutable, car cela revient à mettre en perspective trois notions elles-mêmes difficiles à définir et qu’il est impossible d’appréhender en dehors du moule de sa propre culture.

La culture, au sens étroit du terme ou dans son acception ethnologique, rassemble et divise, mais elle fonde le dialogue sur des règles partagées et sur la « possession dans le répertoire de la mémoire d’un certain nombre d’associations » (Abraham Moles). C’est le dénominateur commun qui permet aux Européens de se reconnaître comme semblables et de dialoguer, en jonglant avec la pluralité des langues.

Mais de quelle Europe parle-t-on ? L’Union européenne est une construction de l’esprit humain, en évolution permanente et à géométrie variable, élaborée à partir d’une réalité géographique mal délimitée. Le Traité de Rome stipule que « tout État européen peut demander à devenir membre de la Communauté » (art. 237). Mais personne n’a jamais défini ce qu’était un État européen…

L’Identité est un concept qui interroge aussi bien le philosophe que le politique.
Fernand Braudel, quand il se penche sur sur l’Identité de la France (1986), insiste d’abord sur la diversité des territoires, des parlers, des climats, des modes de vie, avant de montrer « la cohésion du peuple » : « ni l’ordre politique, ni l’ordre social, ni l’ordre culturel ne réussissent à imposer une uniformité qui soit autre chose qu’une apparence ».
Il en va de même pour l’Europe : la diversité des composantes et des intérêts nationaux semble toujours plus manifeste que l’unité, sauf quand la langue et la géographie ont tissé des liens de proximité. Les rêves impérialistes visant à faire l’unité de l’Europe par la force ont tous échoué, mais le projet européen ne peut se réduire à une simple juxtaposition de nationalismes, privilégiant le libre échange ou la sécurité, à des degrés différents selon la menace du danger. Hier, les pays libérés de la tutelle soviétique ont recherché la protection communautaire comme le réclament aujourd’hui l’Ukraine, la Moldavie ou la Géorgie.

Saturé d’idéologie, le concept d’identité a pris des significations variables dans l’histoire. Longtemps considérée comme une valeur de gauche, notamment lorsque les mouvements anticolonialistes opposaient le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes aux modèles imposés de l’extérieur, l’identité est devenue une valeur de droite avec des crispations sur les valeurs nationales. Le fantasme du « grand remplacement » (Renaud Camus) s’inscrit dans cette démarche : toute ouverture relève d’une entreprise de déconstruction. L’Europe est vécue comme une menace permanente contre les nations.

On le voit ici : la question centrale est celle du rapport à l’Autre. La conscience de soi se construit à partir d’une conscience de l’autre, à travers des jeux de reconnaissances et d’exclusions. On se pose en s’opposant : « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » (Montaigne).

L’identité exclusive rejette les pratiques de l’Autre simplement parce qu’elles émanent de l’Autre. Pour cela, on inscrit le roman national dans un déterminisme historique et on théorise les critères d’exclusion (comme l’ont fait à leur manière l’Allemagne nazie, l’apartheid sud-africain, mais aussi la Cité athénienne qui établissait une hiérarchie entre citoyens, métèques et barbares selon les origines de la naissance).
Au contraire, l’Identité inclusive agrège au groupe ceux qui en partagent les valeurs fondatrices, mais reconnaît et respecte le droit à la différence. On retrouve là l’opposition entre Saint Bernard, prédicateur des Croisades, et Abélard (diversa, non adversa : différents mais non opposés). L’altérité ne signifie pas altération. L’Europe a fait le choix de l’union dans la diversité.

Être européen aujourd’hui
L’identité européenne est une identité culturelle plurielle (cf. schéma ci-après).
Au contraire des États qui dissimulent les différences dans une identification réductrice (comme l’a fait la France jacobine), le modèle européen tire sa puissance de sa capacité à intégrer des apports multiples, à produire et à diffuser : « Tout est venu à l’Europe et tout en est venu. Ou presque tout. » disait Paul Valéry (Variété, « La crise de l’esprit », 1919).

Les pères fondateurs ont compris qu’il ne fallait surtout pas opposer l’identité européenne aux identités nationales, mais transformer les divergences en convergences. Chacun participe de cultures multiples, elles-mêmes susceptibles de changements, au gré des échanges et des influences mutuelles. Cela explique que l’on se sente plus ou moins citoyen européen selon les lieux où l’on se trouve. L’identité européenne n’est pas aussi immédiate que le sentiment d’appartenance nationale : quand je suis en Europe, je me sens français, mais quand je suis à New York, ou à Tokyo, je me sens européen.

L’Européen d’aujourd’hui n’est plus seulement « celui qui a la nostalgie de l’Europe » (Kundera). Il partage des règles communes, une monnaie, un drapeau, des droits et des exigences. L’Europe est le fruit d’une histoire complexe, vécue différemment dans chaque pays, mais chacun sait que c’est aussi un projet qui s’est appuyé sur un pragmatisme économique pour transformer un passé de guerres en avenir de paix et de prospérité. Une entreprise sans précédent qui eût été impossible sans la valorisation des héritages fondamentaux : intellectuels (Grèce, Rome), religieux (judéo-chrétien), philosophiques (humanisme, Lumières), bien visibles à travers la richesse des patrimoines, lieux de mémoire et autres marqueurs culturels (bibliothèques, monuments, cafés…).
Cette identité culturelle européenne si présente dans « ce grand musée des rêves passés que nous appelons histoire » (George Steiner) est une invitation à l’action. Elle est plus que jamais d’actualité à une époque où les certitudes idéologiques vacillent et où se dessine une nouvelle tectonique géopolitique.

Publié par Claude Oliviéri dans CECI dit, Claude Oliviéri, 0 commentaire

Spinelli, moi et ma lune de miel, par Alan Hick

La première fois que j’ai rencontré Altiero Spinelli ne s’est pas bien passée. En tant que jeune chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence préparant un doctorat sur l’histoire du Mouvement européen, j’avais lu sur Spinelli et je me suis dit avec arrogance – enfin, quelqu’un qui pense comme moi ! Inutile de dire que son « histoire » était beaucoup plus prestigieuse.

Militant antifasciste contre Mussolini, il fut arrêté en 1927, emprisonné pendant dix ans et enfermé pour six autres sur l’île de Ventotene où, en juin 1941, lui et ses codétenus Ernesto Rossi et Eugenio Colorni rédigent clandestinement un projet de manifeste « Pour une Europe libre et unie ». Le Manifeste de Ventotene pour une Fédération européenne démocratique d’après-guerre a été un appel de ralliement clé de la Résistance italienne et européenne et du Mouvement fédéraliste européen.
Malheureusement, après la guerre, leur projet radical de Fédération européenne a été négligé et usurpé par le modèle néo-fonctionnel de Jean Monnet. Spinelli était néanmoins considéré à juste titre comme un « pionnier » et un « père fondateur » de l’Union européenne. Il a joué un rôle important dans la politique d’après-guerre et a été commissaire européen de 1970 à 1976. Après cela, au moment où je l’ai rencontré, il était député italien (Deputato della Repubblica Italiana) pour la « Gauche indépendante », pas encore un eurodéputé directement élu.

Ma rencontre avec lui n’était pas pré-arrangée mais improvisée – ce n’est pas une bonne idée ! C’était le 12 mai 1977, par une journée ensoleillée à Rome. Il devait donner une conférence ce soir-là et j’ai pensé que je pourrais me présenter à la fin. Pour une raison quelconque, je portais de manière absurde un costume trois pièces que j’avais acheté pour le mariage de ma meilleure amie l’année précédente.
Quand je suis arrivé à Rome, j’étais bouillant et je suis allé boire un verre non loin de l’endroit où sa conférence aurait lieu. Je suis allé dans un petit bar au Largo Argentina, juste à côté de la Piazza Navona. Alors que je coulais une bière, j’ai entendu les volets claquer tout autour. Je me suis précipité dehors pour voir de quoi il s’agissait et je me suis empêtré dans la ligne de front d’une manifestation illégale qui a rapidement été la cible de tirs de la police avec des bombes lacrymogènes explosives, visant directement sur nous sur la place et par des fascistes violents qui nous tiraient dessus depuis un rebord de fenêtre au-dessus. Il y a eu plusieurs victimes et une étudiante a été tragiquement tuée.
J’ai réussi à m’échapper, je suis arrivé à la conférence de Spinelli dans un état de choc et d’excitation et je me suis présenté ridiculement à la fin de la réunion. Il était à juste titre et clairement agacé que j’aie la présomption qu’il s’intéresserait à moi. Je ne pense pas qu’il ait été trop impressionné non plus par mon costume trois pièces ! J’ai quitté la chambre et Rome, gêné et désolé…

Heureusement, quelques semaines plus tard, mon directeur de thèse, le professeur Walter Lipgens, m’a gentiment mis en contact avec l’une des âmes sœurs fédéralistes de Spinelli, Andrea Chiti Batelli. Nous avons eu une longue et profonde conversation sur mes recherches sur le fédéralisme italien et ma compréhension sérieuse et ma sympathie pour la vision constituante de Spinelli pour l’Europe. Il a promis de mettre un mot gentil pour moi et d’organiser une réunion dans un proche avenir.

Le temps a passé et il ne s’est pas passé grand-chose… sauf que je suis tombé amoureux d’une belle Florentine et je me suis marié peu de temps après, en janvier 1978. Nous sommes allés en lune de miel dans la maison de vacances de ses parents à Ortisei (Haut-Adige). Nous ne pouvions pas skier mais nous avons randonné autour de toutes les collines et montagnes environnantes, attrapant un froid et un léger rhume. Mais ce n’était pas grave, parce que nous étions amoureux… et j’avais complètement oublié Spinelli !

Au milieu de notre lune de miel, Andrea a réussi à me contacter. Spinelli voulait me voir, immédiatement, à Rome. Nous avons dû partir immédiatement et avons pu rester chez Andrea, à la périphérie de la capitale. Ma femme compréhensive a gentiment accepté et nous avons pris à la hâte le train de nuit de Bolzano glacial à Rome ensoleillée ! Nos rhumes ont disparu et Andrea était ravi de nous accueillir, de célébrer ensemble et de s’imprégner plutôt de son délicieux vin sicilien !

Le lendemain, Andrea nous a accompagnés à notre rendez-vous de déjeuner avec le grand homme lui-même. Spinelli, ai-je appris, aimait sa nourriture, et c’était le « festin » annuel d’Andrea avec lui. Nous nous sommes tous retrouvés à une longue table avec d’autres amis fédéralistes dans un merveilleux restaurant de poissons, La Rosetta, juste derrière la Piazza Rotonda et le Panthéon.
Je me suis assis à côté de Spinelli qui nous a servis et était tout à fait charmant et fascinant. Il aimait la compagnie sincère et partageant les mêmes idées, et ma femme et moi étions complètement impressionnés par lui ! Quel privilège ce fut. Notre lune de miel a pris une toute nouvelle dimension. Il nous a invités tous les deux à le rencontrer à nouveau, le lendemain, mardi 17 janvier 1978, dans son bureau parlementaire.

Nous nous sommes rencontrés et avons discuté toute la matinée. Il aimait beaucoup le fait que j’avais exposé dans mes recherches la scission fondamentale et désastreuse au sein du mouvement fédéraliste d’après-guerre entre l’aile constitutionnaliste « hamiltonienne » en faveur de la fédération politique, représentée par Spinelli, et l’aile « fédéraliste intégrale », représentée par les corporatistes ex-Vichy et les nostalgiques des soi-disant « forces vives ». Cette scission a sérieusement sapé la contribution fédéraliste au grand Congrès de l’Europe en mai 1948 et a d’abord entravé le développement fédéraliste du Mouvement européen.
À mon grand étonnement, à la fin de notre discussion cordiale, il m’a remis un manuscrit, fraîchement dactylographié par sa fille Diana, de son « Journal européen » personnel pour ces années d’après-guerre immédiates, publié quelque temps plus tard par il Mulino. J’ai été le premier historien à recevoir cet honneur. Il avait confiance en moi et a gentiment noté dans son journal pour ce jour-là qu’il me considérait comme un authentique « spinelliano ».
Après notre longue conversation, Spinelli nous a accompagnés à l’ascenseur où nous avons brièvement rencontré sa femme, Ursula Hirschmann, qui, trente-sept ans auparavant, avait courageusement fait sortir clandestinement le Manifeste de Ventotene de l’île au dos de papiers à cigarettes, dissimulés dans le faux fond d’une boîte en fer-blanc. Elle était fragile et digne. Spinelli l’adorait.

Le « Journal européen » de Spinelli a été une source primaire très précieuse pour mon doctorat que j’ai terminé quelques années plus tard, dont des extraits ont été publiés dans « Documents sur l’histoire de l’intégration européenne » (Walter de Gruyter 1991). Malheureusement, c’était trop tard pour Spinelli qui est malheureusement décédé en 1986.
Dans les années qui ont suivi, nous sommes restés en contact étroit. Il a bien sûr été élu au Parlement européen en 1979. Au cours de la même campagne, j’ai travaillé pour un candidat travailliste ouvertement fédéraliste au Royaume-Uni, Ernest Wistrich, qui n’a pas été élu. Peu de temps après, j’ai travaillé pour l’eurodéputé Brian Key qui était un proche partisan de Spinelli au Parlement et dans le célèbre « Crocodile Club » (un autre eurodéputé britannique qui soutenait Spinelli était un certain Stanley Johnson…).
Plus tard, je suis retourné à Rome et j’ai retrouvé Spinelli à quelques reprises. Dans son journal du 18 février 1982, il indique qu’il veut « me prendre sous son aile » et qu’il doit trouver le temps de lire ma thèse. Cependant, il était alors totalement absorbé par son projet de traité pour l’Union européenne, toujours inspiré par Ventotene et l’idée que le Parlement européen devienne une assemblée constituante. J’étais fier d’être associé à lui et à son projet à un stade aussi précoce.
Le 23 juillet de la même année, alors qu’il pensait que son assistant parlementaire tant accompli, Virgilio Dastoli, pourrait partir, il écrivit dans son journal qu’il pourrait m’inviter à remplacer Virgilio. Je n’en savais rien à l’époque. Virgilio est bien sûr resté et a été un assistant loyal et victorieux de Spinelli alors qu’il dirigeait son projet de traité au Parlement européen par 237 voix contre 31, avec 43 abstentions le 14 février 1984. À ce moment-là, j’étais devenu fonctionnaire de l’UE au Comité économique et social européen, faisant ce que je pouvais dans ce cadre plus modeste pour rallier le soutien à Spinelli.

Malheureusement, je n’ai pas essayé de voir Spinelli en personne ces dernières années. Il était devenu si admiré et célèbre que j’ai senti qu’il était inapproprié de profiter de nos premiers temps ensemble.
La dernière fois que j’ai vu Spinelli en personne, c’était le 11 septembre 1982 lors d’un rassemblement de la Festa dell’Unità à Tirrenia. Il faisait partie d’un panel de politiciens distingués qui se promenaient et il s’ennuyait énormément. Il a commencé à découper des poupées en papier avec son programme, puis m’a repéré dans la foule et m’a appelé. Nous avons discuté amicalement et il m’a laissé sa nouvelle carte de visite, sur laquelle était écrit « Ciao Hick ». Je l’ai toujours et je le chéris. Son écriture était épouvantable ! À tel point que lorsque son deuxième « Journal européen 1976–1986 » a été dactylographié et publié, je suis répertorié dans l’index, non pas comme Alan, mais comme Yvonne Hick ! Je pense que nous aurions tous les deux apprécié la blague !

Je suis toujours resté un fidèle « spinelliano » et n’oublierai jamais comment il a changé ma vie … et ma lune de miel.

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Mais où est passé le 9 mai ?

La Présidence française du Conseil de l’UE a été focalisée sur la question ukrainienne depuis le 24 février 2022.
La fête de l’Europe aurait-elle était occultée par la guerre en Ukraine ?

Un certain paradoxe autour d’un évènement récurrent qui nous permet de nous rappeler que la construction européenne s’est construite sur la Paix alors que tous les médias attiraient l’attention sur un autre 9 mai qui consacre la victoire de l’armée rouge sur les nazis.
Cette année, les noms de Jean MONNET ou de Robert SCHUMAN n’ont pas été évoqués pour célébrer notre 9 mai européen.
Pourtant, l’Europe n’a jamais été aussi unie et n’a jamais autant montré de détermination face à la menace russe que depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie ce fameux 24 février 2022.
Nous pouvons même dire que l’Europe a pu trancher par rapport aux USA dans ses méthodes diplomatiques habiles alternant de façon efficace le maintien du dialogue et les sanctions graduées pour tenter de sauver la paix. Parvenir à discuter en période de crise n’est pas un hasard, c’est le poids de l’histoire et des cohortes d’horreurs passées qui façonnent cette posture européenne.

Une conscience européenne aurait-elle à nouveau émergé ? La résurrection de vieux démons aurait-elle renforcé cette union entre les pays de l’UE pour faire face à un pays puissant qui en agresse un autre à ses frontières ?
L’UE a dû adopter des positions courageuses qui vont jusqu’à mettre en péril ses propres approvisionnements énergétiques (gaz et pétrole) mais aussi les matières premières provenant d’Ukraine. Même si parfois certains États ont cherché, dans un sursaut d’intérêt national, à préserver les relations avec la Russie, ils ont fini par rejoindre le giron européen.
Une force européenne serait-elle en train de s’affirmer comme un signe de volonté de brandir l’étendard de la démocratie dans un monde où il semblerait que l’autoritarisme avance chaque jour ?
Hier, au sein même de nos États et parmi nos représentants, l’UE était la cible de critiques et étaient présentées comme une entité inefficace et incohérente. Il y a toujours un décalage entre le propos du moment et l’émergence d’une position qui exprime une identité façonnée par l’histoire.

Peut-être fallait-il passer par le terrorisme, une pandémie mondiale et maintenant la guerre en Ukraine pour voir qu’une véritable conscience européenne en adéquation avec les valeurs inscrites dans les traités pouvait se mettre en marche et justifier son existence aux yeux du monde non pas seulement comme une référence à la Paix mais comme un rejet de la guerre et du chaos.
Car cette Europe est née dans les cendres de la Seconde Guerre mondiale et nous nous rendons compte que, même dans le silence médiatique de sa naissance, cette année elle n’a pas perdu son âme, elle reste constante dans son action et dans l’écriture de son histoire.

Enfin, Lorsque les sirènes médiatiques auront cessé de mobiliser nos émotions et notre attention, le temps de la réflexion et de l’analyse nous permettra d’entrevoir l’émergence d’un véritable modèle inspirant le monde de demain.

Publié par Franck Arnaud dans CECI dit, Franck Arnaud, 0 commentaire

9 mai en Europe : une date, la guerre et la paix

Pour les Européens de l’Union, le 9 mai est le jour de la fête commune : celui qui commémore la déclaration de Robert Schuman en 1950, considérée comme la première pierre, le texte fondateur de la construction européenne. Il propose alors la mise en commun des systèmes de production, français et allemand, du charbon et de l’acier.

Pourtant dans la pensée de Robert Schuman l’Europe en devenir ne se réduit pas à la CECA ou à l’Euratom. Dans ses textes prophétiques et notamment son livre « Pour l’Europe », il met en évidence et en premier les valeurs qui doivent présider à l’émergence d’une entité européenne fondée sur la paix, la solidarité, la coopération internationale, la justice, la démocratie et la citoyenneté. 

En Union européenne : un jour de célébration de la Paix 

Ce qui prédomine chez Schuman c’est son intérêt pour la personne humaine dans cette construction qui n’a pas d’égal dans le monde. En ce sens, et dans une perspective personnaliste, rappelant les deux conflits mondiaux, il est un précurseur des constructions d’ensemble dans un concert des nations qu’il considère comme une option déterminante dans le sens du meilleur ou du pire : « À une époque pendant laquelle, en l’espace d’une seule génération, des heurts d’une violence et d’une étendue sans précédent se sont produits entre les hommes, et au cours de laquelle la menace de nouveaux conflits continuent à peser sur l’humanité entière comme une fatalité, en même temps que les moyens de destruction nouvellement inventés confèrent aux tueries futures le caractère non plus d’une épreuve de forces rivales mais celui d’un suicide généralisé, nous avons senti que nous étions à la croisée des chemins »1.

Son projet, de responsabilité citoyenne et démocratique, a connu des hauts et des bas mais surtout un succès qui prend toute sa force dans l’actualité. Celui d’une construction de la paix entre les pays signataires. Elle dure depuis plus de 70 ans. « Ce qui compte à l’actif de l’Europe, c’est qu’elle est à même de contribuer, effectivement et dans l’immédiat, aux besoins de l’humanité, en réponse aux aspirations nouvelles des peuples » déclare-t-il. Il s’agit donc bien pour Schuman de mettre en oeuvre une entreprise de paix avant même une union économique. 

En Russie : une oeuvre de guerre 

La paix est un idéal que les Européens veulent poursuivre face à l’adversité qu’impose la Russie de Vladimir Poutine au monde, dans sa volonté de contraindre l’Ukraine par le meurtre et la destruction. Nos dirigeants européens font tout ce qui est possible de faire, se positionnant sur les valeurs et préceptes fondamentaux de l’Union. C’est la vocation de notre 9 mai, de la Journée de l’Europe. Ils travaillent à la sauvegarde de l’Ukraine mais aussi de l’Union en équipant l’armée de ce pays et en accueillant ses réfugiés. 

À l’inverse, pour Vladimir Poutine le 9 mai sera le jour de son grand discours, de ses références à la Seconde Guerre mondiale, de sa nostalgie de l’URSS. Ainsi, et dans le contexte de sa guerre déjà mondialisée, le jour de l’armistice à Moscou se veut être un jour symbolique. Comme depuis 1945, les responsables russes tentent de faire croire qu’ils ont été les seuls à combattre le nazisme faisant fi des Alliés et des autres peuples européens. Ils poursuivent la même réthorique pour justifier leur agression de l’Ukraine. Inquiétant, ce « jour de la victoire » pourrait marquer un tournant dans la guerre contre l’Ukraine et par ricochet pour les Européens. Le Ministre Lavrov n’a t‑il pas déclaré « vouloir intensifier les actions militaires et ajuster l’avancée des troupes lors de cet anniversaire » ?
Pour Vladimir Poutine cette date est d’une portée symbolique sur le peuple russe.
Emmanuel Macron, président du Conseil de l’Union européenne, répondra en Européen depuis Strasbourg. La date pourrait alors être aussi celle d’un plus fort engagement pour les occidentaux. 

Assurer la défense collective de l’UE

En effet, l’Union doit se préparer à sa sauvegarde. « L’Europe ne se construit pas contre quiconque, proclamait Schuman, mais elle doit assurer sa défense. » Ici encore sa parole était juste : « Une tâche européenne, constructive et valable, consiste sans doute à assurer la défense collective contre toute agression possible. Comme la paix, la sécurité est devenue indivisible… ».

Par la force des choses cette paix et cette sécurité à assurer pour l’Ukraine et l’UE seront au cœur des pensées et des manifestations du 9 mai et du mois de l’Europe. Au moment où la France préside le Conseil de l’Union européenne, les thèmes autour de la sécurité et de la défense seront au centre des échanges et des débats. La prise de conscience d’une Union européenne forte et capable de peser dans les relations internationales sera forcement première.
Mais souvenons nous de cette adresse de Jean Monnet à René Pleven, président du Conseil à propos du « containment » de 1947 qui amenait les responsables américains d’alors à tout mettre en œuvre pour empêcher l’URSS de s’emparer de nouveaux territoires : « Nous sommes aujourd’hui face à face avec la nécessité de nous assurer une « victoire froide » sur l’adversaire et de préparer la guerre » 2.

La Journée de l’Europe du 9 mai aura cette année une tout autre portée et saveur que celles, précédentes et gentillettes, que nous avons connues. 

Emmanuel Morucci 6 mai 2022 

1 Robert Schuman, Pour l’Europe, 1963 Editions Nagel, Paris
2 Jean Monnet, Mémoires, Editions Le Livre de poche, Paris, 1976

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Le conte est beau

Depuis soixante jours, l’invasion russe en Ukraine s’est invitée sur les écrans de télévision fixant avec précision et temps réel des images dans les esprits : de l’exode de familles sur les routes aux charniers de Boutcha, en passant par les frappes militaires et les décombres de Marioupol, les scènes d’horreur ne manquent pas. Nul ne peut rester insensible et chacun d’entre nous découvre la proximité de cette guerre, tant sur le plan géographique, l’Ukraine est à quelques centaines de kilomètres de la France et aux portes de l’UE, que par l’immédiateté au vu de la rapidité de réception des informations. 

Nous, adultes, sommes saisis par la violence guerrière qui se déroule sur nos yeux, nous qui pour la plupart avons eu la chance de naître et de vivre sur le territoire européen dans la période de réconciliation. Des récits transmis, racontés, vécus par nos aînés, parents et grands-parents, nous ont été relatés comme promesses d’ultimes horreurs appartenant à un monde et une époque révolus, laissant place à la paix.
Nous, adultes, sommes choqués par le basculement et la soudaineté de ces actes belliqueux qui mettent à jour le fragile équilibre entre la terreur et la paix.
Nous, adultes, pouvons essayer de raisonner et, sans minimiser ni camoufler la réalité, tenter d’analyser les faits et enjeux, nous jouant de prospectives et prévisions en tout genre, sans risquer nos vies. 

L’enfance, un monde perméable 

Qu’en est-il des enfants ? Parce que le monde en vrai est à portée d’écran, ils se trouvent eux aussi concernés par les atrocités révélées. Parce que la vie enfantine n’est pas sanctuarisée ni étanche aux médias, les faits guerriers leur parviennent et ne manquent pas de les questionner.
À en juger par les propos exprimés dès le matin du 25 février, les jeunes écoliers ne se sentent pas éloignés des préoccupations de leurs parents :
« La guerre peut- elle arriver chez nous ? » telle était l’angoissante et lancinante interrogation courant comme un fil rouge tout au long de la logorrhée de paroles exprimées.
Reconnaissons que cette question résonne en nous, et au travers de notre compassion envers les Ukrainiens, nous redoutons avant tout de nous sentir, concrètement, concernés. 

Là aussi, il est un équilibre à trouver entre questions posées et réponses apportées ; rien ne serait plus dangereux que des espaces vides de mots qui auraient pour immédiateté la construction d’une réalité a fortiori erronée par ses excès ou au contraire absences de factualité.
Certes, à l’attention des enfants il n’est pas question d’entrer dans une explication exhaustive que d’aucuns d’ailleurs se trouveraient incapables de leur présenter, mais de poser des termes sur ces faits, fussent-ils hautement condamnables pour ne pas dire terrorisants.
Rien ne serait plus risqué que de laisser le vide, dont l’espace a horreur, s’installer et fixer des commentaires et légendes sur des images inscrites dans les esprits et aux encres indélébiles.
Apprendre à voir les événements et appréhender le monde et ses réalités font partie de la construction de la personne ; c’est tout l’enjeu de l’éducation aux médias qui s’édifie dès le plus jeune âge, et de jour en jour. C’est ainsi que l’on apprend également à devenir citoyen, faisant partie d’un tout, d’une société construite elle-même au travers d’une Histoire. Cet apprentissage est la résultante d’un processus de socialisation et convoque immanquablement valeurs et fondements. 

L’heure de réaliser et de confirmer s’il en était besoin que le vivre ensemble se construit à chaque instant, en tout lieu, et concerne chacun d’entre nous ; dans l’enfance et en particulier à l’école, l’éducation à la citoyenneté doit prendre toute la place qui lui revient pour édifier solidement cette responsabilité.
L’âge des élèves dans le premier degré, en particulier au cours des dernières années de primaire, se révèle particulièrement idoine pour l’émergence du sentiment d’appartenance et de conscience de partage comme le décrit Géraldine Bozec*. 

De Robert à Arthur : un printemps espérant 

En effet, en tant qu’enseignante en classe de CM2, je peux témoigner que le questionnement sur la guerre en Ukraine a débordé les premiers jours de mars et de ceux d’avril, rendant chez certains le printemps plus inquiétant que chantant.
Bien au-delà d’une présence explicite de ces tourments, la solidarité et le soutien envers le peuple ukrainien ont pu se manifester de mille et une façons par les jeunes élèves, les collectes de denrées de première
nécessité entre autres, et parfois de manière inattendue.
Ainsi, au terme d’une séquence classique d’expression écrite visant à apprendre à écrire un conte, alors que se succédaient les textes relatant les exploits de héros chevaliers secourant princesses et consorts au milieu de monstres et de licornes (très tendance, les licornes en 2022), s’est présentée la production d’Arthur, 10 ans, intitulée « La Russie contre l’Ukraine » : 

Il était une fois un jeune guerrier ukrainien qui s’appelait Davire. Il avait 28 ans, et vivait sans femme. 

En ce moment-là, c’était la guerre en Ukraine. Les habitants avaient très peur de la Russie, c’était leur ennemi. La mission pour Davire était de les sauver. Un beau jour, le jeune guerrier apparut sur le champ de bataille pour se battre contre la Russie. Il avait trois épreuves.
La première consistait à traverser la rivière de la mort pour atteindre l’armée russe.
Quant à la deuxième, elle se montra plus difficile, il fallait abattre l’armée russe et la capturer.
La troisième épreuve était assez difficile : il fallait tirer des balles pour faire la paix. Alors Davire utilisa son fusil magique et tout redevint comme avant. 

Davire se trouva une femme russe très gentille et ils eurent beaucoup d’enfants. »

Si son texte force le respect et inspire nombre d’enseignements, il montre avant tout au travers de sa conclusion impliquant les deux nationalités que les valeurs de paix et de réconciliation prônées par Robert Schuman un certain 9 mai 1950 sont loin d’être démodées.
Si ce printemps se révèle inquiétant et angoissant, il est aussi inspirant et espérant. 

Nous partageons tous, enfants et adultes, les mêmes espoirs, socles de notre avenir et destin commun.
Loin d’être futiles, les préoccupations du jeune élève dans son texte rassemblent les valeurs qui font de nous des humains. 

Bravo et merci à toi Arthur, ton conte est beau. 

* Géraldine BOZEC, Les Héritiers de la République, Éduquer à la citoyenneté à l’école dans la France d’aujourd’hui. 2010

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

Notre Secrétaire Générale distinguée de l’Ordre national du Mérite

Madame Marie-Laure Croguennec, Secrétaire Générale du CECI, a reçu, il y a quelques jours, les insignes de l’Ordre National du Mérite des mains de Madame Martine Méheut, agrégée de philosophie et Docteur d’État, présidente fondatrice de Citoyennes pour l’Europe, membre du conseil d’orientation du Cycle des hautes études européennes de l’ENA et membre du Conseil d’administration de la Fondation Hippocrène.

Cette belle récompense nationale vient en reconnaissance par la France de l’activité de Marie-Laure en matière d’éducation à la citoyenneté européenne auprès de ses élèves de primaire à l’école du Sacré Cœur à Guipavas (Brest Métropole) depuis plusieurs années, « un chemin parcouru en militante de l’Europe, et plus particulièrement en éveilleuse de la conscience européenne des plus jeunes ».
Cette reconnaissance venant du Ministère de l’Education Nationale signe aussi le grand pas accompli qui augure « d’une responsabilité assumée de l’éducation à la citoyenneté européenne de tous les élèves » dira Martine Méheut.

Cela honore notre Cercle Europe Citoyennetés et Identités.

Marie-Laure Croguennec a été, à mes côtés, secrétaire générale de la Maison de l’Europe de Brest et Bretagne ouest où elle a porté de nombreux projets européens et notamment l’éducation à la citoyenneté de l’Union européenne. « On ne nait pas citoyen européen, on le devient » disons-nous bien souvent. C’est la base de son engagement.
Se sentir Européen est, en effet, une construction mentale, une culture partagée dont on prend conscience à la condition d’en être sensibilisé. C’est ce travail permanent d’éducation auprès de scolaires qui lui vaut d’être distinguée aujourd’hui. Un plaisir que Marie-Laure veut partager : « Je vais souhaiter que d’autres comme moi soient remarqués et honorés de la sorte, et si un regard est porté sur mon action, je souhaite le partager avec tous ceux qui œuvrent dans cette même direction, peut-être de manière isolée ou en tout cas sans coup de projecteur ».

Co-fondatrice du CECI, Marie-Laure travaille également avec l’association « Citoyennes d’Europe » et l’AEDE association européenne de l’éducation dont elle a tenu des responsabilités nationales.
Au CECI nous partageons sa fierté et sa joie d’être décorée de cette importante décoration fort bien méritée.

Emmanuel MORUCCI
Président du CECI

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, 1 commentaire

Pour une éducation à l’Europe concrète

Le 15 mars dernier avait lieu, dans le Salon de l’Horloge du Quai d’Orsay, la remise du Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe 2022, en présence des ministres Jean-Michel Blanquer et Clément Beaune ; un événement labélisé (PFUE) Présidence française du Conseil de l’Union européenne. Cette reconnaissance institutionnelle a permis à la Fondation Hippocrène, à l’initiative de ce prix, de marquer l’importance d’une éducation à l’Europe dans l’action, idée inscrite dans sa philosophie depuis sa création en 1992. 

Hippocrène et Europe : de fortes et solides convictions

La Fondation Hippocrène s’appuie en effet sur des convictions fortes, confirmées par l’expérience de ses 30 ans d’existence. Ses fondateurs, Jean et Mona Guyot, sont des Européens de la première heure.
En 1952, Jean Guyot a é
té le premier responsable financier de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) aux côtés de Jean Monnet qui en était le Président. Ce fut le début d’une aventure : la CECA fut l’embryon de ce qui allait devenir l’Union Européenne. Il est impressionnant de constater à quel point les idées qui ont présidé à la création de la CECA sont restées d’actualité.
Tout homme de bonne foi reconnaît qu’il y avait là un principe profondément novateur dans les relations internationales et que cette innovation était porteuse d’efficacité. Le cadre institutionnel était inévitablement limité et des champs importants étaient laissés en dehors de cette première construction : l’espace culturel, les rapports entre les jeunes européens, la situation de catégories défavorisées ou la préservation du patrimoine commun.
 

Donner le goût de l’Europe

C’est à partir de cette analyse que la Fondation Hippocrène a été créée en 1992. Lidée est de faciliter « toutes espèces de projets concernant les jeunes Européens ou conçus par eux » avec l’ambition d’entretenir la flamme en transmettant l’esprit des “pères fondateurs”.

Fondation reconnue d’utilité publique, Hippocrène est également une fondation gérée par la famille des fondateurs, indépendante et privée. La Fondation Hippocrène a pour objectif de donner le goût de l’Europe aux jeunes Européens en soutenant la réalisation de projets concrets portés par ou pour de jeunes Européens dans tous les domaines qui permettent le partage au service d’une citoyenneté européenne commune, dans les projets où l’Europe devient le partenaire de leur engagement.

En 30 ans, la Fondation Hippocrène a soutenu plus de 1 200 projets et distribué 10 millions d’euros de dotation, permettant à 250 000 jeunes de participer activement à des projets qui leur donnent le goût de l’Europe.

Passer par l’Éducation

Partant du constat que pour que l’éducation à l’Europe touche le plus grand nombre elle doit être initiée à l’école, la Fondation Hippocrène décide en 2010 d’impulser une action d’envergure pour donner l’envie d’Europe aux élèves : le Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe, qui, conforme à lADN dHippocrène, s’appuie sur l’idée de faire vivre l’Europe concrètement aux jeunes.
Il s’agit d’un concours proposé aux établissements scolaires qui récompense les meilleurs projets de partenariat europé
en élaborés par une classe et ses professeurs. Il consiste à présenter un dossier mettant en perspective un projet original de partenariat européen élaboré par la classe avec son / ses professeurs.
Il s’
agit, dans le cadre d’échanges avec de jeunes Européens, de travailler sur toute thématique pouvant illustrer les enjeux et les valeurs communes de l’Union européenne (actions d’engagement, thématique d’action comme l’environnement, la lutte contre les discriminations, la défense des libertés, la promotion d’une culture européenne et de son patrimoine).

Un concours pour tous les jeunes

La force du Prix Hippocrène, c’est de permettre à tout type d’établissements, de professeurs et d’élèves de postuler et d’avoir des chances de remporter un prix : école rurale, lycée professionnel, enseignement agricole ; établissement élitiste, en zone urbaine, en zone prioritaire, établissement public ou privé, le partenariat européen s’adresse à tous ! 

Ce prix vise aussi à encourager et valoriser les établissements, les enseignants et les élèves qui s’engagent dans les échanges avec de jeunes Européens, dans la découverte d’une autre culture, à travers la réalisation d’un projet commun et la mobilité.

Six prix (5 de 5 000 et 1 de 10 000 €) sont décernés chaque année pour financer les projets proposés dans les catégories écoles primaires, collèges, lycées généraux, lycées professionnels, enseignement agricole. Un financement complémentaire est consacré au déplacement des élèves et enseignants lauréats à la cérémonie de remise des prix ainsi qu’à la valorisation du projet.

« Le Prix Hippocrène s’appuie sur cette conviction, validée chaque année par les professeurs, celle que des projets concrets menés ensemble par des jeunes de plusieurs pays européens sont motivants, riches d’enseignements et transforment naturellement leurs participants en Européens convaincus. »
Alexis Merville, Président de la Fondation Hippocrè
ne.

Soutien du Ministère de l’Éducation

Dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, la remise des prix a eu lieu au Quai d’Orsay, en présence des ministres Jean-Michel Banquer et Clément Beaune. Une très belle récompense pour les lauréats, une reconnaissance pour l’action de la Fondation Hippocrène, un véritable moment de grâce européenne.

Au-delà des félicitations et de l’émotion, cet événement a permis de souligner l’importance de faire découvrir aux jeunes une Europe concrète, celle qui se vit par la rencontre avec des jeunes Européens au travers de projets qui les motivent et les impliquent. Ce point a été relevé par le ministre Jean-Michel Blanquer qui l’a appuyé à l’issue de la cérémonie sur twitter « L’Europe plus que jamais nécessaire et vivante par nos enfants. Le Prix Hippocrène vise à faire découvrir ce qu’est concrètement l’Europe ».  

Le Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe est organisé en partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale, le ministère de l’Agriculture, le soutien de la Représentation en France de la Commission européenne, avec la participation de l’agence Erasmus+ France, la Maison de l’Europe de Paris, Citoyennes pour l’Europe, l’AEDE-France, l’INSP (exENA) et Toute lEurope en partenaire media. 


Les lauréats 2022 :

  • Le Grand Prix (d’un montant de 10 000 €)   Collège Simone de Beauvoir, Crolles
  • Catégorie école primaire (d’un montant de 5000 €)   École Jean Renoir, Noisy-le-Sec
  • Catégorie collège (d’un montant de 5000 €)   Collège Saint Jude, Armentières
  • Catégorie lycée professionnel (d’un montant de 5000 €)   Lycée des métiers et des services Paul Gauguin, Orléans
  • Catégorie lycée général et technologique (d’un montant de 5000 €)   Lycée Fernand Daguin, Mérignac
  • Catégorie enseignement agricole (d’un montant de 5000 €)   LEGTA La Brie, Monbazillac

La page du site sur le prix hippocrène : http://fondationhippocrene.eu/prix-2022/

Publié par Dorothée Merville dans CECI dit, Dorothée Merville, 0 commentaire