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Erasmus Days 2024 : intervention au lycée La Croix Rouge à Brest

Au LEGT, quatre élèves de Terminale qui ont réalisé une mobilité à Oslo en Norvège en septembre dans le cadre d’un projet en lien avec la Spécialité SVT ont reçu leur Europass, un document officiel de la Commission Européenne qui atteste des compétences acquises pendant la mobilité, et qui contribuera à étoffer leur dossier Parcoursup.

Une centaine d’élèves des Spécialités HGGSP et SES en Terminale ont eu la chance d’assister à une conférence avec Monsieur Emmanuel Morucci, conférencier pour la Commission Européenne sur l’Europe, ses valeurs, et sa place dans le monde. Une session de questions-réponses a permis aux élèves d’interagir et rebondir sur les points soulevés par Monsieur Morucci, qui a eu grand plaisir à échanger avec les élèves. 

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Immigration : les 27 à la recherche d’une voie, d’une voix commune

Réunis en Conseil européen, les vingt-sept chefs d’État et de Gouvernement cherchent une voie, d’une voix commune sur la question migratoire. Ils réclament, en urgence, une nouvelle loi (Les Échos 18/10/24). Encore faut-il savoir de quelle immigration il s’agit. Celles des Africains ou des Syriens par exemple, ou ciblent-ils aussi celle des Britanniques ou des Européens ? Cela va loin car même le droit de libre circulation des citoyens de l’UE, par le contrôle aux frontières, pourrait être remis en question.
Sur le sujet de l’immigration, entendons l’immigration clandestine, on constate un durcissement des positions, parfois diverses, parfois divergentes, des représentants des États membres. Outre des réalités dénoncées par les habitants souvent des zones fortement urbanisées, c’est le résultat des élections européennes qui est le point de départ d’une forme de radicalisation des choix des dirigeants européens. Cela s’est traduit par la montée des partis des extrêmes droites. On a assisté également à l’installation au Parlement européen du parti des « patriotes européens » mené par Viktor Orban, Premier ministre de Hongrie. La présidence du groupe est revenue à celui qui un temps a espéré devenir Premier ministre de la France, Jordan Bardella.
Les Européens ne répugnent plus à poser la question migratoire. Il semble même que ce soit devenu une priorité. Lors du dernier Conseil européen elle est même passée devant l’urgence du dossier de la compétitivité (Toute l’Europe, 2024). Ce devait être le thème principal du sommet. On reportera donc à plus tard les décisions concernant, par exemple car ce n’est pas le seul sujet, les importations de voitures électriques chinoises.

Une baisse significative de l’immigration

L’immigration devient une priorité car pour les Européens elle est trop importante. Pourtant la baisse est significative avec 42% sur les 9 premiers mois de 2024.
Il est vrai que sous la pression des partis d’extrême droite en Hongrie, en France ou encore en Allemagne, les dirigeants de l’UE veulent apporter une réponse rapide et stopper la progression de ces partis antidémocratiques. Même l’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, aujourd’hui Premier ministre de Pologne souhaite suspendre temporairement le droit d’asile européen. Mais, précision, lui s’oppose à la décision du Premier ministre Hongrois d’ouvrir les frontières de son pays aux ressortissants russes et biélorusses. Preuve, s’il en est, que l’on mélange toutes les formes d’immigration.
Que les illégaux soient ramenés dans leur pays d’origine est une chose, mais nous devons être lucides sur la question globale. Premièrement tous les pays n’auront pas l’opportunité des Italiens avec l’Albanie, et en second lieu, sans immigration nos économies risquent d’en payer le prix, notamment parce que la démographie est en berne dans les pays européens. Nous n’avons pas fait assez d’enfants pour assurer, dans le futur, un bon continuum économique. Les autres régions du monde sont à l’affût. Nous n’avons pas non plus mis en place de politique familiale. Mais une question est à considérer : une immigration qui coûte et ne rapporte pas est-elle acceptable pour nos pays et populations ? Une autre est : la doxa est-elle une limite acceptable ?
Autrement dit, nous avons besoin d’une immigration. Encore faut-il l’expliquer en prenant en compte tous les éléments des complexités de notre temps. La connaissance est ici d’une urgente nécessité. Un choix devrait-il, comme certaines voix le proposent, se porter sur une immigration choisie ? Le décideur politique devra alors établir une sélection entre le bon et le mauvais migrant.

La solution albanaise

Pas facile de traiter cette question tant le sujet est sensible et fait peur. Le risque d’être critiqué dans un sens ou dans l’autre est aussi réel. Pourtant il me semble important d’aborder le sujet en essayant d’être le plus méthodique possible. C’est le rôle que doivent se donner les dirigeants politiques avec l’aide de toutes les compétences et disciplines : philosophes, sociologues, anthropologues, économistes, théologiens, historiens, géographes, médecins, etc., en mettant de côté les idéologies comme seul moyen de prise de décision.
En France le ministre de l’intérieur regarde avec intérêt la position italienne de Giorgia Méloni d’un transfert de migrants secourus en Méditerranée vers l’Albanie en attendant une décision ou non d’accueil. On peut penser que ce pays dont la candidature d’adhésion à l’UE a été récemment acceptée cherche à obtenir un appui dans sa procédure d’accession à l’Union européenne. Ce pays développe une dimension politique et diplomatique. C’est en tous cas le point de vue de nombreux analystes. C’est aussi un pays qui laisse migrer nombre de ses citoyens vers l’UE. On pourrait se rassurer en se disant que les premiers à inaugurer le dispositif ont au moins la vie sauve. C’est important car au moment où j’écris ces lignes un nourrisson vient de trouver la mort dans les eaux de la Manche. L’émotion est forte bien sûr en de telles circonstances. Qu’en est-il de la valeur première du projet européen ? De celle de la dignité de la personne humaine ?
Mais pourquoi remettre la question sur le métier ? Sous la pression de monsieur Orban qui a menacé de lancer ses cars pleins de migrants vers Bruxelles ? Parce que les Français ont voté largement pour le Rassemblement national, parce que les Allemands portent les candidats de l’ALD ? Parce que dans plusieurs pays de l’UE des choix politiques sont similaires ? Ou parce que le Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en mai dernier après trois ans et demi de négociations n’a pas encore porté ses fruits ? Il est vrai qu’il ne devrait être efficient qu’en 2026. Ce qui est certain c’est que les Européens sont terriblement divisés sur cette question. Certains pays souhaitent reposer les lois sur l’immigration. L’idée serait de traiter avec des pays tiers. Encore faut-il en trouver.

La peur de l’étranger

Avons-nous peur de l’étranger ? Si nos concitoyens européens ont un comportement exacerbé c’est surtout en raison d’un nombre de délits et crimes attribués à des migrants. On ne peut le nier, ces faits existent mais ne sont pas le fait d’une majorité de ces personnes à la recherche d’un mieux-être, d’une vie meilleure sous d’autres latitudes que celles de leur pays de naissance ou d’origine. Ces derniers ne sont-ils pas ceux qui cultivent en intensif les produits agricoles espagnols qui alimentent nos tables et marchés ? Ne sont-ils pas ceux qui bâtissent nos immeubles ?

Nous devons être vigilants. La peur de l’étranger peut se transformer en « haine de l’autre » surtout lorsque des actes graves sont commis et relayés en continu par des médias. De même, la menace d’un « grand remplacement » est présenté dans les esprits de ceux qui ne vivent plus les éléments de notre propre culture judéo-chrétienne. Tout simplement la prise de conscience de notre inhospitalité (Rogozinski, 2024) gênante devant le spectacle d’hommes, de femmes et d’enfants dans la rue, sans toit, sans chaleur, sans nourriture nous amène à durcir le ton.
Mais nous ne pouvons faire l’impasse d’un questionnement déjà abordé en son temps par saint Thomas d’Aquin : Une société peut-elle absorber plus que sa culture ne peut supporter ? Sans doute pas, répondait le théologien. C’est donc bien en amont et il y a bien longtemps que nous aurions dû, nous Européens, agir pour éviter ces situations de départ en masse qui perdurent et dureront encore longtemps.
En guise de conclusion provisoire (car le débat va durer), regardons les chiffres en face : le nombre de migrants s’élève actuellement à 3% de la population mondiale et la plupart émigre vers d’autres pays du sud. Le nombre de ceux qui viennent vers l’Europe s’élève à 0,4% de la population européenne.

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Conférence sur la paix à Sainte-Adresse

À l’occasion du 80e anniversaire de la libération de la ville une conférence sur le thème de la paix était proposée aux habitants par la Mairie de Sainte Adresse (Seine Maritime).

Après une introduction par Luc Lefèvre, adjoint au maire, deux conférenciers Pierre Menguy président de la Maison de l’Europe 76 et Emmanuel Morucci, président du CECI, tous les deux conférenciers auprès de la Commission européenne, membres du réseau Team Europe Direct, ont pris la parole dans un échange instructif.

Emmanuel Morucci a développé son propos autour de 5 grands thèmes en commençant par un historique de la paix en Europe, puis il a parlé de la diplomatie et des diverses formes de coopération, des valeurs communes et pour finir des défis qui attendent l’UE comme acteur et promoteur de la paix en Europe et dans le monde.
Pierre Menguy a relevé quelques remarques introductives sur la Paix (paix à l’intérieur des états, paix entre les états et les 2 réunis assurent la prospérité et le bien-être). Il a ensuite évoqué la construction européenne comme étant un vecteur de paix interne sur un temps long (1945−2007) avant de parler du traité de Lisbonne qui porte la notion de paix en interne par la solidarité.
L’UE conclura-t-il se veut aussi être un vecteur de paix entre pays à l’extérieur.

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Erasmus Days 2024


Dans le cadre des Erasmus Days 2024, le président du CECI, Emmanuel Morucci, intervient

  • en collège à Saint-Pol-de-Léon le 14 octobre pour parler de la citoyenneté européenne
  • au lycée de La Croix Rouge à Brest le 17 octobre sur le thème « L’Europe et ses valeurs ».

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Élections européennes : trompe-l’œil ou tromperie ?

« Non, ce sont des élections européennes et en aucun cas un scrutin national. » Nous avons tous entendu pendant la campagne ces propos justes et justifiés, prononcés par l’exécutif pour contrer les tentatives de désinformation de certains candidats cherchant un marche-pied électoral pour accéder au pouvoir, prêts à tout et ne reculant devant rien quitte à galvauder la réalité et les enjeux du scrutin européen et faire fi de toute éthique : par nature, les élections européennes sont déconnectées d’une quelconque incidence parlementaire nationale, et protègent le scrutin de manœuvres électoralistes nationales.

En écho, nous sommes nombreux à avoir relayé et étayé cette évidente affirmation par une détermination à refuser la moindre instrumentalisation des élections européennes. La solennité du rendez-vous démocratique européen imposait au minimum de respecter la nature et l’objet de ces élections et ne souffrir d’aucun détournement populiste.

Et… patatras ! L’annonce du Président de la République est venue balayer d’un revers de parole cette garantie institutionnelle, allant même jusqu’à inverser les enjeux et démentir les propres propos tenus. Comprenne qui pourra.

Record battu

En ce 9 juin, en France la soirée électorale européenne aura duré moins d’une heure. En effet dès 21 h, il ne fut plus question des résultats à l’échelle du vieux continent, mais de la perspective programmée d’un scrutin législatif chevauchant allègrement l’échelle européenne pour se replier sur un périmètre national : stratégies et spéculations n’ont pas tardé à alimenter commentaires et débats qui auraient pu s’apparenter à une mauvaise blague si la situation n’avait pas été aussi dramatique.
Sincèrement, l’Europe méritait mieux.

Depuis, près de quatre mois se sont écoulés. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, la saison estivale a vu se succéder à un rythme très aléatoire élections législatives, démission du gouvernement devenu astreint à gérer les affaires courantes, nomination d’un nouveau Premier ministre, et enfin constitution d’un nouveau gouvernement.

Et l’Europe dans tout ça ?

Dans cette perspective, les pronostics sont allés bon train pour spéculer sur les nominations aux différents ministères, cristallisant sur ceux de la Place Beauvau et de Bercy les paris les plus nombreux. Sans minimiser les enjeux en matière de sécurité, voir le Ministère en question susciter autant de convoitises en dit long sur le regard « intérieur » que portent les politiques. Gageons que ce ne soit pas le reflet d’un repli sur soi ni d’une vision rétrécie. Sans aucun doute, le portefeuille du Quai d’Orsay attribué depuis le 21 septembre au discret Jean-Noël Barrot, à en juger par ses sept mois passés – dans le contexte des élections européennes, rappelons-le – à sa mission en charge de l’Europe, a fait couler moins d’encre. Gageons alors que la formulation « Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » hiérarchisant les termes soit évocatrice de sens et porteuse d’ambition européenne à hauteur des enjeux.
Malgré les conséquences nationales que nous traversons actuellement sur le plan des institutions, notre quotidien ne s’arrête pas à la porte de nos frontières avec nos voisins. Le monde a continué d’exister à défaut de tourner rond depuis le 9 juin, même si nous nous en sommes détournés par un regard franco-français subi ou assumé : le dictateur russe est toujours aussi redoutable, le terrorisme au Proche-Orient toujours aussi présent, les élections américaines n’ont jamais été aussi proches.
Et puis, ne l’oublions pas, l’Union européenne a procédé elle aussi à l’installation de ses nouveaux députés avec les nominations qui ont suivi. La reconduction d’Ursula von der Leyen ne doit pas occulter le rendez-vous démocratique européen qui s’est joué lors de ces élections avec tous nos voisins.

Maintenant ou jamais

Dans ce contexte, l’Europe est bien présente par la nomination du nouveau Premier ministre : par sa fonction renouvelée de Commissaire européen et son rôle de négociateur en chef pour l’UE dans le cadre du Brexit, Michel Barnier, à la fois connu et reconnu à l’échelle européenne, devrait jouer à domicile dans l’espace européen.

Les conditions ne sont-elles pas réunies pour plus d’Europe ?
Même si son exercice s’annonce périlleux sur bien des plans, l’audace et le courage doivent être au rendez-vous pour réparer la confiance en nos gouvernants et représentants. Parmi tous les enjeux rivalisant d’importance, celui de reconnecter les citoyens avec les institutions est sans doute essentiel tant pour un avenir proche que pour l’exemple et le modèle qui s’inscriront dans la mémoire collective ; il y va de l’exercice de notre citoyenneté.

Alors pour s’éloigner de ce qui a pu être ressenti comme une tromperie le 9 juin en y associant l’Europe de manière maladroite pour ne pas dire malsaine, et surtout parce que la réparation ne doit pas se confondre en un trompe-l’œil ce qui rendrait le remède pire que le mal, l’heure est venue de transcender les sempiternels fonctionnements systémiques sclérosants : osons nous décentrer de nos habitudes, osons nous détacher sans pour autant les renier de nos particularités, osons voir grand. Jean Monnet le prédisait : « L’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises. »
Soyons au rendez-vous.

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

Bruxelles : quand les portes claquent…

Aussi inhabituelle que brutale, la réaction épidermique autant que promptement annoncée, de Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Elle a été encore plus spectaculaire car le membre français du collège bruxellois l’a voulue à effet immédiat, quittant ses fonctions et la capitale belge le jour même, et sans finir son mandat, qui ne s’achève formellement qu’à la prestation de serment des nouveaux Commissaires devant la Cour de Justice, à Luxembourg, une fois acquis l’adoubement par le Parlement européen, juge en dernier ressort, ainsi qu’il l’a prouvé lors des renouvellements précédents.

Cette démission a frappé car elle fait suite à un vote sans précédent du collège bruxellois contre le partant, sur initiative disciplinaire de Mme von der Leyen. Elle est encore plus retentissante car M. Breton venait d’être reconduit par le Président de la République, sans aucune objection, dans un contexte politique pourtant très agité.
Aux observateurs de la vie communautaire, elle confirme les dissensions internes au collège bruxellois, composé, rappelons-le de personnalités qui, dans leur mandat, agissent en toute indépendance, mais pas en toute irresponsabilité. Leur neutralité apparente n‘est pas pour autant une stérilisation des engagements personnels de chacun. Et les coups d’éclat, s’ils ne filtrent pas à l’extérieur, ne sont pas rares au Berlaymont, le soussigné en a vécu quelques mémorables, notamment à l‘époque de Ray Macsharry, père de la première réforme de la Politique Agricole Commune.

Il faut aussi préciser que les membres du collège bruxellois ne sont pas tous et toutes des politiciens professionnels, ce qui ne les prive pas d’une certaine sensibilité.
Pour certains, l’adoubement à la Commission est un bâton de maréchal couronnant une carrière de haut niveau, économique politique, associatif, syndical, universitaire même. Tel fut le cas de Raymond Barre !
Pour d’autres c’est un moyen de les exfiltrer de la politique nationale, et les exemples ne manquent pas. Il est du reste fréquent qu’au terme de leur mandat les Commissaires soient recrutés comme conseillers spéciaux ou administrateurs de grandes entreprises internationales, sous réserve qu’ils n’aient pas eu des relations suivies avec celles-ci dans leur mandat.
Mais la règle n’est pas totalement hermétique, et à cet égard, le cas de Martin Bangemann parti couler des jours idylliques qu’il espérait heureux mais en tout cas dorés, chez Telefonica a en son temps fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Reste que pendant leur mandat, et passé la redoutable épreuve de l’audition et du vote d’intronisation par la commission compétente du Parlement européen, les heureux investis peuvent souffler un temps, avant de connaître d’autres pressions, en particulier de par l’avalanche des sollicitations.
Quant au reste, si les décisions sont collégiales, chaque Commissaire n’est pas pour autant livré à lui-même : il doit régulièrement rendre compte, informer, solliciter l’avis de ses collègues, le principe de collégialité voulant qu’on fasse le maximum pour arriver à un consensus, mais le vote à la majorité permettant le cas échéant de trancher. Quitte à ce que certains membres fassent connaitre leur désapprobation, après avoir proposé sans succès des amendements ou des variations, parfois inspirés par les intérêts de leur pays d’origine, mais non moins souvent, et plus heureusement, par l’intérêt du secteur ou de la politique dont ils ont la charge. Ainsi les frictions entre agriculture et environnement, ou industrie et commerce extérieur sont-elles célèbres, fréquentes et riches en… décibels !

Le mandat de commissaire semble un long fleuve tranquille ; au fil du temps toutefois, l’autorité accrue du Parlement européen rend la position plus délicate face au remous des questions et des critiques. De même les exigences de la lutte anti-fraude ont rendu le suivi des agissements plus pesant et parfois très périlleux. Les habitués des coulisses bruxelloises se souviennent ainsi d’un Commissaire maltais contraint à la démission dans la nuit pour des soupçons de corruption jamais totalement élucidés, la Cour de Justice ayant évoqué un doute plus diplomatique que pragmatique.
Enfin les sautes d’humeur répétées, le dialogue au vitriol entre Commissaires, ou entre l’un d’eux et le Président peuvent aussi conduire à des éclats comparables à ceux des gouvernements nationaux, notamment lorsqu’il s’agit de coalitions parfois difficilement constituées. Ainsi Édith Cresson s’est-elle attiré les foudres de ses collègues, du Parlement et des organes de contrôle pour ses agissements et pour le recrutement de son dentiste à son cabinet, sans compétence au regard des dossiers à traiter, d’où des invectives et allusions, auxquelles, fidèle à son image, elle répondit vertement. Devant la menace d’une censure du collège, le Président, Jacques Santer, lui-même fortement attaqué pour son laxisme, présenta la démission du collège entier, créant ainsi une précédent spectaculaire, avec en particulier la nomination de nouveaux Commissaires, ou leur reconduction, pour la durée restante du mandat, sans assurance d’être reconduits l’année suivante pour un mandat plein.

Que dire de ces aléas et de ces soubresauts ? Les incompatibilités d’humeur entre membres du collège ne sont pas nouvelles, et sont aléatoires Seul leur contexte est à relever, et il est souvent lié à l’excès de zèle ou de patience face aux grandes politiques, en particulier la concurrence et le bras-de-fer toujours latent avec Chine, Japon, USA, Mercosul.
Mais ce coup de projecteur ne restera pas sans lendemain : l’arrivée de Commissaires d’extrême-droite et même le portefeuille de vice-président promis à l’un d’entre eux risquent de déclencher des avis de tempête dans les couloirs bruxellois. Du moins ne pourra-t-on plus accuser les pilotes de la machine européenne d’être coupés du monde du fait même qu’ils sont coupés entre eux !

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Conférence à Sainte-Adresse

Conférence

« Le modèle européen est-il un vecteur de paix ? »

Dans le cadre de la commémoration
du 80e anniversaire de la libération de Sainte-Adresse,
la municipalité de Sainte-Adresse (Seine Maritime)
vous propose une conférence présentée par

Pierre Menguy

Conférencier Team Europe Direct,
Membre du Cercle Europe Citoyennetés été Identités – CECI,
Président de la Maison de l’Europe de Seine-Maritime

et

Emmanuel Morucci

Sociologue, Conférencier Team Europe Direct,
Président du Cercle Europe citoyennetés et identités – CECI.

Pour y assister, rendez-vous à 18 h 30
à la mairie de Sainte-Adresse
le 10 septembre 2024.

Mairie de Sainte-Adresse
1 Rue Albert Dubosc
Sainte-Adresse  76310  Seine-Maritime
Normandie

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Forum des Associations 2024 à Guipavas

Le samedi 7 septembre 2024, des membres du CECI seront présents à Guipavas au Forum annuel des associations pour présenter les activités de leur organisation.
Si les activités du CECI sont européennes et particulièrement à l’échelon national le Think tank a son siège dans la ville de Guipavas.

Rendez vous de 9 h à 17 h
Halles du Moulin neuf

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Sapin européen – European Christmas Tree Decoration Exchange 2024

Descriptif – Qu’est-ce que l’opération « Sapin européen » – European Christmas Tree Decoration Exchange ?

  • Un projet culturel fondé sur un échange de décorations de Noël fabriquées par des élèves d’écoles primaires sur tout le territoire européen.
  • Les élèves préparent également une présentation des traditions de Noël dans leur région ou leur pays, et formulent des vœux pour l’année 2025.
  • Les écoles envoient une photographie du sapin décoré avec les décorations reçues au CECI

Les écoles participantes sont mises en réseau au sein de groupes de 25 écoles en moyenne. Ainsi, chaque école réalise 24 envois et en reçoit tout autant.

Intérêts

Une situation authentique pour apprendre la géographie de notre continent, mais aussi découvrir la culture européenne au travers de ses similitudes et particularités. Les compétences numériques et langagières, y compris en langues étrangères, sont également développées.

Objectifs

Les élèves acquièrent des connaissances sur d’autres pays d’Europe par le biais d’activités créatives.
C’est aussi l’occasion pour chacun de mieux connaître sa propre culture en réalisant ces décorations et en communiquant sur ses traditions, tout en découvrant comment cela se déroule dans les pays voisins.
Il est souhaitable également que des liens se créent entre écoles, avec pourquoi pas la poursuite de partenariats dans le futur.

Concrètement

Chaque école décore son sapin grâce aux décorations reçues et l’installe dans ses locaux ou tout autre espace public afin de faire partager l’expérience.
Les écoles reçoivent également de leurs partenaires européens un petit dossier explicatif sur la présentation de l’environnement des écoles et les traditions de Noël.

Ce que vous devez faire

Nous sommes ravis de votre implication dans le projet qui vous engage à :

  • Réaliser pour chacune des 24 écoles partenaires de votre groupe un envoi comprenant : une décoration (ou plusieurs) et un petit dossier explicatif sur votre environnement et les traditions de Noël.
  • Prendre en charge l’envoi postal aux 24 autres écoles en respectant le calendrier prévu (cf ci-dessous).

Afin de valider votre inscription, merci de compléter le tableau d’informations et l’envoyer au CECI pour le 4 octobre.
Registration schools – 2024 -

Votre école peut faire participer une classe ou l’école entière, c’est à votre convenance.

Récapitulatif du calendrier et questions fréquentes.

Quelle sorte de décoration ?

Choisissez des décorations de Noël sympboliques de votre région ou pays. Elles peuvent être réalisées dans toutes sortes de matériaux (papier, carton, plastique, bois, fil, ficelle, etc.), de toutes tailles également, sans oublier qu’elles devront être acheminées par courrier postal (pas trop fragiles pour arriver intactes, pas trop lourdes pour limiter le coût).
Pensez également à inscrire discrètement sur les décorations (par exemple à l’arrière) le nom de votre pays ; par expérience, cela s’avère très pratique pour s’en souvenir au moment de l’installation puis ensuite quand on admire le sapin.

Combien de décorations envoyer ?

Merci d’en réaliser 24, c’est-à-dire autant que d’écoles dans votre groupe. Certaines écoles en confectionnent une seule, d’autres un lot de plusieurs, c’est à vous de décider en fonction de la manière dont vous impliquez vos élèves dans le projet. Cela dépend aussi souvent du degré de facilité de fabrication des décorations. Toutes les options sont possibles dès lors que chaque école partenaire de votre groupe en reçoit.

Pourquoi y a‑t-il parfois des différences entre les décorations et envois ?

Le style et la qualité des décorations peuvent être très divers. Cela peut dépendre de l’âge des élèves, du matériel utilisé, de l’implication des écoles, du budget disponible pour les envois postaux, etc.
Quoi qu’il en soit, c’est la variété, la diversité et surtout l’esprit du projet qui sont dominent.
Faites pour le mieux, en fonction de vos réalités.

De quoi doit être composé votre envoi ?

En plus des décorations, joignez un petit dossier sur les traditions de Noël dans votre région ou pays. Ce peut être sous la forme d’un feuillet papier, d’un dossier numérique ou toute autre idée.
Vous pouvez y faire apparaître :

  • Des informations générales sur votre situation géographique, les langues, le climat, la nourriture et les plats spécifiques, tout ce qui à vos yeux est typique de votre environnement.
  • Une photo de votre école (éventuellement des élèves).
  • Le choix de vos décorations.
  • Comment se déroule Noël.
  • Une formulation de vœux pour 2025.
  • « Joyeux Noël » dans différentes langues (régionales le cas échéant).

Calendrier

Complétez le tableau avec les renseignements demandés et adressez-les au plus tard pour le 4 octobre soit au Centre Europe Direct ou l’organisme avec lequel vous êtes en relation pour ce projet et qui vous a communiqué les informations, ou au CECI dans le cas contraire.
Registration schools – 2024 -

25 octobre – Aux environs de cette date, vous recevrez la liste des écoles partenaires de votre groupe.

Vendredi 15 novembre – Dernier délai pour poster vos courriers.

N’oubliez pas d’inscrire les coordonnées de votre école sur les enveloppes afin que les écoles destinataires identifient facilement les expéditeurs.

Il est très important de respecter le calendrier afin que les décorations parviennent non seulement avant Noël mais suffisamment tôt pour que les élèves en profitent. Les dates des vacances ne sont pas les mêmes partout, et l’acheminement du courrier peut être très variable et très long… L’enjeu est de ne pas décevoir les enfants.

Lundi 9 décembre – Aux alentours de cette date votre école devrait avoir reçu tous ses colis, et vos élèves prêts à profiter au mieux du projet pour décorer et apprécier cet unique « Sapin européen » !

Informations complémentaires

Un groupe FaceBook (privé) sera créé : les enseignants peuvent le rejoindre, y publier photos et messages, ou toute information relative au projet. Il n’est pas obligatoire de publier des photos d’élèves si vous ne le souhaitez pas. En revanche, celle de votre sapin décoré sera très appréciée ! Dans la communications sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à utiliser la balise #EuropeanChristmasTree.

N’hésitez pas non plus à contacter la presse et faire connaître le projet. Merci d’adresser le cas échéant les parutions dans le groupe FaceBook ou au CECI.

Autres questions ?
Contactez votre relais Europe Direct ou utilisez le formulaire suivant

Publié par Marie-Laure Croguennec dans EuropeanChristmasTree, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

UE : un hémicycle transformé et stabilisé

Après la trêve estivale et celle des Jeux olympiques, les activités reprennent peu à peu tout au moins au niveau national européen. Il en va de même pour le CECI qui va suivre, pour analyses, différents épisodes de la vie politique et citoyenne de l’UE. Déjà entamées, celles-ci sont déjà nombreuses. Revenons sur les élections européennes.

Sur le plan politique les élections européennes ont été marquées en Europe par une poussée des partis de la droite eurosceptique, radicale et extrême qui comptent désormais trois groupes différents (et donc des moyens octroyés différents) : si l’on regarde en détail, cela donne le groupe « European Conservatives and Reformists » (ECR), les « Patriots for Europe » (PfE) et « Europe of Sovereign Nations » (ESN). Ces trois groupes comptent au total 187 députés.
Le PPE (Parti Populaire Européen – centre droit démocrate chrétien), reste majoritaire avec 188 eurodéputés.
À gauche, les groupes S&D, des Verts/ALE et de La Gauche (The Left-GUE/NGL) dont les français LFI agrègent des partis qui se revendiquent de la sociale-démocratie ou des partis travaillistes comme le SPD allemande, le SAP suédois, le PvdA néerlandais. Les trois députés français de Place Publique, les 10 députés du PS français, le PS portugais, le PS belge, et d’anciens partis communistes reconvertis comme le BSP bulgare y trouvent leur place.

En France, les électeurs ont envoyé au Parlement de Strasbourg sur 81 élus un groupe de 30 parlementaires issu du Rassemblement national. C’est important mais pas de nature à changer les choses. Comme l’écrit Jean Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman : « les contestations nationales ont contribué à renforcer les critiques mais ne remettent en cause ni les politiques de l’Union, ni la majorité centrale qui en dirige les institutions ».

Au total, les partis proeuropéens restent majoritaires et ont poursuivi la désignation de nouveaux présidents des institutions. Du point de vue démocratique, l’exemple le plus significatif est que Ursula von der Leyen a été réélue Présidente de la Commission européenne avec 401 voix sur 719, soit 55,7% des sièges. Son élection a été rendue possible grâce au soutien explicite des groupes PPE, S&D, Renew et Verts/ALE. Roberta Metsola est quant à elle reconduite dans ses fonctions de Présidente du Parlement européen. Ces deux élections traduisent la grande stabilité politique de l’Union, prise dans son ensemble.

Le cas français

À noter, du point de vue de la politique française et par extension de la politique européenne des États membres de l’UE, que si les électeurs hexagonaux ont envoyé lors de ces élections un groupe important de ce parti d’extrême-droite au Parlement européen le résultat a donné lieu à une dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République. Depuis les élections législatives la situation politique semble inextricable dans le pays, et l’instabilité devrait durer plusieurs mois tant des points de vue politique, qu’économique et social, ce qui laissera des traces durables dans la gestion politique du pays avec des incidences notables au niveau international.

En effet, des échéances pressantes attendent le Premier ministre qui sera nommé dans les prochains jours, comme la présentation d’ici le 20 septembre devant la Commission européenne d’un plan sur quatre ans pour réduire les déficits publics. De fait, avec une dette publique de 110 % du PIB et un déficit public de 5,5 % du PIB en 2023, la France ne respecte pas les critères du nouveau Pacte de stabilité et de croissance (PSC) adopté au printemps dernier.

En Europe, le résultat des élections européennes évoque la possibilité d’une fracture sérieuse entre pays européens, particulièrement avec la Hongrie de Viktor Orban. Ce dernier a constitué le parti Patriots au sein duquel le RN français participe activement. C’est le Président du RN Jordan Bardella qui le préside. Ce dernier savait qu’il aurait ce rôle plus de 10 jours avant le résultat des élections législatives en France. Il n’a donc jamais envisagé devenir Premier Ministre.

Un « aller simple » pour Bruxelles ?

Alors que la Hongrie préside pour six mois le Conseil de l’Union européenne, la première action a été de rencontrer le Président russe, sans en avoir aucun mandat, mettant de fait les autres pays membres dans une situation délicate. Celui dont le slogan de présidence de l’UE est :“Make Europe Great Again”, référence pour le moins trumpiste. Une situation dangereuse en période de tensions pour cause de guerre contre l’Ukraine que les institutions ont immédiatement rejetée en insistant sur l’inexistence d’un mandat. Cela n’empêche pas la Hongrie de valider un assouplissement des conditions d’entrée dans ce pays pour les ressortissants russes et biélorusses, ce qui entame la sécurité de l’espace Schengen.
À ce sujet, le porte-parole de la Commission européenne, a déclaré : « Lorsqu’il s’agit de notre acquis et des règles de Schengen, la Hongrie est liée à tout moment par les règles de Schengen, et cela signifie qu’il doit y avoir des contrôles très approfondis, non seulement si vous êtes en possession d’un visa ou d’un permis de séjour valide, mais aussi si vous avez des contrôles de sécurité approfondis en place ».

Comme si cela ne suffisait pas le gouvernement hongrois menace de payer un aller simple vers Bruxelles pour les migrants entrés dans son pays. Si la rupture n’est pas consommée nous n’en sommes plus très loin. Aux Hongrois de se positionner, s’ils préfèrent l’UE ou une alliance avec la Russie de Vladimir Poutine. Un « Hongrexit » n’est peut-être plus très loin.

Mais dans le même temps l’UE continue d’avancer tant du point de vue des idées que du fonctionnement démocratique, ou encore du poids dans le reste du monde. À titre d’exemple, parce que significatif quant à l’origine du pays, citons la proposition du Président de la Banque centrale italienne qui plaide en faveur d’une capacité budgétaire commune de l’UE. Son idée est d’agir pour garantir la paix et la prospérité, valeurs initiales de la construction européenne. Pour cela, dit-il, l’Union européenne a besoin d’une « capacité budgétaire commune ». Cela va dans le sens de la nécessité de renforcement de l’autonomie européenne et de la défense de l’UE. Cet impératif est désormais intégré et partagé.

La législature 2024–2029 va être dense. De fait, il est devenu urgent de s’adapter aux changements technologiques et géopolitiques tout en soutenant la compétitivité. Bien évidemment les objectifs environnementaux et climatiques restent au cœur des projets. Gageons que ce soit en faveur des citoyens de l’UE.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, Les contributeurs, 3 commentaires