Marie-Laure Croguennec

Cybersécurité : comment éviter les pièges sur les réseaux sociaux ?

Le CECI a poursuivi son cycle consacré à la cybersécurité. Pour ce 3e volet, après l’énergie et la banque, la défense européenne, place était donnée aux réseaux sociaux.

La navigation sur internet et les réseaux sociaux font désormais partie du quotidien des citoyens. C’est une réalité.
Qui n’a pas connu des piratages de comptes, ou eu des frayeurs dans des situations où l’apparition d’un lien s’est traduit en un clic par le début de mésaventures ? À l’image de la circulation routière, il existe toute une réglementation, mise en place par l’UE pour protéger les citoyens.

Cela ne suffit pas toujours : encore faut-il être initié, informé, documenté, en un mot éduqué pour naviguer sur la toile en limitant les risques, pour s’approprier cet espace qu’on pourrait parfois qualifier de jungle, sans se faire pièger par la malveillance, la manipulation, la désinformation. Comment repérer les écueils ?

C’est à ces questions qu’ont répondu les deux invités de la soirée, Grégory Karwa – spécialiste en cybersécurité au Crédit Mutuel Arkéa, membre de l’interCERT France (Computer Emergency Response Team) – et Benoît Josset – conférencier TeamEuropeDirect avec spécialisation dans la diplomatie académique européenne et chercheur en Sciences politiques, engagé dans les enjeux de cybersécurité et protection des données.

Tous concernés par les bonnes pratiques à adopter

Un jeu de questions/réponses pour prendre conscience, en tant que citoyens européens, des dangers d’exposition à des contenus dangereux ou à la cybercriminalité, de manière plus élargie aux risques de toutes sortes qui n’épargnent ni les collectivités ou les institutions, voire les États qui eux aussi subissent des situations d’ingérence où la question de leur souveraineté est posée.

Une soirée riche en informations, on pourrait même dire en éducation. Des citoyens impliqués et responsabilisés sont avant tout des citoyens éclairés.

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Le 9 mai, on doit en faire tout un programme

Joli, le mois de mai, c’est aussi le mois de l’Europe. Au-delà du repérage de telle ou telle animation aux couleurs européennes flirtant avec les jours fériés qui généralement ne manquent pas en ce 5e mois de l’année, les calendriers sous quelque forme que ce soit n’évoquent pas ou au mieux timidement l’origine de l’association du mois de mai avec l’Europe. Pas d’évocation ni d’explication, pas d’explicitation ni de compréhension, donc en bout de chaîne pas d’appropriation. Comment s’en étonner ?

Cette discrétion ou pire invisibilité d’information trouve entre autres sa source dans la carence d’éducation à la chose européenne. Tout en n’empêchant pas de s’y atteler, par un certain flou et de grandes généralités les programmes scolaires font la part discrète à l’éducation à la citoyenneté européenne.
Une géométrie plus que variable en découle alors, justifiée par moult raisons dont la lourdeur des sacro-saints programmes parfois plus déversés que dispensés et après lesquels courent les enseignants, couplée avec la perspective d’une fin d’année à grands pas approchée. À la préférence citoyenne et européenne le choix stratégique de la préférence programmée des programmes.
Comment pourrait-on faire reproche aux enseignants de suivre les recommandations de la rue de Grenelle ? Antre qui paradoxalement alimente toutefois ses espaces de ressources pédagogiques pour colorer en bleu étoilé de jaune les trente-et-un jours de ce mois nommé en l’honneur de Maia, divinité romaine évoquant le renouveau par la croissance et la fertilité.

Et Robert déclara sa flamme…

Et pourtant, qu’il est riche ce mois de mai ! Riche d’histoire et de stratégie tout d’abord quand un certain Robert Schuman, l’homme aux trois nationalités, né allemand, d’origine familiale luxembourgeoise et devenu français après le retour de l’Alsace-Lorraine dans l’Hexagone, eut l’audace de faire passer à la réalité son rêve de paix.
Enfreignant les régles hiérarchiques, diplomatiques et protocolaires, il prit le risque d’un va-tout pour déclarer sa flamme à l’Europe par la voie d’une réconciliation entre belligérants jugée par d’aucuns improbable.
Son discours le 9 mai 1950 au cœur du Salon de l’horloge du quai d’Orsay qui abritait son bureau de ministre des affaires étrangères s’est inscrit, les murs s’en souviennent, comme la « Déclaration Schuman » prônant le détournement de l’usage des matières premières d’hier dédié à la fabrication des armes en vecteur de reconstruction collective sur fond de réconciliation par 6 pays qui les décennies précédentes s’étaient surtout affrontés.
Rendre vertueuse la production de charbon et d’acier au travers de la reconstruction physique nécessaire après la Libération, mais surtout au travers des cœurs et des esprits : la CECA, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier allait naître. En fallait-il de l’audace et du rêve fou pour un homme si posé et mesuré, droit comme les études qu’il avait suivies, mais tellement meurtri par l’ambition destructrice des esprits hégémoniques.

La vie humble et sobre d’un homme aux idées révolutionnaires et fougueuses, écloses par un besoin viscéral de paix durable a nourri un projet. Robert Schuman savait de quoi il parlait ; les guerres, il les avait vécues.
Décidé par les dirigeants européens en 1985, c’est un an plus tard que fut célébré pour la première fois l’anniversaire de la Déclaration Schuman en créant la Fête de l’Europe. En ce 9 mai 2026, cela fait ainsi 40 ans que les Européens ont une fête à eux et à leur portée, témoin des liens qui célèbrent, rassemblent et unissent.
Comme nous l’écrivions plus haut, même s’il n’y a pas d’injonction à une célébration de la Déclaration Schuman, de nombreux enseignants sensibilisés et formés à l’importance de l’éducation à la citoyenneté européenne rendent leur enseignement empreint de ce terreau aux valeurs humaines et personnalistes par la rencontre avec celui qui est devenu le Père fondateur de l’Europe. Aux côtés de Jean Monnet, Konrad Adenauer et Alcide de Gaspéri, dont le village de Scy-Chazelles abrite les sculptures, Robert Schuman fait figure de repère pour comprendre l’envergure audacieuse osée pour qu’aujourd’hui, 76 ans après, nous vivions encore en paix.

Des jeunes inspirés

C’est cette rencontre, racontée et commentée, qui a questionné Lenny demandant pourquoi l’ami Robert ne figurait pas sur la frise historique accrochée sur les murs de la classe.

C’est cette rencontre avec l’homme politique lorrain qui a interrogé Gauthier sur la raison pour laquelle le 9 mai n’était pas sur le territoire de l’UE déclaré jour férié.

C’est cette rencontre avec celui qui a consacré sa vie à mettre en œuvre les valeurs humanistes qu’il défendait qui a fait jaillir la pensée de Gabrielle résumant le cours de la vie de Schuman par ces mots : « À la place de ne penser qu’à lui il a pensé aux autres ».

Vaste programme, s’il en est. Le 9 mai en est la source, cela vaut bien un mois printanier et son cortège de symboles de fertilité pour renouveler la promesse engagée, adressée aux femmes et aux hommes aux commandes mais aussi à la jeunesse inspirée. Il n’y a pas d’âge pour s’éveiller aux valeurs essentielles de paix et de solidarité. Ces trois futurs citoyens cités n’ont pas encore l’âge de voter mais du haut de leurs onze années, ils nous prouvent que le futur se conjugue au présent.

Tout cela nous fait dire qu’au pays des 365 fromages, du 9 mai on peut, on doit en faire tout un programme.

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La défense en Europe : quelle cybersécurité pour les citoyens ?

Après l’énergie et la banque, c’est sur le thème de la Défense que s’est concentré ce deuxième volet du cycle cybersécurité organisé par le CECI.

Une assemblée attentive jeudi 26 novembre 2026 au Campus de Kéraudren-UCO à Brest pour écouter les interventions de Iulia Badea-Guéritée, journaliste et conférencière pour la Commission européenne, spécialiste des questions de cybersécurité et de lutte contre la désinformation et Salam Doumiati, enseignante-chercheuse à l’ISEN-Brest où elle travaille en tant que responsable du DP Cybersécurité.
Après une introduction assurée par Guillaume Chiquet, représentant des jeunes IHEDN, place a été donnée aux exposés des deux intervenantes offrant au public un apport d’informations éclairant les enjeux qui se trament au quotidien dans la vie des citoyens : les attaques ne sont pas qu’une affaire de technologie et concernent toutes les strates de la société, le système reposant sur le lien le plus fragile.
Des effets des fakes news à la guerre identitaire dont le but est de pervertir l’opinion publique, les dangers sont bien réels et s’immiscent auprès des citoyens rendant nécessaires au-delà d’une simple prise de conscience des pratiques réactives et responsables de la part de chacun de nous.

Encore une fois, le CECI apporte une contribution utile et révélatrice, permettant une réflexion approfondie au travers de ces temps d’information débouchant sur des échanges riches et pertinents avec un public combinant une diversité d’âges, de situations professionnelles, ou d’horizons variés.

À retrouver bientôt sur la chaîne YouTube du CECI.

Prochain volet le 6 mai, avec l’accent mis sur les réseaux sociaux.

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Enjeux européens : Alexandre, inspiré et inspirant

Pour de nombreux élèves et classes d’écoles primaires du territoire européen, c’est désormais devenu une tradition de plus parmi toutes les autres lors des deux derniers mois de l’année : créer des décorations de Noël, les accompagner d’un petit dossier relatant les us et coutumes inhérentes et les expédier à des partenaires scolaires du territoire européen.
C’est le principe du Sapin européen, alias European Christmas Tree Decoration Exchange, mis en place il y a une quinzaine d’années par le Centre Europe Direct de Wrexham au Pays de Galles et Karen Morrisroe.
Depuis deux ans, c’est le CECI qui s’est vu confier la gestion de l’opération qui n’en finit pas de se développer : la participation croissante de 350 écoles en 2023, plus de 400 l’année suivante et 481 en 2025 confirme l’engouement des enseignants dans un premier temps, mais aussi celui des élèves qui en restent les lutins de Noël puisque ce sont leurs réalisations qui voyagent pour élire domicile sur les branches de sapins dans d’autres pays que ceux de leur naissance.

DIversités réunies et partagées

Si le succès est éloquent par la dimension quantifiable – cette année plus de 37 000 élèves ont participé au projet ce qui laisse présager d’un nombre encore plus important de personnes touchées par dissémination – l’intérêt vécu par les artisans de l’opération eux-mêmes retient toute attention.
Parole a été donnée à une classe d’élèves ayant participé au projet.
Les propos relevés témoignent de l’ouverture à l’autre et le plaisir de découvrir des traditions différentes : « C’est intéressant », comme l’ont souligné Jade et Stan. Effectivement, la tradition grecque de décorer les bateaux remarquée par Aelya ou celle d’attendre en Espagne le 6 janvier et le passage des Rois Mages pour recevoir les cadeaux relevée par Eloann piquent la curiosité de tout un chacun, et construisent peu à peu ce patrimoine culturel partagé même s’il se décline sous des formes différentes : « On ne reçoit pas les mêmes décorations d’un colis à l’autre ! » ajoute Gabrielle pour qui cette diversité est un atout.
Ajoutons à cela la dimension géographique pour intégrer par le voyage postal des courriers les espaces européens, ce sont autant de connaissances qui permettent de prendre conscience des distances et des lieux, autre occasion de s’initier aux noms des capitales européennes respectives : les apprentissages géographiques prennent alors tout leur sens et font dire à Adam et Charles la fierté de recevoir des colis situés « si loin » sur la carte mais devenant ainsi tout proches, et pas seulement par la magie de Noël.
Ce côté exotique par les différences des traditions cohabite aussi avec les similitudes : repas familial, décorations des rues et des maisons, échange de cadeaux. C’est ce que résume Bleuenn : « C’est quand même bien de connaître ce qui se passe dans d’autres pays ». Les enseignants quant à eux évoquent l’opportunité de situations authentiques pour communiquer et mettre à profit la pratique des langues.
Sans découvrir les 24 langues officielles dans l’UE, l’occasion est donnée de découvrir l’alphabet cyrillique dans l’écriture du « Joyeux Noël  » bulgare, les similitudes entre le « Feliz Navidad » venant d’Andalousie et le « Feliz Natal » de Porto, les drôles de caractères employés dans leur lettre par les écoliers de Nafplio en Grèce…
Outre ces touches locales sur les objets décorés, les échanges documentaires se font en anglais ce qui crée un rapprochement avec les anciens cousins d’Outre-Manche et donnent l’occasion de tester sa compréhension écrite et de se lancer dans l’écriture pour de vrai dans la langue de Shakespeare.
Les émotions ne sont pas en reste comme en témoigne Axelle pour qui l’importance est dans l’attention aux autres et qui souligne « la gentillesse des élèves qui font des décorations spécialement pour nous ». Eh oui, Européens que nous sommes faisons partie d’une grande famille que l’on se découvre au travers d’actions authentiques et vécues. C’en est un exemple, qui aura des chances de s’inscrire dans les mémoires par le côté concret du projet.

On l’aura compris, ce projet condense tout un lot d’intérêts pédagogiques et éducatifs dans une opération simple dans l’esprit, même si la logistique requiert pour le CECI une organisation d’une ampleur importante : des mots et des cadeaux qui relient ces jeunes, mais aussi leurs enseignants, sans oublier le rôle des structures intermédiaires agissant comme autant de relais que sont les Centres Europe Direct.

Et plus encore…

Cela suffit à donner toute légitimité au projet. Mais encore…
Au détour de cet échange libre et spontané, une petite phrase a émergé : « Ça peut réunir les pays et faire qu’il y ait moins de conflits ». Sur un ton calme et posé, par cet enchaînement de mots justes et bien articulés, c’est la voix d’Alexandre qui s’est annoncée. Du haut de ses 10 ans, ce petit bonhomme a exprimé une dimension que n’aurait reniée aucun Schuman ou Monnet.
Apprendre à se connaître et échanger, partager des histoires et construire des liens de proximité et d’amitié, autant d’ingrédients qui nous font prendre conscience de notre appartenance à cette famille commune, en l’occurence notre terre européenne.
On ne s’attendait pas à une analyse aussi poussée ni une prise de conscience aussi adroitement aiguisée ; preuve s’il en est que ces questions – et réponses – ne sont pas réservées aux seuls adultes, politiciens ou gouvernants. Cette expérience d’éducation à la citoyenneté s’exerce en immersion dans un projet qui fait sens, qui construit, qui rassemble, qui par la connaissance mutuelle qu’il engendre fait grandir en chacun le sentiment d’appartenance à une communauté de voisins, de cousins, de citoyens.
La citoyenneté européenne existe, Alexandre et ses camarades l’ont rencontrée.
Se réunir pour se connaître. Partager pour se comprendre. Qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas ? C’est sans doute le message induit d’Alexandre qui évoque une famille forte de ses différents caractères et personnalités affirmées, mais qui pour ses membres en réduit le risque des conflits.
Par les temps qui courent où l’on nous donne à voir l’expression de la force essentiellement dans les prises d’armes ou de combats guerriers, ne serait-elle pas plutôt dans les liens qui unissent les voisins et cousins devenus citoyens européens ?
Quand nos gouvernants seront-ils prêts à s’en saisir pour relever les défis et se montrer à la hauteur des enjeux ?
Les jeunes nous regardent.
Sans naïveté mais en toute humilité, c’est une belle et prometteuse feuille de route résumée par l’écolier.

En ces temps troublés de début d’année, que de mieux peut-on souhaiter ?


Observatoire et laboratoire d’idées, le CECI a pour vocation habituelle la promotion de la citoyenneté européenne et la construction d’un sentiment d’appartenance à l’Union européenne.

Détails de l’opération à retrouver sur notre site, rubrique « European Christmas Tree »

European Christmas Tree

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L’Europe nous mérite car les points nous unissent

Vous avez quatre heures. Ce ne sera peut-être pas trop pour chercher, organiser et articuler paramètres historiques, culturels et économiques sur fond de stratégies sociologiques et géo-politiques, et répondre ainsi à l’analyse demandée. Le défi est à la hauteur de la pensée dont l’auteur n’a à ce stade pas été divulgué. Peu importe, les éléments ne manquent pas pour se lancer et construire un raisonnement profond et argumenté.
On imagine alors, à quelques semaines d’une fin d’année de travail scolaire ou universitaire, lycéens impliqués ou étudiants documentés s’atteler à fournir un résultat qui ne manquera ni de corps ni d’esprit tant le propos initial se montre à la fois simple et ambitieux. Ce ne sont pourtant pas toujours les tâches les plus faciles à réaliser.

L’Europe nous mérite-t-elle ?

Guidés par des valeurs portées par des initiateurs audacieux, les citoyens que nous sommes ont su montrer le meilleur d’eux-mêmes et ainsi, ensemble, démontrer que nous étions capables de grandes choses qui se traduisent dans le quotidien, des coopérations industrielles ou spatiales aux protections numériques, des parcours d’études corrélés à Erasmus aux couvertures médicales lors d’un séjour dans un pays voisin pour ne citer que ces exemples.
Certes, aujourd’hui ces avancées nous semblent définitivement évidentes comme si elles avaient toujours existé et d’ailleurs, cela tombe sous le sens, comment pourrait-on faire autrement ?

Faciliter le quotidien par une circulation et des déplacements que l’on n’imaginerait plus contraints par une nécessaire anticipation administrative, ou encore par des échanges commerciaux sur fond de monnaie unique, nous rend proches les uns des autres au point que les compagnies aériennes ont compris leur intérêt à mettre en place des liaisons entre pays voisins bien plus séduisantes que d’inciter à rester dans le périmètre national. Il est souvent devenu plus simple, et moins onéreux, pour un Auvergnat ou un Breton de taquiner les frontières intérieures européennes le temps d’un espace de vacances plutôt que d’envisager un accès ferroviaire pour quelques jours de vie parisienne.

Garantir la paix entre pays autrefois belligérants nous protège des fléaux guerriers et dévastateurs dignes d’une période où l’on ne savait parler qu’avec les armes. Notre réconciliation durable comme l’a voulue Robert Schuman nous met à l’abri de tensions guerrières entre nous, ce qui n’est pas rien. Certes, pour nous citoyens européens qui pour la plupart n’avons connu la guerre qu’au travers des récits transmis par nos aînés, cela nous paraît d’une évidence assumée. Pourtant, les peurs ressenties et partagées dues aux agressions cruelles et dévastratrices menées en Ukraine, pays frontalier de l’Union européenne, par le dictateur russe nous font craindre une escalade dans laquelle nous pourrions être entraînés. Cette perspective se trouve activée en cela par les turbulences inopinées du chef d’État américain à l’allure d’électron libre, loin des valeurs de paix et de l’esprit défenseur de ses courageux aînés qui n’ont galvaudé ni leur engagement ni leur sens des responsabilités.
Nous vivons un temps de désordre et de déstabilisation forte au point que l’on rendrait coupable notre Union de ne pas disposer de moyens de défense que nos propres gouvernements n’ont pas voulu lui donner. Un peu de cohérence, s’il vous plaît.
Cela dit, nous pouvons être fiers des étapes déjà franchies même si le chemin est loin d’être accompli. Nous avons prouvé être capables du meilleur quand nous savions nous mobiliser. Jean Monnet ne disait pas autre chose quand il pressentait que « l’Europe se ferait dans les crises, et qu’elle serait la somme des solutions qu’on apporterait à ces crises. » C’est pourquoi, même si un « peut mieux faire » ou encore « peut faire plus et mieux » serait une observation plus pertinente, nous pouvons être fiers du travail déjà réalisé et en cela l’Europe nous mérite par la confiance que nous avons su lui porter.

Des points partagés aux points reliés

Le projet européen repose avant tout sur la prise de conscience d’un rapprochement nécessaire entre nous, voisins du Vieux Continent. S’il est opéré dans maints domaines, il n’est pas toujours conscientisé ou même compris. Et pourtant, qui sommes-nous d’autres aujourd’hui que des membres d’une même et nombreuse famille ?
À l’instar de nombre d’Alsaciens, Italiens ou Suisses qui ont répondu à l’appel du roi espagnol Charles III à venir s’installer dans les terres andalouses à la fin du XVIIIe siècle, nous nous sommes rassemblés, retrouvés, unis dans une destinée souvent de survie ou de quête d’une vie meilleure. En quittant ainsi à quelques années de ce qui allait devenir la Révolution française leurs plaines, collines ou montagnes pour changer d’environnement et venir braver les chaleurs sèches de la pointe ibérique en y développant de multiples cultures dans les champs qui n’attendaient qu’à produire, ces migrants d’un autre temps ont non seulement répondu aux besoins d’un territoire qui cherchait bras et courage pour nourrir ses sujets, mais créé une communauté qui aujourd’hui et depuis bien longtemps fait socle. Deux siècles et demi plus tard, les hommes et les femmes qui y vivent, s’ils sont bien entendu Espagnols, ne renient pas leurs origines, bien au contraire. Fiers de cette histoire, ils ont gardé d’elles des consonnances ancrées jusque dans leurs noms de famille, mais aussi des signes génétiques faisant parfois côtoyer dans une même fratrie le bleu clair et le marron foncé des regards.

Tels des points d’une œuvre artistique collective ou encore des entrelacs composant des motifs d’un travail couturier, à l’image des lieux et endroits d’une carte européenne qui ne saurait mentir en révélant les maintes voies construites ne menant pas seulement à Rome, ces points ancrés dans les paysages variés de notre espace partagé permettant de nous relier les uns aux autres sont aussi les valeurs que nous défendons et portons haut et fort : ils forment nos points communs, autant de convergences et de signes d’appartenance à ce destin lui aussi commun.
Encore une fois, la partition écrite par Jean Monnet révélait une limpide clairvoyance quand il déclarait « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes. »
Autant de territoires connectés, autant de femmes et d’hommes reliés, partageant une histoire commune pour un temps, celui d’une période ou d’une vie, voire même d’une descendance.
Quel sens alors donner aux velléités de renforcement ici ou là de nationalismes exacerbés, si ce n’est la traduction d’un triste repli sur soi, à l’allure d’enfermement dans un passé réinventé ou dans la réécriture d’une Histoire qui n’a d’écho que dans un mythe ? Si l’uniformité a du sens, c’est dans les valeurs défendues et portées aux quatre coins de l’UE, et certainement pas dans la narration d’un prétendu passé uniforme entre nous ni d’un présent dépourvu de particularités. Bien au contraire, notre Histoire s’est construite par tissages et articulations entre « des » Histoires locales, régionales et nationales nourries de diversités qui font traces, et que l’on retrouve aujourd’hui partout, des paysages aux modes de vie, des rivages aux monuments des villes, des langues aux traditions culinaires.
Plus souvent suscités que volontaires, les mouvements de population au cours des siècles ont, sur fond de nécessité et souvent de survie, de fait provoqué des rencontres et par là-même fait se téléscoper traditions et coutumes, faisant naître de nouvelles identités inopinées sur des territoires dédiés : la diversité de nos identités et de nos citoyennetés y trouve source.Nous nous sommes construits en famille, en peuple européen, comme en témoignent la couleur de nos cheveux et de nos yeux, nos prédécesseurs s’installant plus ici et d’autres plus là.
Alors oui, les points nous unissent : nos points communs comme autant de valeurs convergentes, nos résultats et nos scores de réussite dès lors que nous faisons corps, nos particularités revendiquées et reliées par ces réseaux de toutes natures.

Gabin l’Européen

La devise de l’UE est le pur reflet de cette réalité qui n’oppose en rien les identités mais au contraire les fait vivre telle une famille accueillante et célébrant les siens.
« Unie dans la diversité », l’Europe sait ce qu’elle vaut et ce qu’elle veut. À quelques jours du 9 mai, jour anniversaire de la Déclaration de Robert Schuman il y a 75 ans, la devise résonne plus que jamais pour traduire le sens du projet européen.
75 bougies pour célébrer l’audacieuse volonté d’une réconciliation durable s’il en est, à la hauteur des enjeux.

La construction européenne se poursuit et c’est l’affaire de tous, là aussi regroupés dans nos diversités, quelles que soient nos histoires, nos modes de vie, nos âges, etc.
S’il n’est jamais trop tard pour faire l’Europe, il n’est jamais trop tôt non plus.
L’heure est venue de divulguer l’auteur de cette réflexion initiale « L’Europe nous mérite car les points nous unissent » : nous la devons à un jeune de 10 ans, élève de CM2.
Bravo Gabin !

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Élections européennes : trompe-l’œil ou tromperie ?

« Non, ce sont des élections européennes et en aucun cas un scrutin national. » Nous avons tous entendu pendant la campagne ces propos justes et justifiés, prononcés par l’exécutif pour contrer les tentatives de désinformation de certains candidats cherchant un marche-pied électoral pour accéder au pouvoir, prêts à tout et ne reculant devant rien quitte à galvauder la réalité et les enjeux du scrutin européen et faire fi de toute éthique : par nature, les élections européennes sont déconnectées d’une quelconque incidence parlementaire nationale, et protègent le scrutin de manœuvres électoralistes nationales.

En écho, nous sommes nombreux à avoir relayé et étayé cette évidente affirmation par une détermination à refuser la moindre instrumentalisation des élections européennes. La solennité du rendez-vous démocratique européen imposait au minimum de respecter la nature et l’objet de ces élections et ne souffrir d’aucun détournement populiste.

Et… patatras ! L’annonce du Président de la République est venue balayer d’un revers de parole cette garantie institutionnelle, allant même jusqu’à inverser les enjeux et démentir les propres propos tenus. Comprenne qui pourra.

Record battu

En ce 9 juin, en France la soirée électorale européenne aura duré moins d’une heure. En effet dès 21 h, il ne fut plus question des résultats à l’échelle du vieux continent, mais de la perspective programmée d’un scrutin législatif chevauchant allègrement l’échelle européenne pour se replier sur un périmètre national : stratégies et spéculations n’ont pas tardé à alimenter commentaires et débats qui auraient pu s’apparenter à une mauvaise blague si la situation n’avait pas été aussi dramatique.
Sincèrement, l’Europe méritait mieux.

Depuis, près de quatre mois se sont écoulés. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, la saison estivale a vu se succéder à un rythme très aléatoire élections législatives, démission du gouvernement devenu astreint à gérer les affaires courantes, nomination d’un nouveau Premier ministre, et enfin constitution d’un nouveau gouvernement.

Et l’Europe dans tout ça ?

Dans cette perspective, les pronostics sont allés bon train pour spéculer sur les nominations aux différents ministères, cristallisant sur ceux de la Place Beauvau et de Bercy les paris les plus nombreux. Sans minimiser les enjeux en matière de sécurité, voir le Ministère en question susciter autant de convoitises en dit long sur le regard « intérieur » que portent les politiques. Gageons que ce ne soit pas le reflet d’un repli sur soi ni d’une vision rétrécie. Sans aucun doute, le portefeuille du Quai d’Orsay attribué depuis le 21 septembre au discret Jean-Noël Barrot, à en juger par ses sept mois passés – dans le contexte des élections européennes, rappelons-le – à sa mission en charge de l’Europe, a fait couler moins d’encre. Gageons alors que la formulation « Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères » hiérarchisant les termes soit évocatrice de sens et porteuse d’ambition européenne à hauteur des enjeux.
Malgré les conséquences nationales que nous traversons actuellement sur le plan des institutions, notre quotidien ne s’arrête pas à la porte de nos frontières avec nos voisins. Le monde a continué d’exister à défaut de tourner rond depuis le 9 juin, même si nous nous en sommes détournés par un regard franco-français subi ou assumé : le dictateur russe est toujours aussi redoutable, le terrorisme au Proche-Orient toujours aussi présent, les élections américaines n’ont jamais été aussi proches.
Et puis, ne l’oublions pas, l’Union européenne a procédé elle aussi à l’installation de ses nouveaux députés avec les nominations qui ont suivi. La reconduction d’Ursula von der Leyen ne doit pas occulter le rendez-vous démocratique européen qui s’est joué lors de ces élections avec tous nos voisins.

Maintenant ou jamais

Dans ce contexte, l’Europe est bien présente par la nomination du nouveau Premier ministre : par sa fonction renouvelée de Commissaire européen et son rôle de négociateur en chef pour l’UE dans le cadre du Brexit, Michel Barnier, à la fois connu et reconnu à l’échelle européenne, devrait jouer à domicile dans l’espace européen.

Les conditions ne sont-elles pas réunies pour plus d’Europe ?
Même si son exercice s’annonce périlleux sur bien des plans, l’audace et le courage doivent être au rendez-vous pour réparer la confiance en nos gouvernants et représentants. Parmi tous les enjeux rivalisant d’importance, celui de reconnecter les citoyens avec les institutions est sans doute essentiel tant pour un avenir proche que pour l’exemple et le modèle qui s’inscriront dans la mémoire collective ; il y va de l’exercice de notre citoyenneté.

Alors pour s’éloigner de ce qui a pu être ressenti comme une tromperie le 9 juin en y associant l’Europe de manière maladroite pour ne pas dire malsaine, et surtout parce que la réparation ne doit pas se confondre en un trompe-l’œil ce qui rendrait le remède pire que le mal, l’heure est venue de transcender les sempiternels fonctionnements systémiques sclérosants : osons nous décentrer de nos habitudes, osons nous détacher sans pour autant les renier de nos particularités, osons voir grand. Jean Monnet le prédisait : « L’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises. »
Soyons au rendez-vous.

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Sapin européen – European Christmas Tree Decoration Exchange 2024

Descriptif – Qu’est-ce que l’opération « Sapin européen » – European Christmas Tree Decoration Exchange ?

  • Un projet culturel fondé sur un échange de décorations de Noël fabriquées par des élèves d’écoles primaires sur tout le territoire européen.
  • Les élèves préparent également une présentation des traditions de Noël dans leur région ou leur pays, et formulent des vœux pour l’année 2025.
  • Les écoles envoient une photographie du sapin décoré avec les décorations reçues au CECI

Les écoles participantes sont mises en réseau au sein de groupes de 25 écoles en moyenne. Ainsi, chaque école réalise 24 envois et en reçoit tout autant.

Intérêts

Une situation authentique pour apprendre la géographie de notre continent, mais aussi découvrir la culture européenne au travers de ses similitudes et particularités. Les compétences numériques et langagières, y compris en langues étrangères, sont également développées.

Objectifs

Les élèves acquièrent des connaissances sur d’autres pays d’Europe par le biais d’activités créatives.
C’est aussi l’occasion pour chacun de mieux connaître sa propre culture en réalisant ces décorations et en communiquant sur ses traditions, tout en découvrant comment cela se déroule dans les pays voisins.
Il est souhaitable également que des liens se créent entre écoles, avec pourquoi pas la poursuite de partenariats dans le futur.

Concrètement

Chaque école décore son sapin grâce aux décorations reçues et l’installe dans ses locaux ou tout autre espace public afin de faire partager l’expérience.
Les écoles reçoivent également de leurs partenaires européens un petit dossier explicatif sur la présentation de l’environnement des écoles et les traditions de Noël.

Ce que vous devez faire

Nous sommes ravis de votre implication dans le projet qui vous engage à :

  • Réaliser pour chacune des 24 écoles partenaires de votre groupe un envoi comprenant : une décoration (ou plusieurs) et un petit dossier explicatif sur votre environnement et les traditions de Noël.
  • Prendre en charge l’envoi postal aux 24 autres écoles en respectant le calendrier prévu (cf ci-dessous).

Afin de valider votre inscription, merci de compléter le tableau d’informations et l’envoyer au CECI pour le 4 octobre.
Registration schools – 2024 -

Votre école peut faire participer une classe ou l’école entière, c’est à votre convenance.

Récapitulatif du calendrier et questions fréquentes.

Quelle sorte de décoration ?

Choisissez des décorations de Noël sympboliques de votre région ou pays. Elles peuvent être réalisées dans toutes sortes de matériaux (papier, carton, plastique, bois, fil, ficelle, etc.), de toutes tailles également, sans oublier qu’elles devront être acheminées par courrier postal (pas trop fragiles pour arriver intactes, pas trop lourdes pour limiter le coût).
Pensez également à inscrire discrètement sur les décorations (par exemple à l’arrière) le nom de votre pays ; par expérience, cela s’avère très pratique pour s’en souvenir au moment de l’installation puis ensuite quand on admire le sapin.

Combien de décorations envoyer ?

Merci d’en réaliser 24, c’est-à-dire autant que d’écoles dans votre groupe. Certaines écoles en confectionnent une seule, d’autres un lot de plusieurs, c’est à vous de décider en fonction de la manière dont vous impliquez vos élèves dans le projet. Cela dépend aussi souvent du degré de facilité de fabrication des décorations. Toutes les options sont possibles dès lors que chaque école partenaire de votre groupe en reçoit.

Pourquoi y a‑t-il parfois des différences entre les décorations et envois ?

Le style et la qualité des décorations peuvent être très divers. Cela peut dépendre de l’âge des élèves, du matériel utilisé, de l’implication des écoles, du budget disponible pour les envois postaux, etc.
Quoi qu’il en soit, c’est la variété, la diversité et surtout l’esprit du projet qui sont dominent.
Faites pour le mieux, en fonction de vos réalités.

De quoi doit être composé votre envoi ?

En plus des décorations, joignez un petit dossier sur les traditions de Noël dans votre région ou pays. Ce peut être sous la forme d’un feuillet papier, d’un dossier numérique ou toute autre idée.
Vous pouvez y faire apparaître :

  • Des informations générales sur votre situation géographique, les langues, le climat, la nourriture et les plats spécifiques, tout ce qui à vos yeux est typique de votre environnement.
  • Une photo de votre école (éventuellement des élèves).
  • Le choix de vos décorations.
  • Comment se déroule Noël.
  • Une formulation de vœux pour 2025.
  • « Joyeux Noël » dans différentes langues (régionales le cas échéant).

Calendrier

Complétez le tableau avec les renseignements demandés et adressez-les au plus tard pour le 4 octobre soit au Centre Europe Direct ou l’organisme avec lequel vous êtes en relation pour ce projet et qui vous a communiqué les informations, ou au CECI dans le cas contraire.
Registration schools – 2024 -

25 octobre – Aux environs de cette date, vous recevrez la liste des écoles partenaires de votre groupe.

Vendredi 15 novembre – Dernier délai pour poster vos courriers.

N’oubliez pas d’inscrire les coordonnées de votre école sur les enveloppes afin que les écoles destinataires identifient facilement les expéditeurs.

Il est très important de respecter le calendrier afin que les décorations parviennent non seulement avant Noël mais suffisamment tôt pour que les élèves en profitent. Les dates des vacances ne sont pas les mêmes partout, et l’acheminement du courrier peut être très variable et très long… L’enjeu est de ne pas décevoir les enfants.

Lundi 9 décembre – Aux alentours de cette date votre école devrait avoir reçu tous ses colis, et vos élèves prêts à profiter au mieux du projet pour décorer et apprécier cet unique « Sapin européen » !

Informations complémentaires

Un groupe FaceBook (privé) sera créé : les enseignants peuvent le rejoindre, y publier photos et messages, ou toute information relative au projet. Il n’est pas obligatoire de publier des photos d’élèves si vous ne le souhaitez pas. En revanche, celle de votre sapin décoré sera très appréciée ! Dans la communications sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à utiliser la balise #EuropeanChristmasTree.

N’hésitez pas non plus à contacter la presse et faire connaître le projet. Merci d’adresser le cas échéant les parutions dans le groupe FaceBook ou au CECI.

Autres questions ?
Contactez votre relais Europe Direct ou utilisez le formulaire suivant

Publié par Marie-Laure Croguennec dans EuropeanChristmasTree, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

En Maison d’arrêt, ateliers d’information sur l’Union européenne

Après trois interventions auprès de détenus à la Maison d’arrêt de Saint-Brieuc au mois d’avril, c’est dans le quartier des femmes de la maison d’arrêt de Brest que se sont rendus Emmanuel Morucci et Marie-Laure Croguennec le 29 mai pour animer un atelier à l’approche des élections européennes du 9 juin 2024.

Parce que l’UE se doit d’être proche de ses citoyens, le CECI s’attache à aller à la rencontre de tout public, y compris ceux qui se trouvent parfois éloignés de la cause européenne.
Informer, documenter, échanger, questionner, avancer ensemble… telles sont les actions que mène le Cercle Europe Citoyennetés et Identités dans le cadre d’un partenariat avec les SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) du Finistère et des Côtes d’Armor.
La conscience européenne concerne les citoyens tout au long de leur vie, à tous les stades de leurs parcours.
Il y va du respect de la dignité de la personne. L’exercice du droit de vote est un acte fort, et y contribue profondément en faisant entendre sa voix.
En ce printemps européen empreint d’une actualité électorale pour renouveler les députés au Parlement européen, les questions de modalités du scrutin mais aussi des enjeux des élections ont nourri ces rencontres, permettant de recueillir des paroles empreintes de vécus parfois très diversifiés.
L’occasion pour les participants de s’exprimer sur le sujet européen, voire de l’approfondir, mais aussi pour échanger sur des thèmes immergés dans l’actualité.

Publié par Cercle CECI dans CECI fait, Cercle CECI, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

Élections européennes ; recherche programmes désespérément.

Les campagnes se suivent et ne se ressemblent pas.

En ce fameux monde d’après où les citoyens de l’UE ont leur premier rendez-vous de la décennie avec le renouvellement de leurs parlementaires, la campagne s’annonce inédite. L’actualité des dernières années a mis sur le devant de la scène forces et faiblesses de notre espace communautaire. Si le fonctionnement de notre grande famille européenne est largement et nécessairement perfectible, les 27 ont prouvé qu’en se montrant unis et déterminés, ils étaient capables de révéler une Europe d’une efficacité insoupçonnée à nous protéger : la mise au point impressionnante de la vaccination anti-covid en un temps record est un des exemples de ces réussites dont elle n’a pas à rougir. Telle une jeune structure, elle se construit et fait aussi preuve de fragilité, témoin en cela du chemin à parcourir, valorisant les valeurs démocratiques qui incitent le peuple européen à s’emparer de son destin.

À six semaines d’un scrutin fondamental et déterminant, si l’on peut considérer à l’inverse des
éditions précédentes que la date du 9 juin est largement convoquée dans la sphère des médias et les esprits des citoyens pour servir de cadre aux tribunes journalistiques, aux sondages qui annoncent des résultats d’élections qui de fait n’ont pas encore eu lieu, ou aux propos de candidats déclarés, force est de constater que question programmes et listes des candidats, il faut encore attendre.
Et pourtant, tel un cheval de Troie plusieurs composantes politiques ont annoncé leurs prises de guerre au travers de la présentation des premiers de cordée, occultant les véritables enjeux et occupant par détournement le cœur des débats.

L’espace a horreur du vide

Cette appétence pour la chose européenne est d’autant plus troublante que ce sont les partis les plus éloignés de la défense des valeurs fondatrices de la construction européenne qui sont les premiers sortis du bois et se sont approprié les discours, fussent-ils faussés.
Les paradoxes foisonnent et rivalisent d’affirmation à ce stade, quasiment sans contradiction au point que plus c’est gros, plus ça passe. Tel un curé qui s’annoncerait athée, certains adversaires revendiqués de la construction européenne au profit de nationalismes assumés occupent le terrain et brandissent haut et fort slogans simplistes et populistes, et annoncent des jours meilleurs par un repli sur soi.
Des arguments contrés ? Que nenni. Les rares contre-attaques sont absorbées par l’avance prise par un départ anticipé et un style maîtrisé souvent impressionnant, la musique et la logorrhée faisant le reste.

Sur le fond, il faudrait pourtant repasser : bien souvent c’est pour présenter une prise de guerre ou encore annoncer une issue nationale à un scrutin qui n’en est rien, et c’est ainsi que sont occupées nombre de tribunes au détriment d’éclairages opportuns, et optimisent avec brio ce qui ne sont de simples stratégies de communication. Il faut reconnaître que certains stratèges savent tirer profit des espaces laissés vacants et se sont déjà forgé une armure de candidats à défaut d’annonce de programme.
Elle n’est pas encore officielle, mais la campagne a bel et bien commencé.

La faute à qui ?

On peut s’interroger sur la discrète stratégie des partis europhiles qui peinent à se montrer. Les
listes s’établissent en coulisses et si certains leaders commencent à émerger, les véritables
programmes et feuilles de route, à six semaines du scrutin, semblent encore dans les tuyaux.
Certes, les électeurs ont encore quelques jours jusqu’à début mai pour valider l’inscription de leur droit de vote, et les potentiels candidats disposent eux d’un délai courant jusqu’au 17 mai pour annoncer leur intention de se présenter aux suffrages de leurs concitoyens. 17 mai – 9 juin : ce délai d’un peu plus de (ou seulement) trois semaines pour parler d’eux, de leurs convictions et surtout de leurs programmes en vue de convaincre les électeurs paraît bien maigre au regard des enjeux : défense européenne, migrations, urgence climatique et environnementale, droits de l’homme et démocratie, Europe sociale, etc.

Alors, où êtes-vous, démocrates de la pensée schumanienne ou successeurs des Monnet et consorts ? Ces élections inscrites dans l’exercice de notre démocratie européenne pour la 20e fois depuis 1979 lors de la première élection au suffrage universel des parlementaires qui amena Simone Veil à la présidence doivent être au rendez-vous de l’histoire, en particulier dans le contexte menaçant les valeurs démocratiques à nos portes par la guerre exercée en Ukraine par le dictateur russe.

Réveillez-vous, candidats et leaders démocratiques, et présentez-nous vos programmes forts et
ambitieux à la hauteur des enjeux !
Montrez-vous à nous, hommes et femmes prêts à transcender les clivages nationaux pour
défendre nos valeurs humanistes, présentez-vous à nous par vos listes qui permettront une
incarnation qui manque tant, et faites-nous avancer sur ce chemin que d’aucuns, dans des temps bien plus incertains, ont osé initier.
L’Histoire vous regarde.
L’Histoire européenne nous concerne et nous regarde, tous.

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 2 commentaires

Une Europe pas si timbrée

Le décès de Jacques Delors largement et légitimement relayé dans les médias nous rappelle au travers du tracé de son œuvre combien l’Europe est entrée dans nos vies au quotidien. L’attribution la plus fréquente et peut‑être la plus visible est sans nul doute la mise en place de l’euro il y a 22 ans. Outre la stabilité économique qu’elle a affermie, cette conséquence heureuse du Traité de Maastricht n’est plus à démontrer et nous rapproche chaque jour les uns des autres.
L’utilisation de la monnaie unique contribue à nous sentir proches de nos voisins qui sont ainsi devenus tout sauf étrangers. Ne pas avoir besoin de changer d’argent quand on se déplace en Italie, Espagne ou Allemagne mais aussi en Finlande, Croatie ou Grèce est un atout considérable, et le partage d’un des symboles qui conscientisent la citoyenneté européenne par le sentiment d’appartenance. Au-delà de l’intérêt de ne pas avoir d’opération de change à effectuer, estimer les prix dans la même monnaie évite bien des tracasseries de conversion et se traduit par un confort reconnu par tous. À une autre échelle, les échanges commerciaux ne sont pas en reste non plus et se trouvent grandement facilités par ce marché monétaire.

La libre circulation des personnes et des biens acquise est aujourd’hui intégrée dans nos automatismes et nous permet d’enjamber les frontières avec une réelle et évidente facilité en prolongeant ainsi nos espaces de vie et nos territoires le temps du travail, de vacances ou encore d’études à l’image du succès du programme Erasmus+ qui façonne nos perceptions par une ouverture vers l’autre, à la rencontre d’une culture partagée.
Le périmètre considérablement élargi contribue à ouvrir nos horizons et donne à vivre pleinement ces liens qui font de nous des citoyens de l’Union.

Les mots pour le dire

Ainsi, à la manière d’une famille qui s’agrandit c’est le réseau des connaissances et des relations qui s’étoffe et s’élargit. En cette période d’échanges de vœux, je me suis rendue au bureau de poste acheter des timbres – jolis de préférence – à coller sur les courriers écrits pour amis et parents bretons et parisiens, mais aussi suédois et d’outre-Rhin.
Quelle ne fut pas ma surprise, et surtout ma déception, d’entendre dans les propos de la préposée que le prix du timbre, en les qualifiant d’internationaux, ne reconnaissait pas mes amis germains comme des cousins ?
Pensant à un vocable singulier et un usage des termes incombant à une personne isolée, j’ai quand même voulu vérifier, et me rassurer, en allant consulter le site internet de La Poste. Que nenni ! « Vous souhaitez envoyer une lettre ou des documents ailleurs qu’en France ? C’est possible avec La Poste. États-Unis, Chine ou même Italie, peu importe la destination, votre courrier ou votre petit paquet arrivera à bon port avec nos timbres destinés à l’étranger. » C’est dit, c’est écrit.
Peu importe ? Eh bien, non, il m’importe beaucoup au contraire de reconnaître et valoriser les liens qui se sont construits au fil des décennies depuis qu’un certain Robert Schuman suivi par d’autres a initié le chemin de la réconciliation franco-allemande et de la construction de ce qui allait devenir l’Union.
Il m’importe que le voyage d’une lettre soit aussi facilité que celui de son auteur, et que surtout nos concitoyens européens ne soient pas identifiés comme vivant « à l’étranger ». Non, nous sommes voisins, et c’est de les considérer étrangers qui serait étrange.
Il m’importe qu’au-delà du surcoût imposé l’affranchissement postal corresponde à une réalité et ne déconstruise pas l’appartenance à notre communauté de destin, et ne devienne pas tout bonnement « timbré ».

Des symboles plus que symboliques

Plus grave finalement, à l’inverse de tout le travail de construction européenne, voilà qu’au travers d’une politique tarifaire nationale de timbres postaux sont revendiquées des frontières dès le franchissement du Rhin, de la mer d’Iroise ou des Pyrénées !
Si la traversée de la Manche nous conduit aujourd’hui sur le territoire de la Perfide Albion dont les habitants ont fait un certain choix en 2016, qui leur a fait faire au minimum un pas de côté vis‑à-vis de la famille européenne avec les conséquences qui en découlent, comment concevoir que la mer d’Iroise qui relie Bretons et Irlandais soit dénaturée en devenant un passage de perte de sens de notre communauté ? Comment accepter que la traversée des Alpes suffise à bafouer nos repères historiques quand on se souvient qui furent les pays signataires en 1951 du Traité de Paris ?
Il doit bien rigoler, le Mont-Blanc…

J’entends déjà l’argumentation soulignant que ces décisions tarifaires relèvent de compétences nationales ; certes, mais sans le courage, la force et l’audace des visionnaires – et nationaux – Pères fondateurs, serions-nous arrivés aujourd’hui à la libre circulation des personnes et des biens ?
Sans Jacques Delors, serions-nous aujourd’hui dans cette avancée économique et monétaire reconnue unanimement ? « On n’affronte pas le présent et on ne construit pas l’avenir si on n’a pas de mémoire », rappelle Laurent Marchand citant l’ancien président de la Commission européenne*.
C’est par des actions concrètes que l’Europe se construit, et c’est par des actes du quotidien qu’elle donne à voir. Autant sinon plus que les grands discours, les symboles jouent un rôle fondamental dans la perception que se fait chacun des citoyens. Et c’est à nos gouvernants de s’y atteler. Il n’y a pas de petites causes, uniquement des causes justes.
Cap ou boussole, reprenons les rênes de notre destin, il y va des enjeux fondamentaux en cette année européenne 2024 qui s’ouvre à nous.

Alors en cette période de vœux, j’ose celui d’un tarif unique pour les envois postaux au sein de l’UE. Avec l’idée d’un timbre spécifique, un timbre européen.
Une suggestion d’illustration ? Un timbre à l’effigie de Jacques Delors.
Ce serait bien la moindre des choses.

*Ouest-France 30-31/12/2023 - 01/01/2024
Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Les contributeurs, Marie-Laure Croguennec, 1 commentaire