CECI dit

En passant par la Lorraine…

Qu’il s’agisse d’une promenade impromptue ou d’un itinéraire programmé, qu’on y vienne en solitaire ou accompagné, que le calendrier indique août ou février, tout moment sied à la découverte du lieu d’habitation que Robert Schuman, père fondateur de l’Europe, se choisit pour y vivre et s’y ressourcer, sans savoir à l’époque qu’il y ferait naître une des plus audacieuses idées que le XXe siècle ait connues.
Abritée dans un village perché à proximité de Metz, la maison de Scy-Chazelles se devine derrière un portail d’où la silhouette de l’Européen guette le visiteur et l’invite d’un regard souriant.

Une invitation à une rencontre
La demeure dans laquelle Robert Schuman vécut 35 années dévoile la personnalité de son propriétaire.
D’une pièce à l’autre, l’on pénètre dans l’intimité de l’homme qui consacra l’étage tout entier, doté d’une vue dégagée, à ses activités professionnelles et fonctions ministérielles comme en témoigne l’espace largement occupé par bibliothèque et bureau.
La toute proximité avec sa petite chambre révèle vraisemblablement la proportion du temps passé dans l’un ou l’autre des lieux.

Le bureau, pièce essentielle s’il en est, accueille outre des centaines de livres un piano rappelant la place accordée à sa culture artistique et musicale. C’est dans cette pièce conservée en l’état que le ministre des Affaires étrangères écrivit la déclaration qu’il prononça le 9 mai 1950, rendant possible l’œuvre de paix qu’il souhaitait tant.
Grande idée que cette audace de penser, moins de cinq ans après la fin de la guerre, que les nations française et allemande, belligérantes à trois reprises en trois-quarts de siècle, puissent non seulement se réconcilier mais œuvrer ensemble.

De grandes idées germées dans l’humilité
Pour être grande, une idée doit-elle naître dans une vaste demeure ? Rien n’est moins sûr à la découverte de l’intérieur de ces murs d’où se dégagent plusieurs caractéristiques : sobre et riche, simple et coquette, petite et grande.
Sobre par la fonction d’utilité des différents éléments, la maison regroupe meubles et objets essentiels.
Simple, elle se montre fonctionnelle, dépourvue de fioritures.
Petite, elle le devient par la proportion considérable entre les éléments nécessaires et son occupation optimale jusque dans les moindres recoins.
Pour autant, la maison de Robert Schuman n’est pas en carence d’âme ; bien au contraire, la pureté et la simplicité des lieux la rendent riche par la présence des livres et ouvrages chargés d’histoire, coquette par le soin et l’attention apportée à chaque endroit, grande et chaleureuse par l’esprit qu’elle y fait rayonner.
Ces oppositions mettent en lumière une des principales qualités humaines de l’homme Schuman avant tout altruiste et personnaliste : l’humilité. Loin des ors du pouvoir, c’est dans cet espacé dénué de surperflu mais rempli de valeurs essentielles que s’est écrite une page fondamentale de l’Histoire européenne.
C’est probablement la sincérité du Père de l’Europe qui émerge des hauteurs de ces collines mosellanes. Celui qui, par le triste jeu des conquêtes de guerre, a connu des nationalités différentes s’est-il inspiré de la carence de paix qu’il a ainsi connue ou des paysages paisibles qui s’offraient à lui dans le prolongement de son jardin ? Est-ce l’écho sourd des morts engloutis dans la terre messine qui a façonné la détermination qui fut la sienne pour user de stratégie en saisissant le moment idoine ? La beauté fragile des collines l’a-t-elle encouragé à voir au-delà d’un horizon incertain ?
Parce que les sources d’inspiration ont surtout à voir avec la sincérité et la conviction, il ne suffit pas de s’installer dans des palais pour y écrire des pages d’Histoire. La création est plus une affaire de détermination que de réverbération.
Il n’est pas superflu de se pencher aujourd’hui sur cette réflexion, à une époque où l’on privilégie souvent l’apparence, rendant primordial le superficiel pour ne pas dire l’artificiel, au détriment de l’authentique moins clinquant.
Bien sûr, n’est pas Robert Schuman qui veut ; encore faut-il avoir la force des convictions.
Mais chacun et chacune, de son niveau, est à sa place pour œuvrer, créer, innover, inventer, oser et contribuer à poursuivre ensemble l’écriture du projet européen. Et à ce stade, les gouvernants et responsables politiques ont bien entendu leur rôle à jouer et des actes à poser, en particulier dans deux domaines où la carence d’Europe est optimale : l’éducation et l’information.
Et là, le niveau ne peut que monter…

Maison de Robert Schuman 
57160 Scy-Chazelles 
03 87 35 01 40
www.centre-robert-schuman.org

Publié par Marie-Laure Croguennec dans CECI dit, Marie-Laure Croguennec, 0 commentaire

Chaînes d’info : le rendez-vous manqué

Le discours sur l’état de l’Union de la Présidente de la Commission européenne a fait peu de bruit en France. Malheureusement. Pourtant, que d’informations dans son propos de 90 minutes ! Que de décisions stratégiques qui vont impacter les citoyens européens et donc nos concitoyens !

Il y a bien évidemment le Plan de relance qui focalise toutes les attentions. Mais c’est l’arbre qui cache une forêt de changements radicaux. Mine de rien, Ursula von der Leyen a bousculé une quantité de postulats européens. Je ne m’arrêterai que sur quelques-uns.

Ainsi a‑t-elle annoncé son ambition de promouvoir un cadre européen pour que chaque État membre fixe un salaire minimum.
« Tout le monde doit pouvoir y avoir accès. Pour trop de personnes en Europe, le travail ne paie plus. », a‑t-elle dit.
Incroyable d’entendre cela dans la bouche de la ressortissante d’un pays qui, il y a peu, refusait d’instaurer un salaire minimum à domicile. Cette récente réforme lui donne toute légitimité pour qu’elle puisse prétendre l’élargir à l’ensemble des États membres. Les pays de l’est de l’Union ont dû entendre leurs oreilles siffler.

Autre ambition, démesurée elle aussi, « devenir un continent neutre en carbone d’ici 2050 », avec un renforcement des objectifs pour 2030. Noble propos dont elle ne nous donne pas la marche à suivre en se contentant d’expliquer qu’une étude a démontré « qu’on peut y arriver », qu’il faut montrer l’exemple au reste du monde et qu’il ne faudra laisser personne au bord du chemin. C’est avec ce genre de « y’a ka faut kon » que l’on emmène tout le monde dans le mur. En effet, il ne suffira pas d’accélérer la rénovation des bâtiments et d’émettre des obligations vertes pour compenser les dégâts sociaux dans des secteurs comme l’automobile ou l’aéronautique.

Concernant l’Europe de la santé, la Présidente se range, une fois n’est pas coutume, du côté des parlementaires européens et s’oppose au Conseil qui souhaite réduire le budget des programmes autour de la santé.

Enfin, Ursula von der Leyen ne se contente pas d’innover sur le terrain économique et social. Elle s’aventure, contrairement à ses prédécesseurs, dans des domaines plus sensibles. Ainsi de l’État de droit quand elle admoneste assez durement les États membres qui se plaignent de la lenteur de l’Union sur la question : « Soyez courageux, passez à la majorité qualifiée, au moins sur la question des Droits de l’Homme ». Ainsi de l’antisémitisme, du racisme, de l’exclusion des LGBT ou des Roms « de certaines zones ». Elle souhaite mettre en place un Plan d’action pour étendre la liste des crimes à toutes les formes de discours de haine. « La haine, c’est la haine et personne ne devrait avoir le droit de l’afficher. » Elle pousse le bouchon encore plus loin et annonce une « stratégie pour renforcer les droits des LGBT » avec comme objectif « la reconnaissance en Europe des liens familiaux ». Et elle précise : « Si vous êtes parent dans un État membre, vous l’êtes dans les autres ».

Des phrases généreuses et humaines mais porteuses de bouleversements sociétaux et sociaux gigantesques, y compris dans notre pays.

Et dire que son discours n’a pas été retransmis en direct par les télévisions tout info ! Ignorance ? Choix éditorial délibéré de ne pas traiter cette information pourtant primordiale pour les Français ? On surestime souvent le machiavélisme et on sous-estime souvent la bêtise. Mais quoi qu’il en soit, cette impasse est scandaleuse.

Alerté, Clément Beaune, le Secrétaire d’état aux Affaires européennes, a annoncé qu’il allait proposer de créer une mission parlementaire pour, je cite, « réfléchir à des mécanismes pour que cela change ». Mais, depuis 20 ans que je m’occupe de traiter ces questions, ce sont des dizaines de missions parlementaires qui se sont penchées sur le sujet sans jamais aboutir ! La seule réforme intelligente a eu lieu en 2008 quand les statuts de France Télévisions ont été modifiés. L’un des articles imposait à la Présidence de la télévision publique l’obligation d’avoir une émission autour de l’Europe sur chaque chaîne. C’est ce qui m’a permis de sauver chaque année « Avenue de l’Europe » sur France 3. Mais j’ai échoué à obtenir des créneaux horaires sur France 2 et même sur France 5, pourtant considérée comme la chaîne de la « connaissance » ! Réponse identique de chaque PDG : ça ne marchera jamais, personne n’y comprend rien à l’Europe…

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de repartir de zéro. En tant que Présidente de l’Association des Journalistes européens, j’ai pris mon bâton de pèlerin pour convaincre les écoles de journalisme d’organiser des cours autour des affaires européennes. Il y a urgence puisque dans un an la France aura la présidence de l’Union et que ces jeunes journalistes vont devoir couvrir cette actualité.

C’est aussi pourquoi j’ai accepté la proposition de Martine Méheut de la remplacer à la présidence de la très belle association « Citoyennes pour l’Europe » qu’elle a co-fondée. Inviter les adhérent-e‑s à discuter autour d’une personnalité et d’un thème européen lors d’un « café européen », voilà qui contribue à la connaissance.

Il reste maintenant à convaincre les enseignants (et leur ministre) que sans eux rien ne sera possible. Une autre paire de manches !

Publié par Véronique Auger dans CECI dit, Véronique Auger, 0 commentaire

Le CECI fait sa rentrée 2020

Après plusieurs mois d’enfermement pour cause de crise sanitaire, et bien que le Cercle ait été actif jusqu’au début des vacances scolaires, le CECI fait une rentrée très active. D’ores et déjà, nous le savons, beaucoup de choses se feront via le net avec un site et des réseaux sociaux qui prennent d’années en années de la consistance.

De nouveaux contributeurs et membres nous rejoignent et, ainsi le Cercle s’élargit. Notre but est de participer à la définition d’une Europe pour demain par l’expression des idées et une connaissance approfondie des besoins et des attentes des territoires lieux de formation des identités multiples. Il est clair qu’aujourd’hui il ne s’agit pas de « sauver l’Europe » mais de prendre conscience qu’elle existe, bien présente dans notre vie de tous les jours, de façon bien plus évidente depuis les crises du Brexit et de la Covid, qu’elle agit au niveau local comme global. C’est un « biotope » disent certains et nous y évoluons désormais en permanence.

Le CECI affiche sa compétence à la nécessaire pédagogie (enfants) et à l’andragogie (adultes) sur le projet européen qui dépasse la simple diffusion de l’information comme peuvent le faire les Maisons de l’Europe (éducation populaire) ou encore les Centres d’information Europe Direct (information et communication institutionnelles).

Pour le CECI il est urgent de créer un véritable sentiment d’appartenance à l’UE et donc de participer à la constitution d’une conscience européenne et de reconnaître l’existence d’une culture commune. Pour cela il faut partager l’analyse citoyenne de ce qui se fait en, par et pour l’UE et comment les acteurs s’approprient la question. Il s’agit donc, aussi, de montrer notre capacité à la formation informelle et non formelle tout en venant en appui à l’éducation plus formelle c’est à dire l’éducation nationale.

Sans être un pur think tank comme peuvent l’être le Mouvement européen ou différentes fondations (Schuman, Delors, etc.), le CECI, laboratoire d’idées, s’intéresse prioritairement, et c’est sa spécificité, à la place de la personne dans le projet européen, dans les territoires et dans l’espace économique, politique, social et culturel qu’est l’Union européenne. La citoyenneté de l’Union européenne est au cœur de notre réflexion et amène notre cercle à s’intéresser aux effets européens sur la vie quotidienne tant au niveau local que global. En tant qu’observatoire sur la citoyenneté européenne il s’associe volontiers aux chercheurs et aux organisations (éducatives et de formations, collectivités, associations, etc.) qui travaillent dans ce domaine.

Ainsi, à titre d’exemples, le CECI sera un partenaire de la Nuit européenne des Chercheurs et du Sapin européen, participera à la Journée de l’Europe, à des rencontres autour de thèmes associant culture et solidarités, approfondissement de la citoyenneté, compréhension du Brexit et de ses effets, la liste n’est pas exhaustive. Plusieurs conférences, notamment sur la nécessaire éducation à la chose européenne, sont prévues dans différentes villes.

La crise sanitaire étant loin, semble-t-il, de s’achever, le CECI utilisera les moyens technologiques et numériques mis à sa disposition pour développer ses actions au cours de cette nouvelle année.

Je vous invite donc à nous retrouver, et lorsque la présence sur le terrain ne sera pas possible, sur notre site et réseau sociaux.

Bonne rentrée à tous.

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, 0 commentaire

Vingt ans de citoyenneté européenne

Comment aurais-je pu imaginer il y a un an, que célébrer mon vingtième anniversaire confinée dans une maison pendant près de deux mois, au beau milieu d’une crise sanitaire mondiale, aurait pu se révéler aussi bénéfique sur le plan psychique que physique ?

Le « monde d’avant », fondé sur le complexe de Midas et entraîné dans la course frénétique de sa construction, a pour la première fois été stoppé net par un ennemi jusqu’alors inconnu, invisible et toujours invincible. Pour le vaincre, l’isolement de l’Homme est apparu comme un élément de réponse à l’équation. En famille, en couple, séparé, seul, et par deuils endurés le confinement des citoyens français, européens et du monde entier, s’est révélé être une épreuve psychologique pour les uns et une thérapie pour les autres. En tout état de cause, cet isolement a permis à chacun de faire le bilan du superflu. Ces deux mois de restriction des libertés individuelles pour la sécurité et le bien-être collectif, nous ont permis de réaliser que nous avions assis un monde de consommation massive dirigé vers une autodestruction sans échappatoire. L’on pouvait alors espérer un sursaut des consciences individuelles donnant lieu à une responsabilisation des peuples occidentaux. Malheureusement, depuis lors, Mammon a repris ses droits.

Assaillis par la surinformation et les fakes news durant cette période d’enfermement, les réseaux sociaux se sont pourtant retrouvés témoins d’un grand mouvement de libération de l’esprit, de création et de partage, au-delà des barrières physiques imposées. Un extraordinaire élan de solidarité européen envers le personnel soignant s’est également manifesté sous la forme d’applaudissements, chaque soir aux fenêtres.

À l’échelle des États européens, ce premier constat ne s’est pas du tout fait ressentir, puisque par des mesures gouvernementales individuelles, les États d’Europe se sont déchirés, divisés et ont fait primer les intérêts nationaux, convaincus de trouver LA solution dans les frontières de l’État. Les États membres ont opté pour une résolution individuelle de cette crise sanitaire, balayant tout espoir d’une initiative collective et harmonieuse au sein de l’Union. Les États d’Europe se sont alors rués sans hésitation sur chaque illusion de solution à l’épidémie. Cette crise sanitaire mondiale a permis de lever le voile sur le colosse européen affaibli au fil des années et à deux doigts d’imploser.

C’est donc sans surprise que les jeunes européens du XXIe siècle peinent à s’identifier comme « citoyens européens », tant ce terme générique ne désigne qu’un concept, nébuleux en pratique. À bout de souffle, l’Europe a besoin de revenir sur les piliers de sa création, revenir à l’essentiel pour se rapprocher au mieux de l’Union Européenne en tant qu’union des peuples et plus seulement économique. Car même si sa création est intrinsèquement liée à une union économique, comment oublier que l’Union européenne est l’incarnation même de l’Union pour la paix ?

Ainsi, l’Union Européenne apparaît en bien des points archaïque, déséquilibrée et déshumanisée. En effet lorsque l’on apprend que les représentants des États membres au Parlement européen ne sont élus que par la moitié de la population européenne, le peu d’intérêt et le dysfonctionnement structurel de l’Union sont encore une fois démontrés.

La crise du Covid-19 toujours d’actualité, s’est doublée d’une insurrection populaire outre-Atlantique, dont les vents ont trouvé écho en Europe. La défense des droits civiques et la lutte contre le racisme systémique envers les Noirs ont permis de rassembler les peuples d’Europe et du monde entier autour du mouvement #Blacklivesmatter, témoignant du besoin de l’Homme de reconstruire son monde autour de valeurs plus équilibrées.

Désormais déconfinée, j’envisage enfin de pouvoir célébrer mon vingtième anniversaire sous le ciel d’une Europe regénérée, et je garde bon espoir que cette Europe puise dans la Fontaine de Jouvence de mes vingt ans. Consciente que ce monde court à sa perte, je me responsabilise et compte sur mes concitoyens français et européens pour unir et élever leur voix afin d’initier le virage historique que doit prendre l’Humanité.

Publié par Juliette Laurans dans CECI dit, Juliette Laurans, 0 commentaire

Les immersions européennes comme réponse à une Europe en crise

Pour les 70 ans de la déclaration Schuman, nous aurions espéré voir une Europe qui rayonne, par ses fondements humanistes, ses valeurs et les opportunités de vie qu’elle promeut depuis sa création en 1950.
Pourtant, malgré des réussites reconnues, c’est dans une Europe critiquée sur son efficacité, sa légitimité et sa pérennité que nous évoluons dernièrement.

L’Union européenne est notamment confrontée à des critiques récurrentes sur sa capacité à faire face aux crises et aux changements globaux. La crise financière de 2008, le Brexit et la pandémie de Covid-19 en étant les plus récents exemples. Toutefois, malgré quelques tendances au chacun pour soi pendant ces crises successives, l’Europe s’est révélée être une force stabilisatrice pour ses membres, spécialement pour les plus durement touchés.

Parallèlement à une crise économique et structurelle, l’Europe, traverse également de profondes crises sociales et sociétales. La dénonciation du racisme continue notamment de rythmer les débats nationaux de nombreux pays et fait ressortir son caractère historique dans les sociétés occidentales.
En plus des questionnements politiques, ce sont également des volontés de changements de mentalités qui ont émergé de la part des populations européennes.

Les révoltes actuelles sont en effet marquées par la prise de conscience de la passivité des sociétés face à des problèmes connus de longues dates mais placés à des degrés d’importances moindres que d’autres sujets. La lutte contre le communautarisme et l’ethnocentrisme commence par la connaissance de l’autre et de ses différences.
Rencontrer, partager des expériences et dialoguer avec des personnes d’horizons divers, voilà ce qui forge un citoyen, et particulièrement un citoyen européen. Les interactions transnationales et multiculturelles sont l’essence même de l’Europe, sans quoi la construction sociale et politique n’aurait pas de sens.

Cependant, malgré les nombreuses opportunités proposées pour vivre l’Europe, et des chiffres de mobilité prometteurs, – en 2019, 17 millions d’Européens vivaient ou travaillaient dans un autre État membre, soit environ 3% de la population de l’UE – des différences très importantes subsistent entre catégories socio-professionnelles.
Étudiants de l’enseignement supérieur et cadres sont largement majoritaires dans les programmes d’échange face à des catégories de personnes laissées de côté par les programmes institutionnels.
Ainsi, 25% des cadres supérieurs ont pu effectuer une mobilité européenne contre seulement 9% à 12% des ouvriers et employés.

De ces différentes observations est né le projet Senlimo (www.senlimo.eu), porté par Rémi Renaudie, diplômé de l’École Centrale de Lyon. Ses expériences professionnelles et humanitaires en Norvège, en Arménie, en Chine et en Russie ont forgé en lui la conviction de l’intérêt social de promouvoir de telles possibilités pour tous. Grand europhile, il aspire, avec le projet Senlimo, à contribuer à une Europe plus juste, plus inclusive et plus proche de tous. Cette ambition passe par celle de promouvoir l’expatriation européenne d’une communauté de personnes aujourd’hui moins touchées par les politiques européennes de mobilité et ainsi réduire les inégalités d’opportunités professionnelles.

Partant du constat que les travailleurs manuels et techniques sont aujourd’hui privés de tout service abordable, pratique et efficient pour voyager, vivre et travailler en Europe, le projet Senlimo ambitionne de faciliter leur mobilité européenne en réalisant des échanges d’emplois et de résidences entre personnes de même profession au sein de l’UE.

Via ce concept, un barman parisien pourra facilement échanger son poste et ainsi vivre la vie d’un barman d’Amsterdam, de Milan ou de Sofia, deux équipiers de fast foods pourront efficacement découvrir un autre pays européen sans changer de structure professionnelle, et deux employés d’hôtel pourront enrichir leurs méthodes de travail par l’immersion dans une culture de l’accueil différente.

La plateforme Senlimo s’occupe de mettre en relation les participants via un algorithme de “matching” de leurs souhaits de mobilité, de les accompagner ensuite dans leurs démarches et tout au long de leur séjour pour leur permettre de s’immerger pleinement dans la culture et la vie locale de leur pays d’accueil.
À leur retour, cette communauté d’ambassadeurs convaincus par leur expérience de l’Europe participera au développement d’une nouvelle prise de conscience de ce que peut être la citoyenneté européenne.

Senlimo poursuit ainsi deux objectifs majeurs : rapprocher l’Europe du citoyen dans sa vie de tous les jours et rapprocher les Européens entre eux. Les citoyens peuvent ainsi s’approprier et adhérer au projet européen grâce à une expérience professionnelle et personnelle unique. Cette expérience est alors vectrice de développement de compétences et de cohésion européenne face aux craintes identitaires et à la montée de la xénophobie que l’Europe rencontre aujourd’hui.

C’est d’ailleurs en ce sens que le projet Erasmus+ joue aujourd’hui un rôle prédominant pour la création d’une cohésion entre jeunes Européens et d’un sentiment d’appartenance à une unité commune. Erasmus+ apparaît comme le plus grand succès de l’UE, reconnu par tous et en continuelle expansion.

Dédié aux travailleurs manuels et techniques de tous âges, complémentaire d’Erasmus +, Senlimo se positionne ainsi aujourd’hui dans la continuation et l’accélération de ce principe. L’élargissement d’une communauté d’ambassadeurs directs du projet européen est essentiel afin que l’Europe attire toujours plus et se place au centre de la vie des Européens.

Senlimo est aujourd’hui en développement et en recherche active d’opportunités et de soutien afin de réaliser pleinement son ambition. Si vous souhaitez nous poser des questions, nous soutenir ou nous rencontrer, n’hésitez surtout pas à nous contacter (contact@senlimo.eu), nous soumettre des initiatives, remarques et critiques, et parler du projet autour de vous.

Vous pouvez retrouver toute l’actualité de Senlimo via différents réseaux :
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Publié par Aliénor Luquet dans Aliénor Luquet, CECI dit, 0 commentaire

Questions sur l’avenir de l’Europe

Olivier Védrine répond aux questions d’Emmanuel Morucci et de Marie-Laure Croguennec, membres du CECI.

En septembre, à l’initiative de la Commission européenne, va s’ouvrir la conférence sur l’avenir de l’Europe « Future of Europe » ; quels en sont les enjeux ? Lire la suite →

Publié par Olivier Védrine dans CECI dit, Olivier Védrine, 2 commentaires

Le système des partis politiques en Allemagne change

Connaissance de l’Union européenne
Le système des partis politiques en Allemagne change.

Il faut avoir, en tant que citoyen français et européen, un œil sur le paysage des partis politiques en Allemagne. Les voisins français d’outre-Rhin ne sont pas exonérés des changements assez radicaux, et ces tendances ne sont pas toujours connues en France. Assurément, la France et l’Allemagne doivent impérativement rester le moteur de l’intégration européenne, les élus comme les citoyens doivent connaître la vie politique de l’autre partenaire. Lire la suite →

Publié par Hans-Jürgen Zahorka dans CECI dit, Hans-Jürgen Zahorka, 0 commentaire

l’Europe à rude épreuve ou l’esprit d’un renouvellement

Ce 9 mai marque le 70e anniversaire de la déclaration de Robert Schuman qui lança le processus de la construction européenne. L’Europe, comme la moitié de l’humanité, est confinée sous l’effet de la peur de la pandémie. Mais elle l’a fait de manières diverses selon les États membres qui tiennent aux traditions sociales et politiques. La célébration sera cette année bien différente de celles des années passées. Pas d’école, pas de conférences, pas de manifestations en plein air, pas de réceptions municipales, pas de « grand public » pour entendre parler d’Europe. Lire la suite →

Publié par Emmanuel Morucci dans CECI dit, Emmanuel Morucci, 0 commentaire

Épidémie ou épisode

« On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. » Si l’on s’en tient à cette définition d’Emmanuel Kant, le Coronavirus a fait beaucoup de ravages et les Français ont cessé d’être le peuple le plus intelligent de la terre… Il suffit de constater le caractère nombriliste de notre vision du monde soudain rétréci aux limites de l’Hexagone. Lire la suite →

Publié par Claude Oliviéri dans CECI dit, Claude Oliviéri, 0 commentaire